Après sa libération sous caution, Shakeel Mohamed : « Ce qui zot ine faire moi, mo pas pou bliyer…la roue tourner »
Shakeel Mohamed a été libéré sous caution vers 19h30 lundi soir après un ruling de la magistrate Ganoo de la Remand and Bail Court. Deux cautions de Rs 100,000 et Rs 20,000 ont été exigées pour sa remise en liberté de même qu’une reconnaissance de dette de Rs 1 Million. « Ce qui zot ine faire moi, mo pas pou bliyer…la roue tourner », a-t-il lancé. Tandis que son père a promis de « déchire certains personnes »…
Me Shakeel Mohamed a été convoqué au Central CID suite à la réouverture de l’enquête sur la fusillade ayant fait trois morts à la rue Gorah-Issac le 26 octobre 1996 à Plaine-Verte. Me Mohamed avait pris contact avec le Central CID pendant le week-end par l’entremise de ses hommes de loi, dont Me Gavin Glover, selon nos recoupements.
Une heure après cette prise de contact, un officier du Central CID l’a informé que sa convocation a été fixée au lundi 23 novembre. C’est vers 10 h 45 que le député travailliste du no 3 et chef de file du PTr à l’Assemblée nationale est arrivé aux casernes centrales en compagnie de son avocat Me Gavin Glover.
«Je n’ai rien à me reprocher. Mais mon innocence n’est pas importante dans cette équation», a fait comprendre Shakeel Mohamed. Il y a une forte mobilisation de la Special Support Unit (SSU) aux casernes centrales dont les accès sont contrôlés. Mesures prises pour éviter tout rassemblement dans l’enceinte du quartier général de la police. Plusieurs parlementaires rouges ont également effectué le déplacement en guise de soutien.
Le Chef de fil du Parti travailliste au Parlement, Shakeel Mohamed était de retour au CCID pour la suite de son interrogatoire.
La perquisition à son domicile à Calebasses a pris fin aux alentours de 14 heures. Rien de compromettant n’aurait été retrouvé selon Yusuf Mohamed.
Sa réaction n’a pas tardé après l’arrestation et la descente policière au domicile de Shakeel Mohamed. Yusuf Mohamed dit pleinement collaborer avec la police. «Nous avons mis la maison à leur disposition.» Mais, affirme l’homme de loi, «mon fils n’a jamais été en possession d’armes».
«Pour moi c’est clair qu’on veut lui faire du tort, mais je suis confiant qu’il sortira de là plus populaire encore», a déclaré Me Yusuf Mohamed. Il réagissait après l’arrestation et la perquisition qui a lieu, lundi 23 novembre, au domicile de son fils, Shakeel Mohamed dans le cadre de la réouverture de l’enquête sur l’affaire Gorah Issac. Si l’homme de loi dit collaborer avec la police, il affirme que celle-ci ne trouvera rien de compromettant chez le député du Parti travailliste.
«Ils sont déjà sur les lieux, alors qu’ils continuent. Nous avons mis la maison à leur disposition et ils savent ce qu’ils font. Mais Shakeel n’a jamais possédé d’armes», explique Yusuf Mohamed. En ce qui concerne les procédures à suivre, l’homme de loi, dit insister pour que le chef de file rouge soit traduit devant la cour cet après-midi.
L’avocat a, dans la foulée, indiqué que ce n’est pas la première fois qu’une perquisition a lieu au domicile de Shakeel Mohamed. «Il avait déjà été convoqué dans cette affaire auparavant. Une descente policière avait même été effectuée à son domicile lorsqu’il résidait à Flic-en-Flac.»
La séance a démarré devant la magistrate Shefali Ganoo. La police a objecté à la remise en liberté sous caution de Shakeel Mohamed en avançant les arguments sous le Bail Act : risk of absconding, interfering with witness et tampering with evidence. Les quatres charges provisoires retenues contre Shakeel Mohamed : conspiracy to commit murder, procuring revolver used in the commission of murder, possession of revolver obtained by means of a crime (that is larceny whilst being armed with an offensive weapon) et giving instruction to commit larceny of van whilst being armed with offensive weapons.
Dans le cadre de la réouverture de l’enquête sur l’affaire Gorah-Issac, Swaleha Joomun, veuve de Babal Joomun, une des victimes de la fusillade, avait balancé sept noms au Central CID. C’était lors d’un interrogatoire lundi 9 novembre.
En présence de son avocat Me Vikash Teeluckdharry, Swaleha Joomun avait remis des coupures de presse et une clé USB aux enquêteurs. C’était à la veille des municipales de 1996 que la fusillade de la rue Gorah-Issac avait fait trois morts : Babal Joomun, Zulfeekar Bheeky et Yousuf Moorad qui étaient des activistes de l’alliance PTr-MMM à ce moment-là.
A l’époque Shakeel Mohamed, alors au MSM et Cehl Meeah, alors leader du Hizbullah, avaient bénéficié d’un temps d’antenne à la MBC pour répondre aux accusations de Paul Bérenger alors Vice-Premier ministre.
Condamné à 21 ans de prison pour coups et blessures sans intention de tuer, Liyakat Polin a bénéficié de 5 ans de remise de peine pour les 5 années qu’il a passées en détention préventive. Il se rappelle avec vivacité le jour où l’administration de la prison décide de l’envoyer à La Bastille. Il y passera 8 longues années. Enfermé dans une cellule pendant 22 heures, il n’a qu’un seau pour faire ses besoins et un lit en béton pour se reposer.
Sa demande de remise en liberté a été acceptée par la commission de pourvoi en grâce. Liyakat Polin a quitté la prison de Petit-Verger dans la matinée du mercredi 2 septembre où il était détenu pendant 15 ans. Il a été condamné à 21 ans de prison en 2004. Son homme de loi, Me Noor Hussenee parle de l’aboutissement d’une bataille qui a débuté en 2013. Liyakat Polin était également représenté par Me Alvin Juwaheer et Me Nadeem Aullybocus.
« La fusillade de la rue Gorah Issac le 26 octobre 1996 n’était ni préméditée, ni programmée. Personne n’avait en tête de tuer des frères comme nous. C’était par pur hasard que l’équipe de l’escadron de la mort s’était retrouvée à la rue Gorah Issac aux petites heures du matin. La voiture des victimes s’est retrouvée face à face avec notre véhicule. Leur voiture s’est mise en travers de notre route et ce sont elles qui ont fait feu en premier », insiste-t-il. Liyakat explique que s’ils avaient vraiment l’intention de faire un attentat à Port Louis, ils n’auraient pas volé une voiture à Flic en Flac à la veille d’une élection.
A noter que le Dr Navin Ramgoolam a apporté son soutien à la famille Mohamed dans ces moments difficiles. Le leader rouge, de même qu’Arvin Boolell, Ritesh Ramphul, Ezra Jhuboo, Yatin Varma, Anil Baichoo, Surren Dayal, Patrick Assirvaden ou encore Siven Poinoosamy se sont rendus aux Casernes et à la cour de Port-Louis pour soutenir les Mohamed.
Arvin Boolell est arrivé aux Casernes vers les 13h10. “J’espère que les institutions travaillent en toute indépendance”, dit-il en rappelant la boutade de SAJ au Parlement sur l’affaire Gorah Issac à l’intention de Shakeel Mohamed.
Pour Me Yusuf Mohamed SC, père de Shakeel Mohamed : “La politique a ses raisons que la raison ne connaît pas”.
A noter que la question a été abordée lors du Bureau Politique du MMM. Paul Bérenger dit suivre la situation de près tout en fustigeant la police. « Nous ne sommes pas satisfait du rôle de la police ces temps-ci. Sous Ramgoolam c’était déjà la même chose. », a-t-il déclaré. Par ailleurs Liyyakat Polin, l’un des condamnés à 15 ans de prison dans cette affaire, a exonéré Shakeel Mohamed et Cehl Meeah dans cette affaire.












