Affaire Freymond – La Guerre des ex-Banquiers S’enflamme…Ramen Sawmynaden contre-attaque et réclame à son tour Rs 3 milliards de dommages à Éric Freymond.



  • La FIAMLA et le durcissement des lois anti-blanchiments ont mis hors-jeu les manœuvres de certains banquiers et avocats suisses à Maurice.
  • Pourquoi un banquier suisse aurait-il confié son argent à un chauffeur de taxi parisien pour investir à Maurice ?

L’​ex-banquier ​S​uisse​, Éric Edmond Freymond, s’enlise dans ​une​ présumé​e​ histoire de ​Rs ​3 milliards, ​perdue à l’​î​le Maurice. Cette histoire aura défrayé la chronique et en a fait jacasser plus d’un. Longuement discuté sur les réseaux sociaux, les commentaires défilent. ‘Le pays des escrocs et de la malhonnêteté ! Maurice c’est un plaisir…’ clament certains alors que d’autres s’inquiètent pour l’image du pays, ‘Quelle image nous donnons aux étrangers… ! Quelle honte…’. Nombres d’articles relatant cette affaire ont été publiés mais ils étaient principalement criblés d’inexactitudes et nous savons pertinemment que quand l’information n’a pas été vérifiée, les dommages peuvent être irréversibles. À Le Xournal, nous avons choisi de mener indépendamment notre enquête et de vous rapporter les faits et rien que les faits concernant cette histoire qui sent le blanchiment d’argent. ​Car en vérité c’est en raison de la robustesse de notre centre juridique financier, les amendements apportés par ce gouvernement à la Financial Intelligence and Anti-Money Laundering Act et le durcissement des lois anti-blanchiments sur l’origine des fonds que certaines basses manœuvres sont tombées. Depuis certains protagonistes s’évertuent à trouver des boucs-émissaires surtout dans cette sordide affaire.

Eric Montavon, l’avocat Genevois

Alors que le partenaire d​’​Éric Freymond​, ​son ami et ex​-​chauffeur de taxi ​parisien, Ramalingom Rungassamy, Mamé pour les intimes,​​ n’est plus que ​le ​figurant d’un​​ casting fabriqué​ de toutes pièce​​s, cette affaire rocambolesque prend une autre tournure ​grâce​ à la sortie du silence de Ramen Sawmynaden​. Ce dernier, initialement choisi ​pour être ​le bouc​ émissaire parfait,​​​ ​vient d’intenter plusieurs plaintes auprès des autorités mauriciennes​ afin de faire valoir​ son droit et​ la vérité ​dans cette histoire controuvée. 

L’histoire ​qui est mise à la lumière décrypte les agissements d’une équipe suisse bien rodée qui aurait employé des personnes à la moralité douteuse pour nuire à l’intégrité et à la réputation d’innocents ; ceci dans le seul but ardent de cacher des manigances​ financières​ et des détournements de fonds​​ entre l’Europe et l’île Maurice​.  

Entre 1997 et 2012, Ramalingom Rungassamy​​ ​reçoit des virements d’Europe pour une​​ somme avoisinant les 22 millions de francs ​suisses​, soit​ ​Rs ​800 millions, sur ​ses compte​s​ personnel​s​ et​​ sociétés​ ​sur​ l’​île Maurice. Curieux déjà qu’un banquier fasse autant de confiance à son chauffeur de taxi parisien. 

Connu pour son train de vie extravagant, Mamé affirme​ durant​ les premières années​ qu’il possède en fait un gros héritage en Europe et ​qu’il souhaite maintenant investir dans son pays natal​. À d’autres personnes, il affirme avoir gagné deux fois à la Loto en France ou encore qu’il possède plusieurs « bar-tabac PMU ». Or, lors de notre enquête, nous avons découvert certains faits compromettants. Il s’avèrerait que le couple Rungassamy dépensait de manière désinvolte et irresponsable. Grâce à certaines factures que nous avons pu retracer, nous savons maintenant qu’ils jouissaient d’un style de vie somptueux à Maurice. Ils réservaient effectivement la suite royale à l’hôtel La Pirogue de Sun Resorts pendant une année entière. Cela peu importe qu’il soit à Maurice ou pas. Certains employés de l’hôtel se rappellent encore Mamé et de ses dépenses excessives ainsi que de sa descente dans l’alcool. Mamé était aussi un habitué des casinos et de notre Champs de Mars où un bookmaker nous a dit, presque avec mélancolie, que Mamé jouait par millions et perdait aussi par millions.

C’est bien plus tard​​ ​et ​​à la suite du renforcement​​ des lois contre le blanchiment​ que l’affaire prend une autre tournure. De plus en plus questionné par Ramen Sawmynaden et les autorités mauriciennes quant à l’origine et la n​ature des fonds transférés à destination de l’île Maurice, Mamé change d’air et donne une autre version des faits​ pour se protéger, ​notamment que​ tout cet argent appartient à ​son ​« ami ​et partenaire »​ Éric Freymond. ​

D’après notre enquête, c’est aux alentours de 1996, alors qu’il travaillait comme directeur à la succursale de Curepipe de la SBM, que Ramen Sawmynaden fait la connaissance de Mamé et de son épouse, Reine-Guy. Mamé s’était présenté comme un riche promoteur immobilier opérant en Espagne qui était maintenant venu investir dans son pays natal. Au fur et à mesure du temps qui passe, d’importants ​virement​s sont effectués​ ​très régulièrement et​ le​ur​s montants​,​ de plus en plus conséquents.​ ​Sur chaque transfert qui vient de l’étranger, le​​ ​nom d’Alexandre Montavon est paraphé et ​​​​Mamé ​​se présente comme un client spécial sous la coupole de ​cet a​vocat Suisse​,​​ qui côtoie fréquemment l’élite européenne.

Il est étrange de ​retrouver​ un simple chauffeur de taxi, sans grand diplôme académique ou faculté intellectuelle, parmi des clients​ triés sur le volet chez la Banque​ ​Privée​​​ ​Edmond de Rothschild​ ​à Genève. À la demande de la Mauritius Revenue Authority pour justifier toutes ces opérations, Alexandre Montavon avait même rédigé une lettre indiquant que Mamé était supposément un client de son cabinet d’avocats depuis plusieurs années et qu’à sa connaissance, les fonds qui ont été crédités sur ses comptes à la SBM provenaient de sa fortune personnelle…Un bien beau mensonge par cet avocat genevois, qui plus est, semble d’après notre enquête, être celui qui aurait planifié tout ce montage financier opaque​ ​!

Il s’avère que la vérité est toute autre. Le couple Rungassamy reconnaît en 2017 dans deux protocoles d’accord signés à Paris avec Éric Freymond que les fonds qu’ils ont utilisés pour acquérir leurs biens à Maurice depuis 1998 appartenaient en fait à Éric Freymond lui-même. Ils s’engageaient maintenant ​à​ vendre ou ​à​ transférer tous leurs biens à l’île Maurice afin de rembourser ce dernier.  Or, les protocoles sont postérieurs au certificat médical de Mamé du Dr Hervé Zylberberg, qui est daté le 27 mars 2015, et qui indique que Mamé souffre d’une « diminution de ses capacités physiques et intellectuelles… », ce qui veut dire qu’il n’était pas capable de signer ces protocoles. Éric Freymond a donc clairement joué ces circonstances à son avantage et a fait Mamé signer les deux protocoles d’accord.

Par ailleurs, pendant la signature des protocoles, en présence d’autres acteurs mauriciens sur lesquels nous ne porterons pas de jugement à ce stade, il y a des faits intriguants. Que vient faire de nulle part dans ce dossier Mahendra Ghumundee de DLB Construction Co Ltd? Ancien collaborateur de Mamé, aurait-il tenter de piéger ce dernier afin de noyer tout doute quant à ses propres manigances ?

​L’année ​2014 ​sera le début d’une bataille judiciaire ​avec de nombreux​ ​avocat​s,​​​ conseiller​s​ ​juridiques​ et enquêteurs, aussi bien à Maurice qu’en Suisse, qui​ viennent apporter​ leur soutien au clan ​formé par le « duo » Éric ​Freymond​ et Ramalingom Rungassamy​. Tous y apportent leurs touches pour faire ​plonger Ramen Sawmynaden​ en expliquant que c’est ce dernier qui​ aurait volé l’argent d’Éric Freymond.

Le problème c’est que personne ne parle pas des mêmes montants. ​Si ​Éric Freymond a lui-même logé une plainte de 22 millions de francs suisses,​ sa conseillère légale, Jenssy Sabapathee et leur avoué commun, Preetam Chuttoo,​​ ont log​é quant à eux ​une plainte de 87 millions de ​francs suisses pour supposément récupérer l’argent d’Éric.

​Autre revirement de situation, dans un article publié​ récemment​ par la Tribune de Genève en Suisse, https://www.tdg.ch/un-financier-genevois-a-perdu-des-dizaines-de-millions-a-lile-maurice-710234647627, l’ex-banquier suisse ​nous apprend que, tout compte fait, ce n’était maintenant pas son argent ​mais celui de proches collaborateur​s !​

Que diable…

L’article fait aussi mention de Louis François Besse qui n’est nul autre que l’avocat d’Éric Freymond en Suisse et son mandataire à l’île Maurice. Ce dernier ne vient supposément « plus à Maurice sans protection, estimant que c’est vraiment dangereux. » Il aurait même, accompagné de « gros bras », porté plainte au CCID à l’encontre de Ramen Sawmynaden qu’il accuse de l’avoir harcelé et menacé. Or, contacté, un des officiers chargés de l’enquête nous a avancé que… surprise… surprise… François Besse ne serait plus intéressé à poursuivre l’enquête maintenant. Pourquoi donc ? Coup monté ? On se le demande…

​Aujourd’hui, tout prête à confusion et la question est ​de se demander​ ​à​ qui appartient vraiment tout l’argent dépensé ​sur l’île ? Et de combien parle-t-on ? De 22​ millions​ ou​ de​ 87 millions de francs ​​suisses ?

​Et pourquoi a-t-on utilisé un simple chauffeur de taxi pour ​”​investir​” sur l’île en sachant ​qu’un​ homme d​’​affaires suisse, mécène et collectionneur d’art, avisé en finance, ​peut directement contacter des fonds d’investissements sur l​’​île​ et ainsi participer ​à l’économie mauricienne. 

Parle-t-on d’argent sale ? ​D​e blanchiment d’argent ? ​D’​évasion fiscale ?

Si des plaintes de 87 millions de francs suisses​ ont ​été ​logées ​alors ​que ​seulement ​22 millions​ sont rentrées​ en transferts bancaires à Maurice, où se trouve la différence ​?? L’on parle ici d’une somme colossale de 65 millions​ ​de ​f​rancs suisses qui manque à l’appel ! Si l’on fouille comme il faut, on retrouve beaucoup de squelettes dans les placards d’Éric Freymond. Tenterait-il ainsi de noyer quelque chose à Maurice ? Éric Freymond a déjà été cité dans des affaires​ ​​opaques​ en Europe et il est actuellement pointé du doigt et sous enquête par le groupe de luxe Hermès en France. On lui reproche d’avoir menti et d’être ​à​ la tête de montages​ ​​opaque​s​ lorsqu’il était gestionnaire de fortune d’un des héritiers Hermès dans l’affaire Hermès​ ​/​ ​LVMH. Est-ce là donc les détournements de fonds liés au scandale lié au groupe de luxe Hermès ? Est-ce que Éric ​Freymond aurait réédité ce talent financier tentant d’utiliser ​l’île ​Maurice ​à​ des fin​s​ de blanchiment​s​ d’argent pour ​ses​ proches collaborateurs ​européens​ et ce, en se servant d’un chauffeur de taxi comme intermédiaire ?

Et « ses » proches collaborateurs, qui sont-ils me demanderez-vous ? L’on retrouve des noms très connus sur la place européenne…​ ​Une simple recherche Google démontre que l’on a affaire avec uniquement l’élite européenne. La crème de la crème, selon certains. Nous y reviendrons…

Ce qui est sûr c’est que les victimes choisies​ par ces hommes d’affaires​ suisses pour faire porter le chapeau feront ​​tout afin de​ faire valoir​ leur droit et que la justice fasse la lumière sur toute cette affaire.

Pourquoi donc Éric Freymond ne tente-t-il pas de récupérer les biens que possèdent la famille Rungassamy en France et à l’île de la Réunion…d’autant plus qu’ils ont été tous financés avec « son » argent ? A-t-il peur des autorités françaises ? Mamé connaîtrait-il des faits compromettants sur Éric ? Fait étrange, le couple Rungassamy a quitté l’île Maurice pour ne plus y revenir depuis février 2017. Pourquoi Mamé n’est-il pas au-devant de la scène pour récupérer « son » argent ? A-t-il lui aussi quelque chose à cacher ? Lui qui voyageait souvent en hélicoptère depuis l’aéroport jusqu’à son hôtel.

Il est clair que l’élite européenne prend notre système judiciaire et tous les Mauriciens pour de parfaits imbéciles. Tous se donnent des airs de sainte-nitouche sur la scène internationale mais utilisent ensuite notre pays pour enterrer à jamais leurs squelettes, aidés par des acteurs mauriciens antipatriotiques ayant vu là une poule aux œufs d’or en la personne d’Éric Freymond, qui pour cacher ses malversations, ne peut que céder à leurs chantages il semblerait. Mais c’en est assez. Il est maintenant temps qu’ils ne se prennent tous une bonne claque.

En passant, nous apprenons du CCID que le Serious Fraud Office anglais enquête en ce moment même sur Éric Freymond. Sans compter les dossiers devant l’Integrity Report Services Agency et l’Independent Commission Against Corruption où certains protagonistes sont actuellement sous enquête.

Contacté par Le Xournal, Ramen Sawmynaden n’a pas voulu se prononcer pour le moment, préférant que l’enquête suive son cours.

Affaire à suivre…

Posted by on Oct 3 2021. Filed under Actualités, Economie, En Direct, Featured, Opinion, Sci-Tech. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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