Allégations de brutalité policière…« Avant mo donne zotte explication zotte commence batte moi », s’insurge Ashley



  • Une déposition consignée au poste de police de Curepipe

Il ne se passe pas un jour sans que la presse en fasse état. La brutalité policière continue à être une pratique courante à Maurice. En l’absence d’une action ferme contre ce problème, elle se banalise et laisse de profondes séquelles. Dimanche dernier, Ashley, un habitant  de Curepipe en a fait malheureusement les frais des policiers qui sont persuadés que l’uniforme leur accorde tous les droits.

Cette affaire a pour toile de fond, une histoire banale d’allégations de violence conjugale. Dimanche dernier, Ashley qui n’est pas en bons termes avec son épouse depuis quelques temps reçoit la visite d’un des policiers de la ERS. « Sa jour  la mo ti dans mo la chambre, ti p jouer avek bane zenfant kan mo madame dire moi, mo pou conner la. Nou ti gagne ene ti prise bec avant. Apres 10 minutes, li dire moi la police pe vini la. Mo in ale  guette la police dehors dans la pluie. Couma bane la in vini, sans aukene explication, zotte commence batte moi devant mo mama ek mo zenfant. Bane zenfant la pe dire mo papa pa in faire narien mais zotte continuer batte moi lor mo figir ek coup pied, » soutient Ashley.

Ce dernier est emmené  à la police et tient à voir le Chef Inspecteur. « Mo camarade ene chef inspecteur . Mo in explique ki in arriver. Kan mo in met deposition contre sa bane policiers , zotte pe dire moi excuse zotte. Zordi zotte dernier moi pou dire sa case la. Bisin arrete faire dominere dans sa pays la. Bane policier bisin conne respecter zotte uniforme, » affirme cet habitant de Curepipe.   Ce dernier compte déposer une plainte formelle au Complaints Investigation Bureau (CIB)  et cherchera réparation pour le préjudice qu’il a  subi. Selon nos informations,  plus de 200 plaintes ont été logées contre des policiers pour brutalités policiers de janvier 2015 à ce jour. Face à cette situation, le citoyen a le devoir de connaître ses droits fondamentaux.

Être en état d’arrestation

Je suis accusé de quoi ?

Si une personne est en état d’arrestation, la police est légalement obligée de lui dire de quoi elle est accusée. Il faut demander à la police quels sont les chefs d’accusation.

En état d’arrestation, on doit fournir :

  • son nom et prénom
  • son adresse complète
  • sa date de naissance

Une règle d’or : le droit au silence.

À part les informations mentionnées ci-dessus, on doit garder le silence. Une personne détenue ne devrait absolument rien dire d’autre à la police. Pour le reste, se contenter de “je n’ai rien à dire” ou “je ne parlerai qu’en présence de mon avocat.”

Noter les détails de l’arrestation
Le policier est obligé de s’identifier. On mémorise son nom et son matricule qui sont normalement indiqués sur le badge qu’il porte sur sa veste. Si les policiers refusent de s’identifier, on doit garder en mémoire leur apparence physique (corpulence, couleur des cheveux, tout trait distinctif), le numéro de la voiture de police (les deux premiers chiffres indiquent souvent le poste de police), ainsi que l’heure de l’arrestation.
Si un ami se fait arrêter, on note l’identité des policiers qui procèdent à l’arrestation. Il faut aussi prendre note des noms des témoins de l’arrestation et des personnes qui pourraient avoir filmé l’évènement ou pris des photos.

Arrestation sans mandat

On peut être arrêté sans mandat dans les situations suivantes;

  • si on est pris en flagrant délit;
  • si la police a des ‘‘motifs raisonnables de croire’’ qu’on vient de commettre un délit ou qu’on est sur le point de commettre un acte criminel;
  • si c’est le seul moyen de nous empêcher de continuer l’infraction;
  • si la police a des raisons de croire qu’il y a un mandat contre une personne, des tickets impayés, par exemple.

Arrestation avec mandat

Un mandat d’arrêt est un papier que la police obtient d’un juge. Si on demande à voir le mandat, la police est obligée selon la loi de le montrer. Un mandat doit au moins comporter le nom, la description du délit, il doit être daté et signé par un juge.

Victime de brutalité

Si on est victime de brutalité policière, il est important de garder des preuves :

  • Aller voir un médecin et exiger un rapport médical physique et mental (blessures, ecchymoses + anxiété, peur, dépression).
  • Prendre ses blessures en photo.
  • Trouver des personnes qui peuvent témoigner de l’incident.
  • Trouver des personnes qui peuvent témoigner de notre état avant et après notre agression.
  • Noter tout ce dont on se rappelle: comment ça s’est passé, quand, combien de policiers nous ont brutalisés ou étaient présents, leurs descriptions physiques, leurs noms et matricules dans la mesure du possible, et ce qu’ils ont dit.

Ces informations peuvent être utilisées pour déposer une plainte :

  • au criminel : si la Police refuse de prendre notre plainte, il  vous faut contacter la Human Rights Commission .
Posted by on Jan 12 2018. Filed under Faits Divers, Featured. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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Air Mauritius - Financial Results for the 3rd Quarter of financial year 2016-17



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