Premier League : Alexis Sanchez – Arsenal, un mariage inabouti



PREMIER LEAGUE – A Manchester United, l’attaquant chilien tentera de réaliser ce qu’il n’a pas réussi à Arsenal : laisser une trace dans l’histoire du club. En lui confiant le célèbre numéro “7”, les Red Devils lui en donnent l’occasion.

“Ladies and gentlemen, please take your seats…” Pour l’officialisation de sa nouvelle recrue, le club le plus riche du monde a fait les choses en grand. Un spot TV de 36 secondes vu près de six millions de fois en moins de vingt-quatre heures. On y voit Alexis Sanchez jouer du piano, pénétrer dans le tunnel avant de découvrir Old Trafford, le nouveau théâtre de ses rêves.

Et notamment celui, depuis tout petit, de porter un jour le maillot des Red Devils, comme il l’a confié et qui, au passage, met fin aux débats sur son choix “financier” de rejoindre United plutôt que City. On y voit également l’attaquant chilien enfiler sa nouvelle tunique, floquée du célèbre numéro “7”. Celui des légendes de United : George Best, Eric Cantona, David Beckham, Cristiano Ronaldo. Tous ont laissé une empreinte indélébile dans l’histoire du club mancunien.

Pendant longtemps, la responsabilité de désigner le nouveau titulaire du numéro “7” incombait à Alex Ferguson. La succession était le plus souvent immédiate et choisie : Cantona après (Bryan) Robson, Beckham après Cantona, Ronaldo après Beckham. Outre Cantona, un autre Français aurait pu porter le célèbre “seven” : Frank Ribéry. En février 2006, Ferguson était allé observer le joueur lors d’un match de Coupe UEFA entre Bolton et Marseille dans la banlieue de Manchester avant d’affirmer après seulement 45 minutes que joueur était “not good enough”.

Après le départ de Ronaldo en 2009, le nom de Ribéry a figuré une nouvelle fois sur les tablettes du club mancunien. Le Français, alors au Bayern Munich, avait la gueule de l’emploi et tout pour devenir une légende à United. Mais on dit que la femme du joueur ne souhaitait pas quitter la Bavière pour la grisaille de Manchester et les dirigeants mancuniens ont finalement opté pour Valencia.

Ronaldo était pétrifié de porter le numéro 7

Depuis le dernier match de Ronaldo en 2009, aucun de ses successeurs n’a réellement étiré la légende du numéro sept. Si Valencia a réalisé une belle carrière à MU qu’il étend aujourd’hui au poste de latéral droit, on ne peut pas en dire autant de Michael Owen avant lui, malgré son but victorieux dans l’un des Manchester Derbies des plus épiques (4-3 en 2009).

Le poids était sans doute trop lourd à porter pour Memphis Depay, dont le numéro résume à lui seul le nombre de buts qu’il a marqué en dix-huit mois, tandis que le passage d’Angel Di Maria a été un échec cuisant. Depuis, le fameux jersey est resté dans l’armoire à souvenirs en attendant son nouveau locataire, celui qui deviendrait la nouvelle coqueluche d’Old Trafford.

Car, qu’ils l’admettent ou pas, le numéro “7” représente une responsabilité et une pression supplémentaire sur les épaules de celui qui le porte. Cantona dit ne pas avoir réalisé tout de suite l’importance de ce numéro avant de le porter avec honneur. Beckham le voyait comme une inspiration.

Ronaldo, lui, était pétrifié. Arrivé en 2009, Valencia a, par exemple, redonné le “7” qu’il s’était vu confier en 2012 après seulement une saison pour reprendre son ancien (25). “Le numéro 7 est spécial à Manchester United. Il l’a toujours été et le sera toujours”, affirme Beckham. Alexis tentera d’imiter ces derniers : laisser son empreinte dans l’histoire du club mancunien, ce qu’il n’a pas réussi à faire à Arsenal.

80 buts en 169 matches à Arsenal mais rien d’autre

Au-delà du fracas de son départ auprès des supporters en plaquant Arsenal en beau milieu de la saison pour rejoindre un rival, on peut se poser la question de la trace que laissera l’attaquant chilien au sein du club londonien. Avec 80 buts et 42 passes décisives en 169 matches sous le maillot des Gunners, le bilan individuel de ses trois saisons et demie est exceptionnel. Néanmoins, l’apport d’Alexis au collectif n’a pas totalement répondu à l’excitation et aux espoirs suscités par sa signature en 2014.

Avec deux Cup et deux Community Shield, on est loin du compte. Il n’est certainement pas le premier responsable mais il a aussi sa part. Sa relation privilégiée et systématique avec Mesut Özil a parfois nourri la frustration de son avant-centre (Giroud comme Lacazette). Il avait parfois tendance à ralentir le jeu de son équipe et jouer un peu trop la carte individuelle. Mais, à défaut de porter le collectif, le Chilien donnait une autre dimension à sa formation lorsque celle-ci était décidée à emboiter le pas (de charge) de son plus beau (et rare) guerrier. En perdant Alexis, Arsenal a perdu son meilleur joueur, son meilleur buteur et un modèle de combativité sur lequel ses coéquipiers auraient dû prendre exemple plutôt que le stigmatiser et le laisser s’isoler.

Posted by on Jan 25 2018. Filed under Sports. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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