Increvable, efficace, professionnel : Lukaku est bien l’attaquant rêvé par Mourinho



PREMIER LEAGUE – Alors que la moitié des matches a été jouée dans le championnat d’Angleterre, Manchester United s’est solidement installé à la deuxième place du championnat. Un contexte favorable auquel la recrue estivale Romelu Lukaku a activement participé.

Les doutes étaient nombreux lorsque  José Mourinho a fait de Romelu Lukaku sa recrue phare de l’été à Manchester United. Arrivé d’Everton, le buteur belge n’avait jusqu’alors jamais évolué dans un club aussi exposé et ambitieux avec la pression et le poids d’un transfert à 85 millions d’euros. Six mois ont passé depuis cette transaction spectaculaire et le joueur de 24 ans a déjà répondu aux attentes du coach mancunien. Il les a peut-être même surpassées.

Tout le temps titulaire, jamais remplacé

Je ne le critiquerai jamais pour l’occasion qu’il a ratée (à Watford, ndlr), je ne lui mettrai jamais ce genre de pression, disait par exemple le “Mou” fin novembre après la victoire 4-2 des siens à Vacarage Road. Il travaille superbement pour l’équipe, c’est un joueur fantastique, un très grand pro, je ne pourrais pas être plus content de lui.” Parfois critiqué dans la presse, comme avait pu l’être Pogba l’an passé, l’ancien Toffee a le soutien total de son entraîneur. Et ces belles paroles s’accompagnent d’actes dans le cas présent.

Mardi 5 décembre 2017. On joue la 74e minute de Manchester United-CSKA Moscou quand Romelu Lukaku cède sa place à Anthony Martial  en Ligue des champions. La sortie du Belge n’est pas anecdotique : ce sera la seule fois en cinq mois qu’il ne terminera pas un match avec sa nouvelle équipe. A l’exception de cet affrontement avec Moscou, le Red Devil a démarré et terminé les cinq autres rencontres de C1, tout comme il n’a pas raté une minute de toute la phase aller en Premier League (19 matches, 1710 minutes).

S’il fallait un exemple concret de l’estime de Mourinho pour sa recrue, il n’est pas utile de chercher plus loin. Alors que Marcus Rashford et Anthony Martial sont des joueurs d’axe à l’origine, alors que Zlatan Ibrahimoovic est de nouveau disponible pour le groupe depuis 10 matches, Romelu Lukaku demeure indiscutable en pointe de l’attaque mancunienne. Et ses prestations l’expliquent assez logiquement.

Déjà buteur 14 fois cette saison (10 en Premier League, 4 en C1), Lulaku s’est rapidement mis au diapason et a su jouer son football en toute décontraction. Très athlétique, le Belge a notamment brillé dans son jeu en pivot qui lui permet de libérer des espaces pour les flèches à ses côtés. C’est aussi un sacré client quand il arrive lancé, sa vitesse et sa protection de balle ayant déjà fait beaucoup de dégâts dans les défenses. Quant à ses 4 passes décisives en championnat, elles disent quelque chose de son influence dans le jeu, lui qui maîtrise la passe la verticale ainsi que le centre depuis une aile.

Bien sûr, l’arrivée de Nemanja Matic cet été a apporté beaucoup d’expérience et de talent à l’entrejeu de Manchester. Bien sûr, David De Gea continue d’enchaîner les miracles devant son but. Mais le réalisme et l’impact de Lukaku ont métamorphosé la puissance offensive des Red Devils, qui ont déjà marqué 41 fois en 19 matches quand ils avaient totalisé 54 buts sur toute la précédente saison. La métamorphose s’observe aussi au classement : MU a quitté cette piteuse sixième place de juin pour passer deuxième cet hiver, qui plus est avec une grosse marge d’avance sur le cinquième (8 points).

De telles performances sont probablement saluées comme il se doit, en interne, du côté de Manchester. Elles ne suffisent pas, toutefois, à faire taire certaines critiques émises à l’encontre de Lukaku, notamment lorsque l’on évoque son rendement face aux cadors de Premier League.

Avec ses 10 buts, Romelu Lukaku fait partie des joueurs qui marquent le plus en Premier League, tout juste derrière les Citizens Sergio Agüero et Raheem Sterling (12) et assez loin des intouchables Harry Kane et Mohamed Salah (15). Mais l’étiquette du joueur qui rate systématiquement les grands matches lui colle toujours à la peau. L’argument avancé ? Il n’a pas inscrit un seul but face aux cinq autres membres du “Big Six” cette saison. On frise la malhonnêteté (la paresse ?) intellectuelle.

Mauvais dans les grands matches ? Une fausse idée

Réduire l’influence d’un footballeur à la seule feuille de statistiques a tout de l’analyse incomplète. Dans les faits, ce “zéro pointé” de Lukaku s’explique principalement par un collectif bien moins offensif lors des gros matches. Défense très basse, posture attentiste : les Red Devils changent soudainement de comportement face aux cadors de l’élite et, en cinq matches, ils n’ont marqué que 5 petits buts (1 but/match). Face aux quatorze aux adversaires rencontrés en championnat, ils en ont planté 36 (2,6/match).

On peut bien sûr partir du principe que Manchester United ne peut rien y faire et qu’il tombe, à chaque fois, sur plus fort que soi lors de ces grands rendez-vous. Ou on peut accréditer la thèse du repli défensif totalement assumé : une marque de fabrique de José Mouinho qui a déjà été maintes fois relevée par le passé. Dès lors, comment reprocher à un seul joueur (qui n’est d’ailleurs pas un soliste-dribbleur-sprinteur) les conséquences d’une stratégie collective ? Romelu Lukaku, comme chaque Red Devil, doit s’adapter à ces modifications tactiques et, de fait, il marque moins aussi car il tire moins. Le Belge, qui a l’habitude de frapper 3 fois au but par match selon le site whoscored.com, comptabilise seulement 7 tirs lors des 5 gros matches dont il est question (au lieu de 15, donc).

Et si l’on va encore plus dans le détail, sur ces 7 tirs, on trouve une barre transversale (contre Tottenham) et 3 arrêts parfaits d’Hugo Loris, Thibault Courtois et Ederson. Ce ne sont pas les stigmates d’un attaquant qui s’éteint quand le niveau augmente. Hormis son match complètement raté face à Manchestre City, Romelu Lukaku a d’ailleurs été l’un des rares à créer du danger contre Liverpool (0-0) et Chelsea (défaite 1-0) et il a même offert le but victorieux à Anthony Martial lors du succès contre Tottenham (1-0). A seulement 24 ans et pour sa toute première saison avec de telles responsabilités, le Belge ressemble davantage à une recrue judicieuse qu’à un joueur limité.

 

Posted by on Dec 26 2017. Filed under Sports. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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