Pour sa deuxième arrestation en l’espace de trois mois… nouvelle nuit en cellule pour Ramgoolam
L’ancien chef du gouvernement jouira une nouvelle fois du confort spartiate d’une cellule policière ce samedi 16 mai. Après avoir passé la nuit au Moka Detention Centre hier, Navin Ramgoolam s’est en effet vu refuser la libération sous caution à la Bail and Remand Court aujourd’hui, après des débats très animés. La magistrate a en effet annoncé qu’elle rendrait son verdict demain, dimanche. L’inspecteur Dussoye, de la CCID, avait été appelé à témoigner. «Mr Navinchandra Ramgoolam is being investigated concerning a massive financial fraud involving BAI ltd where a sum of over 6 billion rupees has been taken to the prejudice of Super Cash Back Gold policy holders», a-t-il indiqué. L’inspecteur a aussi affirmé que l’ancien chef du gouvernement pourrait manipuler les preuves s’il est relaxé.
«I STATE THERE IS NOT AN IOTA OF EVIDENCE AGAINST ME»
Durant le contre-interrogatoire du témoin, Me Gavin Glover, l’avocat de l’ex-PM, a révélé que les enquêteurs avaient posé près d’une centaine de questions à son client avant de l’arrêter, hier. Sa seule réponse : «I state there is not an iota of evidence against me». L’avocat s’est également évertué à démontrer que les chefs d’accusation contre Navin Ramgoolam ne tiennent pas debout.
«Le jour de mon arrestation, j’ai dit que je défendrai ma réputation. Je n’ai nullement l’intention d’influencer les témoins», a indiqué l’ex-PM à la cour. Après une nouvelle nuit en cellule, il prendra connaissance de la décision de la cour demain, à 10 heures.
Selon nos informations, trois charges provisoires ont été retenues contre l’ancien Premier Ministre, soit forgery, money laundering et conspiracy. Pour rappel, il a été interrogé depuis ce matin aux Casernes Centrales dans l’Affaire Ottaman Capital. A noter qu’il a été arrêté dans l’affaire Bramer House. Navin Ramgoolam a été appelé à s’expliquer au sujet de l’aval officiel qu’il a accordé pour la vente à Ottoman Capital Ltd de 1 482 mètres carrés d’espace bureau à la Bramer House Ébène, appartenant à Bramer Property Fund. L’ancien Premier Ministre passera la nuit au Detention Centre de Moka et comparaîtra au Bail and Remand Court demain matin. Pour rappel, c’est la deuxième arrestation de NAVIN Ramgoolam dans l’espace de trois mois.
Plus tôt cette semaine, Le leader du PTr, Navin Ramgoolam, s’est repositionné sur l’orbite politique mardi après-midi en faisant un retour surprise à la réunion de l’exécutif du parti au square Guy Rozemont. « J’ai décidé de revenir par passion pour mon pays, pour mon parti. L’unité de mon parti est importante. Je ne peux pas permettre qu’on fasse le jeu de Jugnauth consistant à “finir” le PTr », a-t-il lancé lors d’un point de presse. La réunion d’hier a été marquée par le walk-out d’Arvin Boolell « au nom de la dignité ». Il a du coup abandonné sa fonction de porte-parole et a décidé de prendre un peu de recul.
Si la présence de Navin Ramgoolam à la réunion de l’exécutif d’hier a pris par surprise beaucoup de dirigeants de ce parti, dont Arvin Boolell et Shakeel Mohamed, elle était à l’évidence connue d’un petit groupe, ayant bien préparé son coup. Plusieurs agents connus du PTr à Triolet étaient présents dans les environs du bureau du parti. L’arrivée d’Arvin Boolell a été accueillie par un petit groupe hostile, entré dans la salle en scandant des slogans à l’encontre de l’ancien porte-parole et proférant des insultes et des menaces à son encontre. Arvin Boolell a de fait demandé, à un certain moment, au président du PTr, Patrick Assirvaden, de faire appel à la police pour mettre de l’ordre, mais ce dernier aura refusé. À la surprise quasi générale, le leader du PTr a ainsi fait son entrée à 16 h 30.
Aussitôt celui-ci arrivé, Arvin Boolell a préféré partir, estimant qu’il aurait dû être informé que Navin Ramgoolam serait présent. « Cela avait l’apparence d’un coup prémédité et bien monté », devait-il confier par la suite. À sa sortie, il devait avoir maille à partir avec un petit groupe d’activistes scandant des slogans pro-Ramgoolam et anti-Boolell. Ce dernier leur a cependant tenu tête en leur lançant : « Mette bien dan zot la tete, narien pas pour fer mwa per. » Il devait toutefois déplorer la présence de bouncers devant la porte du PTr.
Au Square Guy Rozemont mardi après-midi
Des bouncers perturbent la réunion de l’exécutif des rouges
Selon le Dr Arvin Boolell, des bouncers ont fait irruption dans la réunion de l’exécutif du Parti Travailliste tout en plaidant en faveur du leadership de Navin Ramgoolam. C’est une scène rocambolesque qui s’est déroulé au siège des rouges cet après-midi. Des gros bras ont fait irruption dans une réunion de finalisation de la liste des candidats pour les municipales.
Ces derniers ont affirmé que c’est Navin Ramgoolam qui doit décider de la liste des candidats. A l’intérieur, Arvin Boolell a demandé qu’on fasse appel à la police. Une démarche que lui aurait déconseillé certains autres membres présents
Le Parti Travailliste s’était réuni pour débattre des deux motions : (i) l’une pour l’enregistrement des rouges demains pour les élections et (ii) l’autre pour que ce soit le leader qui choisissent les candidats. De ce fait, le porte-parole du Parti Travailliste a effectué un walk-out. D’autres membres des rouges à l’instar de Yatin Varma ont emboîté le pas. Il a soutenu qu’il ne quittera pas son parti. Ils ont été hués par les pro-Ramgoolam. Son entourage affirme qu’il a eu vent que des agents de Triolet et des gros bras aller créer du désordre.
C’est triste dans la situation dans laquelle se trouve le Parti Travailliste aujourd’hui. C’est un acte prémédité explique les proches. Vers les 17h30, le Dr Navin Ramgoolam est lui arrivé au siège du Parti Travailliste.
Pour sa part, Arvind Boolell dit se donner un moment de réflexion et reproche à Navin Ramgoolam de ne pas tenir ses engagements. Il insiste que le Dr Navin Ramgoolam doit « step down ». Il se dit toutefois disposer à rencontrer ce dernier. Arvin Boolell n’est pas content du désordre causé par des gros bras lors de la réunion du comité exécutif du Parti travailliste mardi. Ni de l’arrivée inopinée du leader en congé Navin Ramgoolam à cette réunion où la liste des candidats aux municipales devait être finalisée. Il parle d’un coup monté et révèle qu’il renonce à son titre de porte-parole.
L’ex-PM fait son mea culpa. Même s’il se dit innocent de tout ce dont on l’accuse, Navin Ramgoolam admet avoir «fait confiance aux personnes qu’il ne fallait pas». Il a mentionné les noms de Mahen Gowressoo, Rakesh Gooljaury et Iqbal Mallam-Hasham. Nandanee Soornack fait aussi partie de cette liste, a-t-il confessé.
«Peu de gens acceptent avoir fait des erreurs. Moi, je l’accepte», a-t-il avancé, avant de mentionner sa femme, Veena. «Ma femme a excusé mes erreurs, et m’a offert son support», a-t-il ajouté. Dans ce qui ressemblait à une réaffirmation de ses pouvoirs de leader, l’ex-PM a également annoncé que le parti tiendra son congrès annuel le 20 septembre prochain. Le leadership du PTr sera «remis en question» à ce moment, a-t-il promis.
«Je n’ai jamais accepté de commission»
Navin Ramgoolam est ensuite longuement revenu sur ses problèmes avec la justice. Il a affirmé n’avoir «jamais de sa vie accepté une commission de qui que ce soit». Il a également évoqué l’affaire Ramdhony, expliquant que plusieurs enquêtes ont été initiées à ce propos, dont une enquête judiciaire et une autre de la Human Rights Commission. Toutes ayant conclu à un suicide, il se demande quelle est la raison pour laquelle le dossier a été rouvert au lendemain de sa défaite aux élections.
Il n’a pas non plus oublié de lancer quelques piques à ses plus féroces adversaires du moment, se demandant qui de Roshi Bhadain ou de sir Anerood Jugnauth dirige réellement le pays. Il a aussi accusé le PM d’avoir «frappé sur un cadavre» en s’attaquant à lui lors du meeting du 1er mai de l’alliance Lepep.
Interrogé sur ses relations avec Arvin Boolell, qui a quitté avec fureur la réunion du comité exécutif plus tôt dans la soirée après son apparition surprise, Navin Ramgoolam a affirmé n’avoir aucun problème avec le porte-parole du PTr. «Nous devons tous travailler ensemble pour le bien du parti», a-t-il avancé.












