Drogues synthétiques… Les jeunes en force pour dénoncer les marchands de la mort



Dylan : « Elle détend les muscles et provoque des hallucinations de longue durée »

Les drogues de synthèse continuent malheureusement à toucher des centaines des jeunes mauriciens au détriment de la société civile. Si la police tente tant bien que mal de mettre la main sur un réseau bien ficelé, sa progression devient fatale. Qu’est-ce qui fait le succès de ces ripoux qui font la pluie et le beau temps. Pour les adeptes de la drogue synthétique, tant qu’il y aura la demande, les produits seront toujours disponibles. Aujourd’hui la situation devient de plus en plus alarmante sur le terrain car les dealers sont très bien organisés. Des jeunes s’organisent pour dénoncer ces marchands de la mort. 

Dylan, Arvind, Sam. Ils ont 39, 27 et 19 ans. Leur point commun ? Ils consommaient des nouvelles drogues de synthèse (NDS), aussi appelées “research chemicals” ou “designer drugs”, soit des produits dérivés de drogues plus classiques comme la cocaïne, l’héroïne ou le cannabis, dont on modifie la structure moléculaire.  Connu sous différente appellation tels que  “c’est pas bien”, “Ben Laden”, “White Lady”, “La mort”, ”Super Strawberry ” entre autres, le cannabis synthétique tient la côte au détriment des mauvaises herbes naturelles. Selon les experts de l’ONU à l’île Maurice, 350 nouvelles drogues de synthèse  sont en dehors du contrôle international.

Une nouvelle marijuana synthétique appelé couramment le White Widow fait actuellement  un tabac à Maurice, selon les récents rapports et d’après les cas enregistrés à l’hôpital Brown-Séquard. Le White Widow est en fait une marijuana synthétique. Fait étonnant, il est fabriqué aux Pays-Bas par les éleveurs de semences connues sous le nom “Shantibaba”. Il a d’abord été fait pour les tests dans les laboratoires de technologie de pointe; des animaux auraient été utilisés pour le faire (le White Widow n’a pas été fait à des fins de consommation par les humains). Toutefois, si les humains le consomment, il leur donne un sentiment de détente, de relaxation tout comme d’autres variétés de marijuana, comme Spice et bien plus encore.

Pour Dylan, Arvind  et Sam, il ne fait pas de doute que le marché est florissant pour les dealers. « On ne peut pas encore mesurer combien ils sont, mais le public visé est constitué de l’ensemble des usagers de drogues illicites », note Arvind. Et d’après les acteurs sur le terrain, ils semblent être de plus en plus nombreux à se lancer dans ce réseau. «  Le vendeur conseille les (jeunes) clients et vante les mérites de chaque produit : « C’est de l’instantané. » Je me souviens d’une sensation hyperchimique. Son effet est immédiat, c’est très surprenant. Elle détend  les muscles et provoque des hallucinations d’une longue  durée. Avec l’alcool, on s’est retrouvé un jour  dans un état indescriptible – très ” high.”  On a passé toute la nuit à danser. Au petit matin,  je me  sentais bizarre.  Mes lèvres ont triplé de volume. J’ai rapidement arrêté ce genre de pourriture complètement toxique », conclut Arvind. « Ce qui est fou c’est que ce soit complètement accessible à des gamins de 18 ans. » Plus que de la répression policière, les consommateurs de NDS se soucient en effet du produit lui-même.

« Ena la mort la dans »

Pour Sam, une nouvelle génération de jeunes addicts va apparaître, qu’on n’arrivera pas forcément à détecter, ni à soigner puisqu’ils consomment des produits inconnus avec des compositions très dangereuses. La drogue se répand dans les collèges, les écoles de l’élite ne sont pas en reste. «  Li pas pou facile arrete sa craze la. Mo in prend li ene jour , mo senti mo le coeur pour arreter . So parfum attire banne zenesse ek meme bane tifi content prend li . Mo penser ki si tout banne acteurs jouer zotte role , nou pou capav mette ene frein. Ene campagne agressive dans tous bane etablissement scolaire par exemple. Ena la mort la dans. Bisin arreter sa bane zaffaire la ene fois pour toute. Si nou conner cote gagne sa, la police pou conne plis li, »  s’insurge Sam.  Ce dernier souligne que les marchands de la mort sont toujours les mêmes sauf ils font du marketing pour attirer et épater un client ”jeune” et non averti.

Dylan lui  met les jeunes en garde. « C’est un triste constat. Plusieurs adolescents consomment de jour en jour ces produits. Ils sont curieux et veulent tenter de nouvelles expériences. Mais je leur conseille de ne pas y toucher. On n’a pas vraiment envie de s’amuser. Même si je sais que leur curiosité va les pousser à tenter le coup, je recommande aux jeunes de ne pas le faire. Ça ne vaut vraiment pas la peine. Il suffit de voir le nombre de jeunes qui atterrissent à l’hôpital Brown Sequard chaque semaine.

Que disent nos lois?

Nos lois sur les drogues relèvent principalement de la Dangerous Drugs Act. En 2013, la loi , « cannabinoïdes synthétiques et leurs dérivés » a été incluse dans la partie II (drogues dangereuses règlement 2013). Comme les molécules ou ingrédients peuvent être modifiés assez rapidement, il est très difficile d’inclure toutes les drogues de synthèse dans le Dangerous Drugs Act. Toutes les drogues de synthèse ne sont pas dérivées de cannabinoïdes synthétiques. La loi ne serait donc pas en mesure de criminaliser toutes les drogues synthétiques qui existent.

Le nombre de médicaments synthétiques qui sont actuellement importés, fabriqués et mis à disposition sur le marché est en augmentation de manière significative. Nous pouvons deviner l’indifférence de ceux qui produisent ces médicaments pour les effets sur les consommateurs vue la valeur marchande de la drogue, mais il est grand temps de faire une pause et de réfléchir sur les conséquences désastreuses que cela pourrait entraîner dans le futur.

L’avenir s’annonce très sombre, la jeunesse en déclin, ses priorités semblent en avoir pris un sacré coup. Nous devrions en effet être plus préoccupés par le danger de la toxicomanie sur la société au sens large. Des structures adéquates ont été  adoptées pour faire face aux drogues de synthèse.

 

 

 

 

 

 

 

 

Posted by on Dec 11 2017. Filed under Featured, Opinion. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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