Journée Mondiale de la Santé Alimentation saine : une Food Authority ou un Ombudperson pour mettre en pratique les Food Regulations
Lettre ouverte au ministre de la Santé et qualité de vie l’hon Anil Kumarsingh GAYAN
La Journée Mondiale de la Santé est célébrée aujourd’hui à Maurice comme ailleurs sous le thème : « From Farm to Plate: Make Food Safe ».
La grande question que l’on se pose à Maurice : est-ce que nous consommons une nourriture saine ? Est-ce que les normes d’hygiène et sanitaires sont respectées dans la préparation des fast foods ? Du simple marchand de gâteau piment à celui de dholl puri en passant par le notoirement connu KFC ou autres McDonald, est-ce que le mauricien est bien servi d’une nourriture qui garantit sa sécurité sanitaire ?
Selon les experts mondiaux de l’Organisation Mondiale de la Santé, l’absence des politiques concernant une alimentation saine est la cause de décès de quelque 2,2 millions de personnes y compris des enfants. Les rapports de l’OMS notent une utilisation abusive des produits chimiques telles les pesticides et autres fertilisants qui durant ces cinquante dernières années a augmenté de 170 fois. Conséquemment, les résidus chimiques dans les produits alimentaires entrent dans la chaîne de production alimentaire. Dans certains cas, même si les aliments ne contiennent aucune bactérie, virus ou parasites et des produits chimiques, des additifs et d’autres contaminants peuvent causer plus de 200 maladies différentes allant de la diarrhée au cancer. A Maurice, on a noté ces dernières années, malgré les campagnes de sensibilisation, un nombre croissant de maladies non transmissibles dont les maladies cardio-vasculaires, le diabète ou encore le cancer.
A Maurice, le gouvernement a déjà élaboré des « New Food Regulations », qui contient 521 Sections inspiré par des modèles Européens, du Royaume Uni, de l’Inde et de l’Australie entre autres. C’est un document moderne, avant-gardiste et qui pourrait amener un changement de mentalité dans le pattern de consommation dans le pays si les mesures prises sont mises à exécution. Une loi peut être des plus modernes, mais si son implémentation n’est pas effective, elle dormira dans un tiroir et assurera le repas des mites.
Donc pour la mise en application de ces règlements, il nous faudra des personnes compétentes car il ne faut pas perdre de vue que le secteur alimentaire, surtout la production de la nourriture destinée à la consommation du public, est un domaine scientifique où la rigueur doit être de mise. Il y a des éléments scientifiques à tenir en compte. Selon le Food Act de 1998 Section 3, le secrétaire permanent du ministère de la santé a le pouvoir de nommer ou de déléguer une personne pour assurer la mise en application des stipulations du ‘Food Regulations’.
Vu la complexité de cet exercice en raison de son implication scientifique, nous estimons, dans l’intérêt de la population, que l’île Maurice s’inspire du modèle européen où certains pays ont mis sur pied une « Food Authority », pour implémentation du Food Regulations et aussi veiller au grain que l’alimentation produite pour la grande consommation est saine et respecte toutes les normes de production, de la ferme jusqu’à l’assiette du consommateur, comme le dit si bien le slogan de cette année.
A défaut d’une Food Authority, l’île Maurice pourra également s’inspirer du modèle slovène pour nommer un « Ombudsperson for Food Regulations » afin que ce dernier implémente le Food Regulations.
Notre vœu en cette Journée Internationale de la Santé est que nous changions nos habitudes alimentaires où nourriture saine égale bonne santé.
Suttyhudeo Tengur
Président
7 avril 2015












