Questions à Pradeep Roopun, ministre des Arts et de la Culture



« Je ne ménagerai aucun effort pour donner une autre dimension à l’art et à la culture »

  • Notre prochain objectif, maintenant, c’est de faire inscrire le Sega Chagos au patrimoine mondial
  • Depuis trop longtemps les artistes mauriciens ont souffert de l’exploitation et le piratage a freiné leur progrès
  • 2018 sera une année encore plus prometteuse avec la célébration des 50 ans de l’indépendance de notre pays
  • Au No 18, c’est une victoire personnelle de Boolell… C’est l’homme avant tout qui a été choisi et non pas le parti

Avoué de profession, Pradeep Roopun, se plaît aux Arts et à la Culture. L’inscription du Séga Tambour au Patrimoine de l’UNESCO ou encore la loi pour protéger les propriétés intellectuelles des artistes sont autant d’éléments qui lui donnent satisfaction. Il ne compte pourtant pas s’arrêter en si bon chemin.  Lui, préfère l’action aux palabres politiques.

Jimmy Jean-Louis

Rien ne semblait vous prédestiner à ce ministère, mais on a l’impression que cela vous sied bien. N’est-ce pas ?

Vous savez, un ministre ne choisit pas son ministère. Je dois vous dire aussi que le ministère de l’Intégration sociale, dont je m’occupais, a une certaine affinité avec le ministère des Arts et de la Culture. Je continue à travailler pour le public, car la culture concerne tout le monde. Je ne ménagerai aucun effort pour donner une autre dimension à l’art et à la culture.

Vous avez terminé l’année en beauté avec l’inscription du Sega Tambour au Patrimoine de l’UNESCO. Est-ce un élément de satisfaction personnelle ?

C’est certainement un élément de satisfaction personnelle. J’ai mis toute ma sincérité dans cette bataille, mais je dois avouer que c’est d’abord et avant tout un travail d’équipe et j’en profite, une fois de plus, pour remercier tous ceux qui sont derrière cette réussite. C’est aussi une fierté pour nous d’avoir été salué par le Comité Evaluateur de par la manière dont le dossier avait été ficelé. Aujourd’hui nous avons trois éléments de notre héritage qui sont inscrits patrimoine mondial de l’humanité, le Sega Tipik, le Geet Gawai et le Sega Tambour. Notre prochain objectif, c’est de faire inscrire le Sega Chagos au même titre.

Il y a eu également cet important projet de loi en faveur des artistes. Est-ce que cela vient les remettre dans leurs droits ?

C’est important de valoriser nos artistes et pour cela, il faut leur donner le cadre approprié et les laisser s’épanouir librement. Depuis trop longtemps les artistes mauriciens ont souffert de l’exploitation et le piratage a freiné leur progrès. A travers les amendements apportés au Copyright Act de 2014, c’est ce que nous avons voulu rétablir. Je rappelle, que ce projet de loi comprend les diverses recommandations faites par le High Powered Committee institué en Janvier 2016 à la demande des artistes. Pas moins de vingt sections ont été amendées et parmi les changements majeurs : le retour de la MASA (Mauritius Society of Authors) avec plus de pouvoirs et de contrôle sur le respect des droits d’auteur, le paiement des rémunérations équitables, l’extension de la durée des droits d’auteur à 70 ans, une meilleure représentation des artistes avec désormais 7 membres élus siégeant au conseil d’administration entre autres. Le Copyright Act (2017) répond aussi aux nouvelles exigences dans la lutte contre le piratage.

Le Festival kreol a été un franc succès. Qu’en dites-vous ?

Ah oui, parfaitement. Ce qui a frappé les esprits pour cette édition 2017, c’est le fait que nous avons régionalisé les événements. Les Mauriciens de chaque région du pays ont eu l’occasion d’en profiter. Vous vous souvenez qu’auparavant le concert se tenait en un seul lieu et cela n’était pas bien apprécié. Tous les artistes ont joué le jeu et cela nous encourage à faire encore mieux à l’avenir. Plusieurs évènements phares ont également marqué l’édition de cette année, dont la tenue de la Conférence de La Route des Esclaves ou encore le lancement d’un Guide sur la Gestion des Patrimoines par l’UNESCO au Morne, site historique.

Sinon quels sont les autres grands axes que vous retenez de 2017 ?

2017 a été une année riche et positive en termes d’évènements et de réalisations, tant sur le plan artistique que culturel. Pour citer quelques uns, l’inscription du Sega Tambour comme Patrimoine mondial de l’Humanité, la célébration du 25e anniversaire de la République de Maurice, l’accord de jumelage signé entre Robben Island et Le Morne, la nomination de Jane Constance comme Artiste de Paix de l’UNESCO, la brillante performance des Frères Joseph aux Jeux de la Francophonie, la tenue du premier Cinema Week, l’élection de Maurice comme meilleure destination de tournage par Indywood ou encore le tournage du tout premier film hollywoodien à plus gros budget sur le sol mauricien.

Comment continuer à faire que l’art et la culture progressent au sein de la République de Maurice?

Le budget présenté par le Premier ministre et ministre des Finances a déjà jeté les bases. Nous sommes déjà sur la bonne voie. Il faut savoir que la culture n’est pas un mur, mais un pont qui nous uni. Il faut qu’on apprenne à cultiver notre diversité dans le respect, l’ouverture et la compréhension. L’art et la culture doivent être au service du développement du pays.

 Quels seront les grands chantiers de 2018 ?

2018 sera une année encore plus prometteuse avec la célébration des 50 ans de l’indépendance de notre pays. Mon ministère continuera à améliorer le bien-être des artistes, nos ambassadeurs de la culture, à travers l’introduction prochaine du Status of Artist Bill. De nouvelles infrastructures seront également mises en place afin d’assurer pleinement l’épanouissement de nos artistes dans leurs domaines respectifs. Sans compter la mise en opération du National Art Fund. Nous souhaitons aussi restaurer une politique de gestion des droits d’auteurs au profit des professionnels de la culture et créateurs d’art.

La sauvegarde et la mise en valeur optimale de nos patrimoines culturels matériels et immatériels restera également une de nos priorités majeures. Nous terminerons 2018 avec la tenue du 13e Comité Intergouvernementale pour la protection du patrimoine culturel immatériel.

Sur le plan politique, selon le sondage de DCDM Research, Pravind Jugnauth a le vent en poupe malgré une année difficile et la démagogie de ses adversaires. Jusqu’où ira-t-il ?

Malgré tout ce qu’on ait pu dire, Pravind Jugnauth est en train de faire ses preuves. Il a pris les rênes du pays dans une période difficile, mais le temps finira par démonter de quoi il est capable. Il a d’ailleurs déjà commencé à le montrer avec les diverses mesures prises en faveur du peuple. Je suis confiant qu’il mènera le pays à bon port.

Ce sondage dit que la population juge peu satisfaisante l’action de l’opposition parlementaire. Est-ce un paradoxe ?

L’opposition est plus que jamais divisée. Jamais on n’a eu une opposition aussi fragmentée et c’est ce qui explique leur performance peu satisfaisante et peu convaincante.

Que faut-il retenir de la partielle au No 18?

D’emblée cette partielle n’avait pas sa raison d’être. Il faut se rappeler que c’était sur un coup de tête d’une personne, dont Roshi Bhadain, et pour une raison banale qu’il y a eu cette élection partielle. Il a finalement été sanctionné par les mandants de sa propre circonscription. Quant à l’élection d’Arvin Boolell, ne nous voilons pas la face, c’est une victoire personnelle de Boolell de part de son parcours politique, son charisme, sa proximité, son humilité et sa simplicité. C’est l’homme avant tout qui a été choisi et non pas le parti. Mais est-ce qu’il représente uniquement 35% de l’électorat no 18. Ce n’est quand même pas un pourcentage honorable.

Sinon dans votre propre circonscription, au No 9, êtes-vous serein?

 Vous savez, n’importe qui peut faire de la politique, mais cela dépend évidemment de la définition que vous donnez à ce terme. Moi j’ai toujours été un homme rigoureux qui marche sur des principes et je suis resté moi-même même en étant dans l’opposition. La sincérité et la franchise ont toujours été ma devise et je n’aime surtout pas bluffer. Je fais mon travail en toute âme et conscience et no 9 en jugera.

 

 

Posted by on Dec 23 2017. Filed under Featured, Politique. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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