Mort suspecte du gouverneur de la banque centrale de Madagascar ?



Le gouverneur de la banque centrale de Madagascar, Guy Ratovondrahona, est décédé d’une attaque en plein travail dans son bureau lundi dernier. Peu de personnes, y compris la presse malgache et la famille du défunt croient en une mort naturelle.Selon Madagascar Tribune, La brutalité de ce décès a suscité la stupeur au sein de sa famille, dans la mesure où l’on n’avait pas détecté auparavant chez le défunt de risques cardiaques particuliers.

À travers les colonnes de nos confrères de l’Express de Madagascar, le candidat aux présidentielles Patrick Rajaonary n’y va pas par quatre chemins : « On a tué le gouverneur » affirme-t-il. En tout cas, certains collaborateurs de la Banque centrale relèvent que le gouverneur avait commencé à se plaindre de malaise le jeudi 5 septembre, au lendemain d’une longue réunion de la Commission de supervision bancaire et financière (CSBF) qui avait été réunie en urgence.

Cette réunion de la CSBF aurait retourné de manière spectaculaire une autre décision que la même CSBF aurait prise à peine quinze jours auparavant, soit le 21 août. Cette première décision de la CSBF refusait un projet de cession par le Crédit Agricole (France) de sa part majoritaire (51%) au sein de la banque BNI Madagascar. Le Crédit Agricole entendait vendre ses actions à un consortium composé du Groupe Ciel (Maurice), de la banque mauricienne Bank One et du groupe Hiridjee, essentiellement connu à Madagascar comme étant le propriétaire de la société First Immo et de l’opérateur téléphonique Telma, privatisé en 2004.

 

 

La mort  du gouverneur est un meurtre. Dans les colonnes de l’Express de Madagascar, Patrick Rajaonary n’y va pas par le dos  de la cuillère pour qualifier cette disparition subite du gouverneur de  la Banque centrale, à 67 ans, avant-hier. Il parle en connaissance de  cause étant donné que le gouverneur, un ami de longue date, lui aurait  fait des confidences sur ce qui se trame dans la cession de la BNI  Madagascar, depuis quelques semaines. Un groupe indien, un groupe  mauricien et un groupe malgache sont sur les rangs. Rien de mal  jusque-là sauf que le rachat d’une banque est régi par une loi.
« Il faut que le rachat soit effectué par une banque de référence. Ce qui  n’a pas été le cas puisque la banque sur les rangs est loin de remplir  cette condition. Le gouverneur a dû subir, alors, des pressions pour que  l’opération se fasse coûte que coûte. On lui aurait forcé à signer le  contrat tout en lui permettant d’émettre des réserves. Cela a pesé sur  sa conscience et il ne l’a pas supporté », révèle le candidat à l’élection présidentielle qui n’entend pas  profiter de ce drame pour en faire un sujet de campagne. « Ce qui est en  train de se passer est beaucoup plus important qu’une élection. Il faut  que les Malgaches le réalisent et réagissent car, une mafia est en  train de mettre le pays en coupe réglée », martèle-t-il. « Cette cession  de la BNI Madagascar en est la preuve. C’est un véritable hold-up avec  la complicité des hautes autorités car, l’État détient 34 % des actions  de la BNI. Elle est, en tous points, illégale et risque de ternir  davantage l’image déjà souillée de Madagascar à travers le monde »,  affirme avec conviction l’ancien patron de la Papmad.

Il  soutient mordicus que cette opération risque d’avoir des conséquences  très graves pour l’économie et les investissements. « Elle apporte la  preuve que plus rien n’est respecté à Madagascar durant cette  Transition. C’est vraiment la loi de la jungle comme le classement au  Doing business le prouve d’ailleurs », déplore l’opérateur originaire de Fandriana. « Outre l’instabilité politique, l’insécurité des investissements  constitue un blocage majeur pour le développement », enchaîne celui qui avait osé tenir tête à l’État en refusant de payer  les droits d’accises en 1999, quand il était à la tête du SIM. Il  récidive, cette fois, en criant au scandale. « En tant que citoyen et  patriote, j’interpelle les autorités politiques, administratives,  militaires ainsi que mes collègues opérateurs pour que ce pillage  systématique cesse ».
Patrick Rajaonary souligne que le personnel de  la BNI Madagascar est le premier à s’inquiéter de cette cession. « Rien  ne garantit que l’avenir du personnel sera assuré. Quand la BNI a été  privatisée en 1999, beaucoup d’employés avaient été déflatés. Le même  scénario risque de repasser », anticipe-t-il. Mais les conséquences risquent d’être plus graves au  niveau de l’équilibre financier du pays. « Si la BNI Madagascar change de propriétaire, beaucoup de ses clients pourraient partir vers d’autres banques, étant donné que la  confidentialité des comptes risque de ne plus être assurée à l’allure où  les choses se passent. Les autres banques doivent ainsi augmenter leur  capital pour pouvoir absorber cette masse d’argent subite. Avec la  dévaluation qui pend au nez dès que la situation se normalise, c’est  tout le système financier qui s’expose à une secousse tellurique », argumente l’ancien directeur administratif et financier de ARO. Une  vraie bombe dont tous les Malgaches risquent d’être les victimes.

 

Posted by on Sep 11 2013. Filed under Actualités, Economie, Featured. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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