Le programme Accès en RDC : une voie vers l’épanouissement de la femme entrepreneur



Par Blandine Lusimana

Promouvoir l’entrepreneuriat féminin, c’est le pari que le programme « Accès au commerce international pour les femmes africaines » tient à gagner. C’est donc une initiative  à encourager dans la mesure où elle répond à une des dispositions du Protocole de la SADC sur le Genre et le Développement qui «demande aux Etats d’adopter des politiques et d’édicter des lois pour assurer aux femmes comme aux hommes l’égalité d’accès, de profit et de possibilités dans les domaines du commerce et de l’entrepreneuriat, en tenant compte de la contribution des femmes dans le secteur formel et informel».

La République Démocratique du Congo (RDC) vient d’adhérer à ce programme  qui est déjà opérationnel dans 19 pays africains, francophones comme anglophones, par l’entremise de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC).

Né de la volonté de chefs des Etats africains et des Nations Unies, le programme Accès accorde des opportunités aux femmes africaines pour qu’elles puissent se lancer dans le commerce international. Et ce, conformément à son objectif qui vise à renforcer la compétitivité  des entreprises appartenant aux femmes en Afrique, tout en promouvant des opportunités d’affaires concrètes sur les marchés internationaux.

«Notre souci  est d’augmenter les capacités des partenaires publics et privés dans les pays bénéficiaires afin de soutenir les femmes entrepreneurs pour faire en sorte que ces femmes ou leurs entreprises soient non seulement en mesure d’exporter et qu’elles proposent des produits innovants», explique la formatrice régionale du programme Accès, Atlanté Desirée. Elle a animé des formations sur ledit programme à l’intention des femmes entrepreneurs au siège de la FEC à Kinshasa, capitale de la RDC.

Pour elle, ce programme vise à stimuler les femmes pour qu’elles évoluent dans leurs business «parce qu’on a remarqué qu’en Afrique, les femmes n’émergent pas. Or, sur d’autres continents, les femmes ont changé le monde. On pense aussi que les femmes africaines peuvent changer beaucoup de  choses. C’est pour cela que nous misons sur elles.»

Le  programme Accès, exclusivement féminin, est donc le bienvenu auprès des femmes entrepreneurs congolaises, regroupées au sein de la FEC, et qui pensent que dans les affaires, il faut voir loin et grand.

Raison pour laquelle, les femmes entrepreneurs congolaises sont toutes derrière ce programme qui s’inscrit aussi dans le cadre plus large de l’autonomisation de la femme africaine et de la lutte contre la pauvreté. «A travers ce programme, nous luttons contre la pauvreté de la femme. C’est pourquoi, nous voulons avant tout la former à comprendre l’ABC du commerce international avant de la booster dans ce monde qui est soumis à nombre d’exigences», soutient la  présidente nationale des femmes entrepreneurs de la FEC  et formatrice nationale du programme Accès, Eliane Munkeni. «Nous voulons avoir des femmes entrepreneurs congolaises fortes qui bravent n’importe quel obstacle dans le commerce; des battantes qui osent parce que dans les affaires, qui ne risque rien, n’a rien».

Bénéficiaire de la formation organisée par le programme Accès au commerce international pour les femmes africaines  à la FEC, la sexagénaire Emilie Kabamba qui œuvre dans l’agroalimentaire, s’est dite mieux encadrée pour se lancer dans le commerce international et promet de travailler en réseau pour plus d’efficacité, tout en attendant un appui de la FEC.

«  Avant je faisais un commerce de cahiers de brouillons. J’achetais et je vendais sans vraiment comprendre ce que je faisais.  Maintenant, que nous avons reçu des informations sur l’exportation,  nous devons nous jeter à l’eau. J’ai compris que le commerce international est un marché rentable, à condition d’y être préparée pour y entrer. Pour que tout le monde en sorte gagnant, nous travaillerons en réseau avec les autres femmes entrepreneurs de la RDC et pourquoi pas avec celles d’autres pays africains qui ont déjà expérimenté ce programme», déclare tout souriante Emilie Kabamba. Elle s’est distinguée durant les exercices de la formation et a même reçu un prix pour cela.

C’est donc formées et quelque part transformées que ces femmes d’affaires seront désormais capables d’exercer le commerce transfrontalier parce qu’aujourd’hui, elles sont familiarisées à ses normes  et à ses exigences.  Toutefois, sans l’appui du gouvernement congolais notamment par la prise des mesures promouvant l’entrepreneuriat  féminin,  le rêve que nourrissent ces femmes de voir au-delà de leur petite affaire, ne se matérialisera pas.

Blandine Lusimana est journaliste en RDC. Cet article fait partie du service de commentaires et d’opinions de Gender Links.

Posted by on Oct 5 2012. Filed under Monde. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

Leave a Reply

Search Archive

Search by Date
Search by Category
Search with Google

Photo Gallery

Copyright © 2011-2016 Minority Voice. All rights reserved.