Faratatiana Razanabahoaka, championne du monde junior de kick boxing, s’inspire de Mike Tyson



Par Dina Razafimahatratra

A voir l’arrivée triomphante de la délégation malgache de kick boxing de retour des championnats du monde de kick boxing à Rimini en Italie, on peut vraiment dire que Madagascar est bercé par les exploits sportifs de deux jeunes combattants, à savoir Justin Zafy Mariamo dit Lavakely et Faratiana Razanabahoaka, devenus champions du monde respectivement chez les cadets +47kg kick light et chez les juniors filles +52kg low kick. Après le titre obtenu par Madagascar au Masters de pétanque et ces deux titres de champions du monde en kick boxing, on peut dire que le mois de septembre a vraiment été une bénédiction pour le sport malgache.

Même avec la mésaventure des lutteurs malgaches aux championnats du monde, ce revers est masqué par ce franc succès planétaire. L’émotion était tout simplement à son comble pour ces deux champions du monde à l’aéroport Ivato vendredi dernier et dans cette liesse populaire, l’inflation, la situation économique ainsi que la vie politique du pays ont été momentanément oubliés.

La championne du monde Faratiana Razanabahoaka nous intéresse particulièrement par son parcours remarquable. A 17 ans et du haut de son mètre 58 et de ses 51 kg, cette combattante du club du 3FB a réussi à se hisser sur le toit du monde. Issue d’une famille très modeste, elle s’est consacrée au sport depuis son tout jeune âge et à pu s’épanouir en récoltant de bons résultats sur le plan international.

Elle a débuté avec la boxe anglaise et a goûté de la savate mais c’est finalement par le biais du kick boxing qu’elle réussi à monter sur la plus haute marche du podium mondial. « Évoluer aux championnats du monde de Rimini, c’est quelque chose dont j’ai toujours rêvé de faire. La concurrence était là, notamment avec les Françaises et les Russes qui sont très fortes techniquement. Avec l’encadrement de leur coach, elles se sont donné tous les moyens pour gagner. Elles ont filmé mes combats en vidéo et ont tout visionné, regardant mes points forts, notant mes faiblesses mais heureusement que cela n’a pas suffi à me déstabiliser car dans ma tête, je ne voyais que la victoire », raconte Faratiana Razanabahoaka.

Tout comme Lavakely, Faratiana Razanabahoaka a mis en sourdine ses études et ses cours particuliers il y a un an et demi pour s’entraîner à devenir championne du monde. Elle s’est juste contentée de suivre des cours de français et d’anglais pour pouvoir l’aider à communiquer lors de compétitions de kick boxing à l’étranger. A ses yeux, ses entrainements quotidiens remplaçaient son programme d’études scolaires et les quatre murs de son club de kick boxing étaient devenus sa salle de classe où elle s’est entraînée 28 heures par semaine pour atteindre ses objectifs. « Dans la vie, il faut se fixer des objectifs pour avancer et tout faire pour les atteindre. Moi, je suis devenue championne du monde parce que je l’ai voulu, que je m’en suis persuadée et que j’ai travaillé dur pour y arriver. J’ai voulu suivre les traces d’un certain Mike Tyson, qui ne fait certes pas du kick boxing mais qui m’a tout simplement inspirée et impressionnée par la vitesse de ses bras et par son mental très solide. Pour l’heure, je n’ai pas de soucis et je savoure ma victoire. Les gens pensent peut être que je ne réfléchis pas suffisamment à mon avenir mais au fond de moi, je rêve de décrocher un emploi lié à ma passion qui me fera vivre, qui me permettra de me marier et de devenir mère plus tard comme toutes les femmes. Il me faut juste y croire et vivre pleinement et passionnément », dit cette jeune fille.
Après ce succès phénoménal, Faratiana Razanabahoaka espère avoir une réelle considération de la part de l’Etat malgache. Il est vrai que le gouvernement lui a octroyé une prime d’un million d’ariary, soit l’équivalent de 410 dollars américains, mais la jeune femme espère plus. “Retrouver les bancs de l’école afin de pouvoir décrocher le baccalauréat avant mes 20 ans serait mon souhait. Si l’Etat peut m’accompagner plus tard dans un cursus universitaire, m’aider à trouver un métier honorable, qui me permettra de continuer à faire du kick boxing, ce serait vraiment extraordinaire”, avoue Faratiana Razanabahoaka, plus soucieuse pour son avenir professionnel que sportif.
S’il y a une chose que l’Etat malgache pourrait faire concrètement et dans un futur immédiat pour cette jeune fille qui a beaucoup de détermination, c’est la prendre en charge et lui faire rencontrer plusieurs groupes de jeunes malgaches afin qu’elle les inspire à se dépasser, quelque soit leur domaine de prédilection. En bref, l’aider à devenir un modèle pour les jeunes.

PHOTO PORTRAIT FARATIANADina Razafimahatratra est journaliste en freelance. Cet article fait partie du service d’information de Gender Links qui apporte des perspectives nouvelles à l’actualité quotidienne.

Posted by on Oct 13 2014. Filed under Monde. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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