Arvin Boolell, victime des vaish et du clan Ramgoolam



Il voulait mettre de l’ordre dans l’écurie d’Augias qu’est devenu le Parti Travailliste ces jours-ci. Pour l’heure, il a lamentablement échoué face à l’armada Vaish et le clan Ramgoolam. Dans un article prémonitoire, Minority Voice, aujourd’hui disponible sur le web à travers le site www.minorityvoice.info, avait vu venir ce problème. Déjà lors de la première édition du 31 août 2012, sous le titre : « Arvin Boolell, Premier ministre? Une ambition légitime…Pourquoi le leadership du PTr et le poste de PM lui échappent ? Aujourd’hui plus que jamais l’évènement donne raison à cette publication.
E. Julien

Non, Arvin Boolell n’ira pas à l’Equal Opportunities Commission pour plaider son cas. Mercredi dernier sur Top FM, le Dr Vassant Kumar Bunwaree estime qu’il a commis un faux pas politique en réclamant le leadership du Parti Travailliste alors que Navin Ramgoolam est à terre. Arvin Boolell, lui, a fait le tour de toute sa circonscription et du pays. Cet homme politique mauricien est né le 26 mai 1953. Il a occupé les fonctions de député de l’Opposition, de ministre de l’Agro-Industrie et celle de ministre des Affaires étrangères.

Le jeudi 22 décembre 2011, le site web d’un groupe de presse rapporte son interview sous le titre : « Pour la première fois, Arvin Boolell avoue son ambition d’être leader du Ptr ». On pouvait alors y lire ceci: « Pour la première fois, Arvin Boolell a avoué publiquement son ambition d’être leader du Parti Travailliste (PTr). « Il s’agit d’une ambition légitime », a affirmé le ministre des Affaires étrangères, hier après-midi, jeudi 22 décembre, sur les ondes de Radio Plus. Il était l’invité du Grand Journal de Radio Plus. Répondant aux questions de Karishma Beeharee, Arvin Boolell a précisé qu’il doit, cependant, obtenir le soutien de son parti et de l’électorat pour aspirer à ce poste. « Tou seki lezitim, mo bizin faire li vinn legal. Et pu li vinn legal, mo bizin soutien mo parti, elektora, lepep ek mo leader », a-t-il soutenu. »

Il est clair que sur le coup, les journalistes ont pensé avoir tenu un scoop. Or dans la réalité, ce n’était pas la première fois que le Dr Boolell évoquait ce grand désir. Beaucoup se souviendront de cet entretien qu’il avait accordé peu après la débâcle de septembre 2000, avec comme titre : « Leadership du PTr, chaque chose en son temps ! »

C’est justement ce facteur-temps qui semble avoir aujourd’hui joué contre sa destinée. D’ailleurs, sa grande humilité lui avait fait commettre un faux-pas en soutenant lors de cet entretien radiophonique : «Mais avant tout, je veux que le leader du PTr, Navin Ramgoolam, soit toujours Premier ministre de Maurice lors du 50e anniversaire de l’Indépendance du pays en 2018 », a-t-il ajouté.

Pourtant la question, même si elle n’est pas abordée publiquement fait l’objet de discussions dans certains milieux. Beaucoup trouvent anormal que demain, le Dr Rajesh Jeetah ou encore Anil Bachoo puissent supplanter le bon Dr Boolell au poste de leadership des rouges.

L’hebdomadaire Sunday Times a récemment évoqué « l’obstacle Boolell » lors de la concrétisation de l’alliance PTR/MMM. La montée hiérarchique de Arvin Boolell dans la nouvelle configuration (qui serait née de la réforme) a constitué un obstacle de taille. Au moins trois ministres, à savoir Rajesh Jeetah, Lormesh Bundhoo et Anil Bachoo se seraient opposé à un éventuel arrangement pour accommoder l’ancien ministre des Affaires Etrangères au sommet. La publication d’Imran Hosany a le mérite de mentionner que Boolell « est l’homme qui ne souffre d’aucune contestation de la part du MMM »

Toutefois, on doit s’interroger sur le principe de l’égalité des chances et de méritocratie qui anime le Parti Travailliste. Le Dr Rajesh Jeetah, a été élu député en 2003. Lormesh Bundhoo était un ancien chef-agent de Vishnu Lutchmeenaraidoo dans la circonscription de Souillac-Rivière des Anguilles (No 13). Il a été élu député en 1995 à Moka-Quartier-Militaire (No 8). Avant de mordre la poussière au No 9, à Flacq/ Bon Accueil en 2000. Il fit son comeback en 2005 au No 10 à Grande Rivière Sud Est/Montagne. En 2010, il a choisi de délaisser cette circonscription. C’est à Grand-Baie-Poudre d’Or, au No 6, qu’il trouve refuge grâce au travail de proximité du député Ashit Gungah. Tandis que le parcours d’Anil Bachoo parle de lui-même. L’ancien secrétaire-général du Parti Travailliste est devenu un temps leader de la faction dissidente Mouvement Travaillistes Democrate (MTD), puis passa au MSM, avant de former le MMSD en 2005 pour ensuite rejoindre le PTr. Il a aussi été «Vice-Prime Minister» au nez et à la barbe du Dr Arvin Boolell,. Une situation fortement décriée chez les Boolellistes et les die-hard rouges.

L’équation Boolell = Poulidor

Elles et ils sont nombreux à avoir occupé les devants de la scène politique, tous partis politiques confondus. Et pourtant, elles et ils sont légion à avoir franchi le Rubicon, mais n’ont jamais pu ou pas réussi à jouer les premiers rôles. Arvin Boolell est l’un des ceux-là!

Et pourtant, le fils de sir Satcam aura été à l’anti-thèse de l’indolence du père. Arvin s’est démarqué du père pour être l’artisan de sa propre destinée. Homme de terrain, il a su labourer ses terres électorales qui auront fait de lui un puissant élu malgré les adversités les plus diverses, même quand les siens mordaient la poussière face à de puissantes coalitions. On ne le dira jamais assez: Arvin Boolell aura récolté ses galons à la force du poignet et à la sueur de son front. Il a été médecin à Dublin, cette ville qui aura marqué les Ramgoolam, Chady, et autres Gnany.

Avoir labouré sa circonscription au No 11 a fait de lui l’ancien député qui a su vaincre l’adversité et rallier ses plus féroces détracteurs à sa cause. Une cause qui allie persévérance et ancrage auprès d’un électorat qui le lui a bien rendu… Encore et encore !

Dans les années 50-60, il y avait ce coureur cycliste qui répondait au nom de Raymond Poulidor. Un excellent rouleur qui avalait les côtes, qui excellait dans les contre-la-montre. Mais jamais, au grand jamais, il n’avait pu remporter le Tour de France face à Jacques Anquetil, quintuple vainqueur du Tour de France. “Poupou”, comme on le surnommait affectueusement, était l’éternel second, le coéquipier parfait pour Anquetil. Anquetil était le roi et Poulidor restera à jamais dans l’histoire comme son dauphin…

Pourquoi avoir choisi l’équation Boolell-Poulidor? Tout simplement parce que les deux ne possèdent pas cette “graine” qui font des champions ; il leur a manqué ce petit quelque chose qui propulse l’heureux élu au firmament du gotha politique. Jusqu’à quand notre peuple devra se résilier que tout ne monde ne naisse pas égal et ne peut pas aspirer aux plus hautes fonctions, comme celui d’être Premier ministre ou leader du Parti Travailliste ? Telle est la question …

Au Dr Arvin Boolell, on dira seulement ceci : « Tu ne sais pas à quel point tu es fort, jusqu’au jour où être fort reste la seule option. »

Posted by on May 10 2015. Filed under Actualités, Economie, Featured, Politique. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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