MMM… Paul Bérenger avec ses options et ses contradiction



Après avoir fait fuiter l’information à l’effet que son Bureau Politique allait se pencher sur trois options en vue d’affronter les prochaines élections générales, Paul Bérenger, fidèle à son habitude, a réuni la presse mercredi dernier pour démentir cette nouvelle. Or, nous savons tous comment fonctionne Paul Bérenger et son MMM avec tous ses suiveurs et autres chamchas dans la presse.

Cela fait des décennies que le MMM nous sert ce plat, c’est-à-dire faire circuler certaines rumeurs pour tâter le pouls de l’opinion publique pour ensuite venir tout démentir si jamais les échos ne sont pas au gout du Lider Maximo.

Ces deux dernières semaines, nous avons eu droit à ce même scenario. Un journal a pondu un article certifiant que le Bureau Politique allait se pencher sur trois options possibles dans le contexte des prochaines élections générales. Ainsi nous avons appris que malgré ses démentis formels, le MMM n’a pas encore rejeté l’idée de contracter une alliance électorale avec un autre parti. La deuxième option c’est que le MMM aille seul aux élections avec Paul Bérenger en tant que candidat au poste de Premier ministre pour cinq ans. La troisième option veut que le MMM aille seul mais avec un partage du poste de Premier ministre entre Paul Bérenger pour trois ans et soit Ajay Guness ou Madun Dulloo pour deux ans.

Une quatrième option a aussi été véhiculée, soit celle que le MMM présente Jyoti Jeetun comme Premier ministre.

Tous les observateurs politiques aguerris aux pratiques ayant cours au MMM depuis les années 70 savent qu’il y a beaucoup de vérités dans ce qui a été publié parce que tous sont unanimes à maintenir que malgré les affirmations de Paul Bérenger, il est très invraisemblable que l’option préférée soit que le MMM affronte l’électorat seul avec Paul Bérenger en tant que candidat au poste de Premier ministre.

Dans son histoire, il n’y a que trois fois que le MMM a affronté l’électorat et à chaque fois par la force des choses. C’est un fait que Paul Bérenger lui-même n’est pas partisan de cette option parce qu’il est habité d’une phobie l’empêchant d’assumer ce rôle. Au summum de sa popularité en 1982, alors qu’il pouvait facilement gagner les élections seul, le MMM est allé chercher Harish Boodhoo, dissident du Parti Travailliste avec son PSM qu’il venait de créer en obtenant 18 tickets et le poste de No 2 du gouvernement.

En 1976, ce n’est qu’après l’échec des négociations avec le Parti Travailliste de sir Seewoosagur Ramgoolam que Paul Bérenger dut se résigner à aller seul aux élections et dans ce cas également il n’a pas pu assumer parce qu’il est allé trouver sir Anerood Jugnauth pour le placer à la tête du MMM.

En 2010, la dernière fois que le MMM est allé seul aux élections, une fois de plus après ne pas avoir pu conclure une alliance avec le Parti Travailliste qui préféra le MSM, Paul Bérenger est allé chercher Ashock Jugnauth comme paravent hindou pour tenter d’obtenir une majorité. Mais nous savons comment toute cette histoire a pris fin. N’oublions pas que déjà à l’époque Paul Bérenger avait mené Madun Dulloo en bateau en 2008 pour lui faire abandonner son maroquin ministériel en lui promettant, avec contrat signé, qu’il serait présenté en tant que candidat au poste de Premier ministre pour deux ans et demi aux côtés du leader du MMM. Il n’en fut rien, Ashock Jugnauth ou Madun Dulloo mordant la poussière.

Nous sommes aujourd’hui en 2018 et les élections générales sont prévues l’année prochaine ou en 2020. Le MMM n’est plus le parti qu’il était en 1976 ou 1982. Le parti n’est plus convoité parce qu’il s’est décrédibilisé et son leader lui-même a perdu tout le respect dont il jouissait à l’époque. Le MMM a subi plus de dix défaites électorales successives depuis 2005 et la dernière débâcle remonte à décembre de l’année dernière quand son candidat Nita Juddoo n’a récolté que 14% des faveurs de l’électorat. Le MMM n’avait jamais connu tel débâcle de son histoire et son leader, qui a toujours voulu faire croire que le parti était plus fort que jamais, a fini par assommer les mauves qui ont aussi connu plusieurs défections dans leurs rangs.

Qui aurait cru qu’un jour Ivan Collendavelloo, Alan Ganoo, Steven Obeegadoo allaient abandonner le navire et Paul Bérenger à son sort. Il n’y a pas que des cadres qui sont partis mais aussi des militants de la base et de longue date qui sont déboussolés, désemparés et frustrés. Ils ont préféré prendre leurs distances du MMM plutôt que de continuer d’applaudir pendant que Paul Bérenger et ses suiveurs faisaient leur vilain.

Donc aujourd’hui plus que jamais rien ne va plus au MMM. Personne ne veut de Paul Bérenger et de son parti pour alliés. Le MMM n’a plus aucun attrait ni aucun atout. Toutes les négociations échouent parce que personne ne veut entendre parler des conditions imposées par Paul Bérenger et sa bande. Paul Bérenger a donc lancé un ballon sonde la semaine dernière pour avoir une idée précise de la situation alors qu’il sait très bien que c’est perdu d’avance. Les militants qui sont encore là, il n’y en a pas beaucoup, ne veulent pas entendre parler d’alliance alors que le salut même du MMM pour sauver les meubles se trouve dans la conclusion d’une alliance. Avec qui, ça c’est une autre histoire.

Voilà où nous en sommes avec Paul Bérenger, ses options et ses contradictions, mais ce que ce dernier ne veut pas accepter c’est qu’il suffit qu’il s’efface pour que le MMM ait à nouveau une chance de briller dans le champ politique à Maurice. Tout comme il suffit que Navin Ramgoolam s’efface, regagne la brume londonienne pour écrire ses mémoires pour que le Parti Travailliste retrouve son lustre d’antan.

Mais Navin Ramgoolam et Paul Bérenger ne veulent pas l’entendre de cette oreille. Ils ont fait tellement de mal au pays et à leurs partis qu’ils préfèrent vivre dans le déni et continuer de faire croire à leur entourage qu’ils ont encore quelque chose à donner.  Toutefois, il ne faut pas oublier que nous sommes à Maurice et qu’il se pourrait que contre toute attente, l’électorat décide de donner du sérum à nos deux compères. Ce serait un véritable désastre pour le pays car cela équivaudrait à dire aux générations futures que nous les condamnons à la perdition.

Posted by on Nov 26 2018. Filed under Featured, Politique. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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