Départ de Lutchmeenaraidoo



  • Faire preuve de sérénité et en profiter pour insuffler un nouveau dynamisme au gouvernement

 

  • La logique veut que les élections générales aient lieu l’année prochaine

En 2014, Vishnu Lutchmeenaraidoo m’avait fait appeler à l’hôtel Henessy Park, un après-midi, pour m’annoncer qu’il était le seul membre du bureau politique du MMM, qui avait voté contre la fin du remake MSM-MMM. J’en avais fait une exclusivité chez Top FM. Puis les évènements se sont enchaînés. Il y a eu cette annonce de son retrait en politique 24 heures avant de revenir au-devant de la scène avec l’Alliance Lepep et promettant un miracle économique. Le destin a voulu que jeudi dernier, Vishnu et moi, nous nous croisions, par hasard, à l’hôtel du gouvernement et que l’on échange des politesses en promettant de déjeuner ensemble la semaine prochaine comme au bon vieux temps. Sans qu’il m’annonce qu’il avait déjà démissionné.

Oui. A une époque nous discutions beaucoup sur l’évolution notamment de l’Afrique et de l’économie mondiale. Une fois installé aux Finances, en 2014, Vishnu Lutchmeenaraidoo, n’avait pas de baguette magique comme en 1983 pour redonner un second souffle à l’économie. Il faut reconnaître que le conflit avec Roshi Badhain l’avait éreinté même s’il avait bénéficié du soutien sans faille de Pravind Jugnauth. Mais dans l’ensemble, ce fin intellectuel n’avait pas retrouvé sa superbe. Je crois que sa démarche de jeudi dernier se trouve dans la difficile équation de concilier ses croyances dans l’humanité avec sa vie spirituelle.

En attendant de débattre de cette épineuse question, il faut voir et comprendre les enjeux et les options qui s’offrent à nous et surtout à la population. D’abord, il n’y a pas d’impact sur le calendrier des élections. Le gouvernement dispose de 240 jours pour organiser la partielle qui devrait se tenir au plus tard le 16 novembre 2019. Comme en 1987 ou en 2005, cette échéance pourrait ne jamais venir avec le Premier ministre qui peut dissoudre le parlement à la veille de la partielle pour aller dans les élections générales vers fin janvier ou en février.

Il ne faut pas céder à la panique mais faire preuve de sérénité et en profiter pour insuffler un nouveau dynamisme au gouvernement. La nomination de nouveaux ministres va certainement aider notamment à L’Environnement, à l’Egalité des Genres mais aussi aux Affaires étrangères.

Puis, il y a les échéances à ne pas rater, d’abord avec la présentation du budget en juin. Suivi bien sûr des Jeux des Iles de l’océan Indien du 19 au 28 juillet. Sans compter l’incontournable Métro-Express dont l’inauguration se fera en présence de Narendra Modi en septembre et la fête Divali en octobre. Il y aura la période des examens PSAC, SC et HSC en novembre et les fêtes de fin d’année. La logique veut que les élections générales aient lieu l’année prochaine.

Concernant mon ami Vishnu Lutchmeenaraidoo, nous ne ferons pas ici-bas son procès. Mais nous estimons qu’il n’aurait jamais dû abandonner les habitants de sa circonscription après son élection. Encore moins ce gouvernement dans une période cruciale où l’opposition est à terre. Car il est le seul élu qui a pu retrouver le même maroquin ministériel après 25 années de disette. Pour beaucoup, c’est désormais le chant du cygne car ils voient mal comment Lutchmeenaraidoo pourrait rebondir.   Mais on sait qu’il a une culture de recul et étant une personne qui n’aime pas perdre des amis, il saura faire le bon choix.

Comme l’a dit Mahen Jhugroo, la population aura à choisir le modèle qu’il veut pour ses enfants. Et à cela, Pravind Jugnauth n’a pas de concurrent. D’autant que pour l’heure, il n’y a pas le feu au sein du gouvernement.

Jimmy Jean-Louis

Posted by on Mar 26 2019. Filed under Opinion. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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