Rencontre avec le Deputy Chief Whip … Ravi Rutnah : « Voir le fils d’un receveur d’autobus devenir avocat international et député ne plaît pas à certains journalistes racistes »
- « Je lance un défi à Navin Ramgoolam de poser sa candidature à l’élection partielle du No 7 »
- « L’affaire MedPoint aurait été un piège de Navin Ramgoolam et du PTr pour détruire l’avenir politique de Pravind Jugnauth »
Né dans une famille très modeste du milieu rural, il a fait ses preuves comme un avocat brillant. Lorsqu’il parle, il dérange les membres de l’Opposition, voire même une section de la presse. Mais il n’a pas froid aux yeux. Il n’est nul autre que Ravi Rutnah, Deputy Chief Whip du gouvernement. Dans une interview, accordée à Le Xournal, notre invité de la semaine dénonce énergiquement l’attitude de ses adversaires politiques et de certains journalistes et exprime ses points de vue sur plusieurs sujets d’actualité, ainsi que sur la performance du gouvernement MSM-ML et le rôle de l’opposition.
Sanjay Bijloll
Q : Vous êtes le souffre-douleur de la presse mauricienne. Comment vivez-vous toutes ces attaques contre vous ?
R : En principe, il y a deux journaux qui m’attaquent presque chaque semaine. Dois-je citer leurs noms tellement ils sont dégoûtants ?
Je peux comprendre qu’un grand groupe raciste ait son agenda et que ses journalistes n’aiment pas voir le fils d’un receveur d’autobus devenir avocat international et éventuellement membre du parlement qui fait partie d’une centaine de personnes qui prennent part au processus des décisions du pays.
Ils sont vachement jaloux des personnes comme moi qui viennent d’un ‘background’ très modeste et du milieu rural.
D’autres choses les dérangent, c’est que je ne suis pas un fumeur de gandia, pas alcoolique, je n’aime pas le dévergondage sexuel, ou je ne suis pas un ‘pole dancer’ comme certains dans leurs rédactions. Mais étant donné que je crois dans la liberté d’expression, je laisse les vrais voyeurs aboyer et moi et je fais mon travail.
Cette campagne de dénigrement systématique contre moi, en fait, me rend service car il y a beaucoup de gens qui finalement sympathisent avec moi, surtout ceux qui habitent dans ma circonscription.
Je n’aime pas poursuivre des journalistes en raison de ma formation en droits humains internationaux. Mais là, je pense que la situation est devenue si alarmante que je commence à faire des exceptions. J’entamerai, dans les jours à venir, des poursuites en civil contre certaines publications.
Q : Donc vous êtes « ene zenfant contrôllère bis »… Votre brillant parcours à un si jeune âge serait la raison qui dérange vos détracteurs ?
R : C’est exactement ça. Il y a beaucoup de gens qui sont si complexés de par leur supériorité qu’ils pensent que la profession d’avocat et la politique appartiennent à une certaine clique. Mais ils ne savent pas que l’intelligence, le courage, le caractère et l’attitude sont primordiaux pour un avocat et pour un politicien de haut calibre.
Q : Même votre épouse n’a pas été épargnée par cette hargne relayée par certains députés au parlement…
R : Généralement, quand les adversaires politiques, que ce soient les partis politiques et autres journalistes politiques, n’ont pas d’arguments valables pour m’attaquer, ils essayent de faire des attaques personnelles contre les membres de ma famille.
Parfois, ils tombent dans la bassesse pour inventer des mensonges et les coller sur mon dos. Mais l’attaque sur moi et mon épouse a un effet ‘boomerang’ sur les adversaires, qu’ils soient politiciens ou journalistes.
Vous savez très bien que je suis une personne intègre. Le jour que quelqu’un me montrera le doigt, je le brûlerai.
Q : Comment s’annonce votre position au sein de la circonscription No 7 où une partielle s’annonce bientôt ?
R : Premièrement je lance un défi aux PMSD, MMM et MP de participer à cette élection parce que je vous garantis qu’ils ne vont pas obtenir une caution comme ce fut le cas pour le PMSD, qui avait pris part à l’élection partielle au No 18 (Belle Rose/Quatre-Bornes).
Quant au Parti Travailliste, je lancerai également un défi au leader, Navin Ramgoolam, de poser sa candidature. Je suis sûr qu’il va obtenir une sacrée raclée.
Q : En tant que juriste, que pensez-vous de l’affaire Betamax ?
R : L’affaire Betamax est un vrai scandale que le Parti Travailliste de Navin Ramgoolam avait scellé avec un contrat en béton qui était fait à l’encontre de la Public Procurement Board Act. D’ailleurs, le ‘full bench’ de la Cour suprême a statué que le contrat était illégal.
Sous l’ancien régime, on avait constaté qu’il existait une culture de fraude, de corruption, de favoritisme, de népotisme, de gaspillage des fonds publics ainsi que des grosses fortunes dans des coffres-forts.
Malgré le fait que la Cour suprême a tranché en faveur du gouvernement en ce qui concerne l’affaire Betamax, vous avez vu l’attitude de Navin Ramgoolam ?
Dans sa conférence de presse, il a déclaré que la famille Bhunjun pourrait décider de faire un appel au Privy Council.
Je dois dire que l’ancien gouvernement PTr/PMSD avait un agenda caché pour dilapider l’économie mauricienne à travers des affaires comme Betamax, CT Power et autres.
Mais nous avons pu arrêter ce genre d’abus. D’ailleurs, quand on est arrivé au pouvoir, on avait à faire face à la saga BAI, dont des milliards ont été transférés dans d’autres juridictions du monde et finalement c’est le peuple et le gouvernement qui a remboursé les ‘policy holders’ du groupe BAI.
Q : Dans l’un des moments les plus difficiles de sa vie, vous êtes monté au créneau dans l’affaire Medpoint pour défendre Pravind Jugnauth. Quel regard portez-vous sur la déclaration de Reza Uteem au parlement à ce sujet la semaine dernière ?
R : C’est honteux. Ce genre de personnes pensent que : « Pile je gagne, face aussi je gagne ». Il faut rappeler à Reza Uteem que quand l’affaire Betamax avait commencé en 2009 le MSM n’était pas au gouvernement. Or, c’était Rajesh Jeetah qui aurait rencontré le propriétaire de MedPoint. Il aurait déjà finalisé l’achat du MedPoint. Cette affaire a été un piège de Navin Ramgoolam et du PTr pour détruire l’avenir politique de Pravind Jugnauth.
Mais les instances judiciaires ont donné gain de cause à Pravind Jugnauth, qui, en effet, n’avait aucun conflit d’intérêt dans l’affaire MedPoint. Les jugements des cinq Law Lords du Privy Council est une vraie claque pour les PTr, PMSD, MMM et en particulier Reza Uteem.
Q : Il y a également les victoires dans l’affaire CT Power et les Chagos. Décidemment tout réussit au gouvernement, n’est-ce pas ?
R : Bien sûr. On connait très bien qui était derrière l’affaire CT Power, qui est un autre scandale de l’ancien régime PTr/PMSD. Mais aujourd’hui, les Law Lords ont encore une fois donné raison à Ivan Collendavelloo qui avait résilié le contrat de CT Power.
Par ailleurs, je pense que les Chagos représentent la victoire du siècle pour l’île Maurice et le peuple chagossien. Ça aussi est une autre claque pour nos adversaires politiques, surtout pour Paul Bérenger, qui rappelons-le, avait dit : « Dix votes zotte pas pou gagné ».
Q : Quel est votre appréciation du budget 2019/2020 ?
R : Contrairement à nos adversaires qui font croire que ce budget est décevant et ne contient rien pour relancer l’économie, moi je suis catégorique et je dis ceci : Pravind Jugnauth a déjà dans son budget précédent relancé l’économie du pays pour atteindre un miracle économique.
Le budget 2019/2020 est un budget de continuité qui soulage toutes les couches de la population. On se souvient qu’auparavant, à la veille du budget, la population avait peur que les denrées alimentaires allaient augmenter et le gouvernement n’accorderait plus des subsides pour les produits de base. On avait même parlé de « serre ceinture ».
Or, on a constaté que Pravind Jugnauth, budget après budget, a consenti des efforts supplémentaires pour soulager le fardeau des pauvres et de la classe travailleuse.
Ce budget comprend aussi des mesures positives pour les Petites et Moyennes Entreprises (PME). Cette année, le Premier ministre et ministre des Finances a situé l’importance de la création d’une « Medium Entreprise », qui permettra aux entreprises ayant des chiffres d’affaires de Rs 50 à 250 millions de bénéficier des facilités bancaires, entre autres.
Q : Que pensez-vous de l’Opposition ces jours-ci ?
R : L’opposition est en train de gazer. Techniquement, les membres de l’opposition savent très bien qu’ils ne pourront faire des critiques constructives ou en substance. C’est pour cette raison que durant les débats budgétaires, ils sont répétitifs et sont ‘parrot-fashion’ dans leurs discours.
C’est une opposition qui est complètement divisée et bat en retraite. Cette opposition sait très bien que lors de la prochaine joute électorale, les MMM, PMSD, MP disparaîtront de la scène politique.
Q : Le mot de la fin ?
R : On sera là l’année prochaine pour continuer à œuvrer pour le pays, la population, nos enfants, mais aussi pour bâtir une île Maurice meilleure – de demain – où il fera bon vivre sous le régime MSM-ML.












