Enquête ou vendetta politique ? Le gouvernement offre-t-il un pont d’or à Navin Ramgoolam pour un comeback politique ?



• La CCID évite de faire le lien entre le vol au campement et la mort de Ramdhony
• Affaire Ramdhony -La Senior District Magistrate Shefali Ganoo : « C’était un suicide »

Lorsqu’il est conduit un 26 décembre aux Casernes Centrales, Pravind Jugnauth obtient une vague de sympathie déclenchée entre autres choses par l’indignation populaire, la révolte des radios privés et la présence du leader de l’Opposition, Paul Bérenger. Si ce dernier lui a éviter de passer une nuit en prison, il lui a permis de surfer sur la vague « anti-dominere » qui lui a propulsée au panthéon politique le 11 décembre dernier.

Aujourd’hui les rôles sont inversés et la Central CID se met en quatre pour plaire à ses nouveaux maîtres. Ce n’est certainement pas de cette manière que la démocratie sera renforcée. On ne peut que s’indigner et condamner les viles attaques contre la vie privée de Pravind Jugnauth dans la dernière campagne électorale. Mais de là, à faire une vendetta politique contre ceux qui sont interpelles, laissent perplexe plus d’un. Quelle est la stratégie politique de la CCID ou du MSM.

Serait-ce de transformer Navin Ramgoolam en martyr politique, un titre qu’il ne mérite pas du tout, et de le permettre de renaitre de ses cendres. Certainement pas ! Or toutes les actions actuelles mènent vers cette tendance. Nous ne pouvons qu’être inquiet car ces soi-disant enquêtes risquent d’entamer la sérénité politique d’un gouvernement qui mise beaucoup sur la paix sociale.

Bande sonore contre la famille Jugnauth… Mahen Utchanah arrêté

En effet, le Campaign Manager de la défunte alliance Rouge- Mauve au numéro 7 a passé la nuit en détention policière. Mahen Utchanah a été convoqué aux Casernes centrales vendredi pour fournir des informations sur la provenance de la bande sonore diffamant Kobita Jugnauth. Celle-ci avait été diffusée lors du meeting qu’il avait présidé dans la nuit du 8 décembre, à Rivière-du-Rempart. Il a été interrogé under warning pendant plus de six heures avant d’être conduit en détention policière. Mahen Utchanah a fait prévaloir son droit au silence jusqu’ici. Il nous revient qu’il y ait une possibilité que l’ancien premier ministre pourrait être convoqué pour un interrogatoire under warning dans cette affaire au début de 2015.

Donc le Navin Ramgoolam pourra être interrogé sur l’Affaire Roches Noires. Pour rappel, l’enquête a débuté à la veille de Noël. Mais on parle aussi de Jayen Cuttaree qui était présent à Rivière-du-Rempart lors de la diffusion et aussi du retour de Pradeep Jeeha au central CID pour un interrogatoire formel.
Les hommes de l’assistant commissaire de police (ACP) Hemant Jangi comptent interroger ces ex-candidats au poste de président et de vice-président d’une IIe République sur la diffusion de cette bande lors d’un meeting de l’alliance de l’Unité et de la Modernité dans la soirée du lundi 8 décembre à Rivière-du-Rempart. L’ex-Premier ministre et l’ex-leader adjoint du MMM étaient sur l’estrade lorsque l’ex-Campaign Manager travailliste Mahen Utchanah a fait jouer ladite bande. «Mo ena ene sirpriz pou zot», a lancé l’ancien ministre des Services publics de sir Anerood Jugnauth à son auditoire quelques secondes avant que la bande ne soit diffusée.

Mahen Utchanah devrait être le troisième suspect provisoirement inculpé après le couple Ramnarain dans cette enquête pour le délit de diffamation criminelle contre le leader du MSM et son épouse, Kobita Jugnauth.

Rakesh Gooljaury convoqué ?
L’homme d’affaires qui se trouvait au campement du Premier ministre le vers 9 h 20 le 3 juillet 2011 lorsqu’il a rapportee un cas de vol. Ce dossier porte la référence 2927/11. Il avait soutenu que vers 1 h 30 le 3 juillet 2011, un intrus s’était introduit dans le bungalow de Navin Ramgoolam et avait fait main basse sur une somme de Rs 20 000. Une histoire de vol de Rolex figure également dans ce dossier. Navin Ramgoolam devra être entendu lors de l’ultime étape de cette enquête, car il se confirme qu’après ces incidents survenus à 1 h 20 le 3 juillet 2011, il aurait fait le déplacement de sa résidence à Riverwalk, Floréal, pour se rendre à son bungalow de Roches-Noires. La police pourrait revoir certains aspects de ces dépositions. Rakesh Gooljaury a déjà retenu les services d’un éminent légiste pour le défendre. Il s’en tiendra à sa version initiale.
La Central CID évite de faire une relation directe de cause à effet entre le cambriolage allégué du bungalow de Roches-Noires du 3 juillet et la mort d’Anand Kumar Ramdony en cellule policière à Rivière-du-Rempart le 30 juillet 2011.

Enquête judiciaire
La Senior District Magistrate Shefali Ganoo : « C’était un suicide »
La magistrate Shefali Ganoo a statué, dans son ruling du 31 décembre 2012, que la mort d’Anand Kumar Ramdhony en cellule est un suicide. Le Dr Gungadin, CPMO, avait expliqué qu’il s’agissait d’une pendaison partielle alors qu’un autre détenu a dit avoir entendu des coups. « C’était un suicide ». C’est ce qu’a soutenu la Senior District Magistrate Shefali Ganoo s’agissant de l’enquête judiciaire instituée par le Directeur des poursuites publiques. Anand Kumar Ramdhony a été trouvé mort dans sa cellule alors qu’il était en détention préventive au poste de police de Rivière-du-Rempart dans les petites heures du matin du 30 juillet 2011. Une affaire qui s’est propulsée sous le feu des projecteurs avec des allusions à une montre qui aurait été volée à un politicien.

Plusieurs témoins ont déposé dans cette enquête judiciaire dont le Dr Sudesh Kumar Gungadin, Chief Police Medical Officer (CPMO). Pour lui, tous les signes indiquent qu’Anand Kumar Ramdhony a mis fin à ses jours. Après l’autopsie le 30 juillet 2011, ses conclusions indiquaient qu’il s’agissait d’une asphyxie causée par la pendaison. Il a expliqué comment le détenu est mort d’une pendaison partielle à 80 cm du sol.

Le 17 juillet 2011, un cas de vol avec effraction est rapporté à la police par Marie-France Bigaignon. La montre de cette dernière avait disparu de sa comode et elle soupçonnait son mari avec qui elle était en instance de divorce depuis plus de deux ans. Quelques jours plus tard elle a donné une autre déposition, demandant à la police de retrouver sa montre. Jacques Bigaignon devait alors avouer son méfait aux policiers et affirmer qu’il aurait vendu la montre à Anand Kumar Ramdhony.
Ce dernier devait alors être arrêté et une charge provisoire de possession of stolen property logée contre lui devant la cour de Pamplemousses. La police devait alors objecter à sa remise en liberté conditionnelle car l’enquête n’était pas terminée. Jacques Bigaignon était aussi en détention dans une autre cellule de Rivière-du-Rempart le soir du décès de Ramdhony. Il a déclaré avoir entendu des bruits : « Monn tann boup bap boup bap. »

L’incident est survenu vers 4 h du matin le 30 juillet 2011. Le surintendant de police (SP) Kallee a assuré à la Cour que toutes les procédures ont été respectées lors de l’arrestation. Le haut gradé a aussi déclaré que selon les informations de la police, Jacques Bigaignon et Anand Kumar Ramdhony étaient mêlés dans d’autres affaires de larcins dans la localité.

Vikash Ramessur, Forensic Scientist, a analysé les pièces à conviction de la cellule du défunt. Il a confirmé que le bout de tissu accroché au cou de Ramdhony a été déchiré du matelas avec ses dents. Des traces de salive d’Anand Kumar Ramdhony ont également été trouvées à l’endroit où la couverture a été déchirée.

Source : Le Journal du Dimanche

Posted by on Dec 30 2014. Filed under Actualités, En Direct, Featured, Politique. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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