Minority Voice dit NON à la peine de mort…par Madiba…



« Moi, Victor Hugo, je te le dis, je te lance un défi ! Je serai ton pire ennemi ! Tu es la honte de l’humanité et j’aurai ta peau ! »?

L’hystérie s’est une fois de plus emparée de la population pour réclamer la peine de mort pour combattre la criminalité et le trafic de drogue. Il faut dire que les meurtres atroces de Camp de Masque y sont pour quelque chose. Mais il faut dépassionner le débat. Il ne faut pas prendre de risque. Si la peine de mort existait, cela fait longtemps qu’on aurait exécuté Nelson Mandela et plongeant l’Afrique du Sud dans le chaos.

La peine de mort tue. Or, tuer est mal, la peine de mort est donc mauvaise. En accord avec Victor Hugo ” Que dit la loi ? Tu ne tueras pas ! Comment le dit-elle ? En tuant ! ” La peine de mort est une violation des droits fondamentaux de l’être humain au vu des articles 3 et 5 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. La Déclaration Américaine d’Indépendance consacre aussi le ” droit à la vie “. Alors que les opposants à la peine de mort mettent en exergue son irrévocabilité, ses défenseurs rétorquent qu’elle ne punit que les crimes les plus graves.

Beaucoup de personnes condamnées à mort ont ensuite été innocentées, parfois quelques minutes seulement avant l’heure de leur exécution. D’autres sont morts avant qu’ils aient pu être disculpés. Pour eux, l’erreur est irrévocable. Cela a souvent été le cas dans des affaires qui n’ont pas eu recours aux nouvelles technologies d’investigation, en particulier l’ADN. Depuis 1973, 119 personnes dans 25 Etats américains ont été disculpées et ont quitté le couloir de la mort.

A ce jour, 103 États ont aboli la peine de mort pour tous les crimes, 6 l’ont aboli pour les crimes de droit commun, et 32 respectent un moratoire sur les exécutions, soit 141 États au total. En revanche, la peine de mort est toujours appliquée dans 58 États et territoires.
En 2014, 22 États ont procédé à des exécutions. Si le nombre de pays procédant à des exécutions est constant, le dernier rapport d’Amnesty International recense 607 exécutions en 2014, contre 778 en 2013 (soit une baisse de 22%) et 682 en 2012. Le nombre de condamnations à mort (2466) est en revanche en hausse de 28% par rapport à 2013. 72 % des exécutions recensées en 2014 ont eu lieu en Arabie Saoudite, en Iran et en Irak. Il est important de rappeler que le chiffre total réel des exécutions est difficile à déterminer en l’absence de statistiques officielles dans certains États, dont la Chine.

Il n’a jamais été prouvé que la peine de mort est plus dissuasive que d’autres formes de châtiments ; bien au contraire des études ont montré que la peine de mort est susceptible d’entraîner une hausse des crimes violents car elle contribue à banaliser les comportements brutaux. La plupart des criminels pensent qu’ils ne seront pas arrêtés et punis, dès lors, la question de savoir s’ils risquent la peine de mort ou la prison à vie ne se pose même pas ; le meilleur moyen d’agir préventivement contre le crime, crimes violents inclus, n’est pas l’imposition de peines plus sévères mais la garantie que tout crime sera puni.

L’affaire Eddy Balancy
Les erreurs et les carences judiciaires existent. La possibilité d’une défaillance de l’enquête en raison d’un limier de police trop zélé ou encore de la brutalités policières comme dans l’affaire des accusés du meurtre de Michaella Harte. Mais plus grave encore reste ce que l’honorable Eddy Balancy a affirmé publiquement cette semaine.

« Y a-t-il des interférences dans le travail des juges ? à cette question, le SPJ répond qu’« il n’y a plus aucune tentative d’interférence ». Toutefois, il reconnaît que sous deux anciens chefs juges, il y avait eu « des interférences avec ma liberté d’opinion et je n’ai pas apprécié. Il y a eu des boycottages et des passe-droits quand j’ai refusé d’être un ‘yes man’. J’en ai payé le prix, mais c’était très peu payé pour défendre mon indépendance d’esprit ». Et de préciser que « c’était difficile de bien accomplir mon travail en toute quiétude ». Il précise, néanmoins, que lorsqu’il a travaillé sous les quatre autres chefs juges qu’il a connus, il n’a jamais eu de souci d’interférence quelconque. »

Difficile après avoir écouté cette entretien, de dire l’état d’âme du citoyen lambda…Eddy Balancy était en haut de la hiérarchie que s’est-il passé avec d’autres juges ou magistrats sous les directions que l’actuel No 2 de la Cour Suprême critique.

Amicale IV
Il ne faut pas non plus oublier les quatre condamnés de l’Amicale IV. Que ce serait-il si on les avait déjà exécutés? Auraient-on eu le rapport Wrongfully Convicted? Beaucoup de ses questions méritent réponse. Il a eu de célèbres cas à travers le monde.

Affaire Patrick Dils
L’on se souvient que lors de la première condamnation de Patrick Dils en France, le juge président avait affirmé qu’il regrettait qu’on ne puisse plus appliquer la peine de mort. Or l’histoire lui donnait tort. Pour rappel, le 28 septembre 1986, Patrick Dils, alors âgé de 16 ans, découvre le corps de 2 enfants assassinés près de chez lui. Il passera 15 ans en prison pour ce double crime avant d’être acquitté. En 2002, le procès de cette affaire se tint pour une troisième fois. Devant la barre, Patrick Dils relata les endurances vécues en prison. Il a été torturé, tabassé et violé. Bien plus on trouve Francis Heaulme, un tueur en série, qui était sur les lieux du crime. Sur la question de l’indemnisation de Patrick Dils suite à l’erreur judiciaire, l’Etat français lui octroya la somme de un million d’euros à titre de dédommagement pour tout préjudice subi.

Guildford (Guildford Four), Birmingham (Six) (Maguire Seven),
Les Quatre de Guildford (Guildford Four) sont quatre jeunes gens qui ont été accusés et condamnés à tort à la prison à vie, par la cour d’assise d’Old Bailey à Londres, en octobre 1974 au Royaume-Uni pour les attentats des pubs de Guildford. Cet attentat fut commandité par l’Armée républicaine irlandaise provisoire et fit cinq morts et plus de cent blessés. Ils passèrent plus de quinze ans en prison avant que leur condamnation soit annulée par la cour d’assise1.

Les attentats des pubs de Birmingham sont deux attentats à la bombe attribués à l’IRA provisoire visant le Mulberry Bush et le Tavern in the Town à Birmingham en Angleterre, faisant 21 morts et 182 blessés le 21 novembre 1974.

Mick Murray, second de l’équipe de la PIRA à Birmingham, fabrique les bombes et règle les détonateurs sur 20 h 30. Selon ses déclarations, le téléphone public qu’il comptait utiliser pour avertir des attentats une demi-heure avant était hors-service. La police ne reçoit cet avertissement que 6 à 12 minutes avant les explosions, de plus Murray oublie de préciser le nom des pubs1,2.

Deux jours plus tard, le 23 novembre, l’IRA provisoire nie toute participation aux attentats et dit mener une enquête sur de possibles responsabilités de ses membres. Hugh Callaghan, Paddy Hill, Gerry Hunter, Richard McIlkenny, Billy Power et Johnny Walker, tous Nord-Irlandais, venus à Birmingham pour un enterrement, sont arrêtés le soir des attentats3. Surnommés les Six de Birmingham, ils sont condamnés en 1975. Clamant leur innocence, ils sont blanchis au bout de 16 ans de prison en mai 1992.

Un autre groupe, les Sept Maguire (Maguire Seven), a été condamné et emprisonné à tort dans cette affaire. Ce sont les membres de la famille de Gerry Conlon, dont son père Patrick « Giuseppe » Conlon -qui mourut en prison- sa tante et ses cousins de quatorze et seize ans, la plupart pour fabrication ou détention d’explosifs.

La peine de mort est injuste
Un riche se défend plus facilement qu’un pauvre. Dit comme cela, ça fait simpliste, et pourtant. On a vu ci-dessus que les moyens de la Justice sont limités, et ne garantissent pas l’équité d’une procédure. Que penser d’un système judiciaire où l’argent garantit le meilleur avocat, les meilleurs experts, des enquêteurs privés et motivés ? Un système où le pauvre n’a à sa disposition que le minimum judiciaire requis, avec tout ce que ça suppose d’avocats débordés, peu impliqués, ou simplement sans moyens matériels d’apporter des éléments favorables à l’accusé ? L’accès aux technologies nouvelles de la génétique judiciaire par exemple est extrêmement coûteux. Les procédures d’appel sont tout aussi chères, et peuvent dissuader d’agir.

La peine de mort évite de poser la question de la réforme d’un système social et pénitentiaire
Justement, toutes ces questions de financement de la Justice, pour un accès équitable à tous, les questions de dignité dans l’enfermement aussi, et bien cela disparaît avec la peine de mort et le décès programmé des prisonniers. La peine de mort s’affranchit de l’obligation de soin des malades mentaux : il est plus simple d’assassiner l’assassin que de le soigner.

La réinsertion sociale, la voie gagnante !
La peine de mort est la négation même du droit humain le plus fondamental, celui de vivre, tel qu’énoncé dans la Déclaration Universelle des droits de l’Homme, et est à considérer comme la forme ultime de traitement cruel, inhumain et dégradant.

Certains prétendent que le système judiciaire a pour mission d’éduquer et de corriger les personnes reconnues coupables de crimes. Un homme exécuté n’est pas un homme à qui la société a offert une deuxième chance. Une variante chrétienne de cet argument affirme que personne ne peut se placer au-dessus du Salut et que personne n’a le pouvoir de juger la capacité d’un homme à se racheter.

En faisant le choix de la réinsertion sociale, nous choisissons de travailler à assurer la sécurité de la population à long terme; de s’attaquer aux problématiques des personnes judiciarisées afin d’éviter qu’il y ait de nouvelles victimes; et d’agir pour favoriser l’insertion des personnes sur le marché de l’emploi et dans la société.

Depuis toujours, il y a dans le monde des hommes et des femmes qui ont su dire non à ce qui leur paraissait inacceptable? La chose rouge était encore là, dressée? La place était presque déserte. « Ah, tu es contente, bête assoiffée de sang ! Ah, tu as eu ta ration de chair fraîche ! » lui lança Victor Hugo. Il eut l’impression d’entendre la guillotine ricaner. « Tu ris ! Tu ricanes ! Mais tu ne riras pas toujours ! Moi, Victor Hugo, je te le dis, je te lance un défi ! Je serai ton pire ennemi ! Partout où je pourrai je chercherai à t’abattre ! Tu es la honte de l’humanité et j’aurai ta peau ! »?

Pour toutes ces raisons et d’autres Minority Voice dit non à la peine de mort et souhaite qu’elle soit être abolie dans tous les pays qui l’appliquent encore.

Posted by on Feb 28 2016. Filed under Actualités, Blog, Economie, Edito, En Direct, Featured, Opinion, Politique. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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