AUX PETITES HEURES CE MATIN : L’ambassade de France prise pour cible



Des coups de feu à partir d’une arme de calibre 12 tirés sur la devanture de la mission diplomatique française à la rue St-Georges à Port-Louis peu après 2 h 42 ce matin…

L’ambassade de France à la rue Saint-Georges à Port-Louis a été prise pour « Prime Target » avec deux coups de feu tirés d’une arme de calibre 12 sur la devanture et des slogans pro-État islamique et à caractère incendiaire, peints sur le mur d’enceinte de la mission diplomatique donnant sur la rue Monsieur. L’hôtel Le Saint-Georges, situé presque en face de l’ambassade, a subi des dommages collatéraux avec des coups de feu sur la baie vitrée, une des balles se logeant dans une porte en bois se trouvant dans le lobby. Depuis ce matin, les autorités mauriciennes sont en état d’alerte en vue de retracer les auteurs de ces coups de feu et après consultations avec le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, au Prime Minister’s Office, ce matin, le commissaire de police, Karl Mario Nobin, qui est rentré de mission, a eu carte blanche pour traquer ces autoproclamés « supporters » de l’État islamique et élucider les circonstances de ces graves incidents.

D’ailleurs, le directeur général du National Security Service, Lockdev Hoolash, a fait le déplacement sur les lieux des coups de feu pour une évaluation de la situation. Deux préposés de service dans la nuit d’hier à ce matin dans les parages sont entendus par les limiers du CID de Port-Louis Sud avant que l’enquête ne soit confiée au Central CID et l’Anti-Terrorist Unit du Prime Minister’s Office vu l’importance de ces incidents.

En début de matinée, les détails sur ces coups de feu étaient des plus fragmentaires en raison de l’état embryonnaire de l’enquête de la police. Du côté de l’ambassade de France, tout en confirmant que des coups ont été tirés contre la mission diplomatique, l’ambassadeur Laurent Garnier a fait comprendre au Mauricien au téléphone que « nous sommes en contact avec les autorités mauriciennes et la police en particulier pour les besoins de l’enquête et pour assurer la sécurité de l’ambassade de France ».

Dans un premier temps, il était même question que l’ambassade de France émette un communiqué mais par la suite, cette démarche ne devrait pas être mise à exécution. L’ambassadeur de France, qui a pu dresser un constat des lieux, a réuni ses principaux lieutenants pour passer en revue la situation avant de transmettre un rapport complet au Quai d’Orsay à Paris en cours de matinée en vue de décider de la marche à suivre dans la conjoncture.

Du côté des Casernes centrales, le temps de prendre la mesure de la gravité de la situation, le commissaire de police a informé officiellement le Premier ministre des premiers éléments de cette affaire. Le CP Nobin a eu carte blanche pour déployer toutes les mesures et de déployer les ressources disponibles pour traquer et mettre hors état de nuire les auteurs de ces coups de feu. À la mi-journée, les Police Headquarters devaient émettre un communiqué officiel confirmant qu’aux petites heures ce matin, des coups de feu ont été tirés contre l’ambassade de France et l’hôtel Le Saint Georges à la rue Saint-Georges à Port-Louis (voir détails plus loin).

Dans un premier temps, les enregistrements des caméras de surveillance, notamment celle de l’ambassade de France et celles donnant sur la rue Saint-Georges, ont été visionnés par les responsables de l’enquête policière. L’une des caméras de sécurité de la mission diplomatique française a révélé qu’entre 2 heures 39 et 2 heures 42, un homme portant un capuchon de couleur blanche a été vu en train de peindre des slogans incendiaires et des menaces à peine voilées sur le mur de la mission à la rue Monsieur. La teneur de la série de messages et de graffitis sur ce mur est des plus directs contre les intérêts français. « Vous n’etre (sic) plus en sécurité ici », transmet l’un des messages alors que d’autres sont encore plus directs quant aux intentions exprimées.
D’autres menaces ont été peintes sur un mur voisin à la rue Saint-Georges.

C’est quand les suspects, dont le nombre n’a pas été encore déterminé officiellement en fin de matinée, auront terminé avec les graffitis des plus hostiles, qu’ils sont passés à l’acte avec les armes à feu. Il devait être peu avant 3 heures ce matin. Des recoupements d’informations effectués par Le Mauricien de sources concordantes tendent à confirmer que le Prime Target de l’opération s’apparentant à un acte terroriste n’était nul autre que l’ambassade de France. D’abord, les messages agressifs visent les intérêts de la France à Maurice.

Ensuite, pour tirer des coups de feu contre le siège de la mission diplomatique française, notamment avec une des fenêtres, proche de la principale porte d’entrée de l’immeuble, le tireur, qui était armé d’un fusil de calibre 12, a dû s’approcher de la grille à la rue St-Georges pour placer son arme à l’intérieur avant de presser sur la gâchette. Les indications sont que deux coups de feu auraient été tirés sur la devanture de l’ambassade en guise de menaces.

La question qui se pose est pourquoi la baie vitrée de l’hôtel Le Saint-Georges a essuyé des coups de feu au risque de la faire voler en éclats à cette même occasion ? Les explications devaient se trouver dans les témoignages de deux préposés de service dans les environs au moment des faits. Il semblerait qu’un des deux affectés au service de nuit de l’hôtel se serait aventuré dans la rue quand il aurait entendu des coups de feu peu avant 3 heures. C’est à ce même moment qu’un autre des suspects, manipulant une arme à feu de calibre 16, aurait tiré sur la devanture.

L’impact de cette balle est des plus visibles sur la baie vitrée avec également le panneau littéralement lézardé sur toute la longueur. Cette balle de calibre 16 a terminé sa course dans une porte en bois dans le lobby de l’hôtel, soit une dizaine de mètres plus loin. Mais cette version devra être validée lors des auditions de ces deux premiers témoins. Les auteurs de ces coups de feu auraient parcouru le trajet entre la rue Monsieur, la rue Desroches et la partie de la rue Saint-Georges passant devant l’hôtel et l’ambassade à pied vu qu’à cette heure de la nuit, ce quartier est très peu fréquenté. A l’hôtel Le Saint-Georges, trois préposés étaient de service, un réceptionniste, un Maintenance Officer et un veilleur de nuit à cette heure de la nuit.

En tout cas, les caméras à l’entrée de l’ambassade de France et sur le pylône électrique à l’angle des rues Mère Barthélemy et Saint-Georges et avec pour champ de vision le portail de l’ambassade de France devraient s’avérer d’une importance capitale pour la suite de l’enquête et déterminer par quels moyens de transport et dans quelle direction, ils auraient pris la fuite dans ce moment de panique.

Depuis très tôt ce matin, des spécialistes du Scene of Crime Office, du Forensic Science Laboratory, des experts en balistiques de même que des hauts gradés de la force policière ont passé au peigne fin la cour et la varangue de l’ambassade de France en vue d’effectuer des prélèvements d’indices en vue d’élucider cette affaire, qui risque de prendre une dimension internationale pour des raisons évidentes.

D’autre part, à part les employés d’hôtel, établissement qui est rempli, ces coups de feu à 3 heures, ce matin, auraient pu passer inaperçu. Depuis longtemps déjà, la rue Saint-Georges n’est plus résidentielle. Les quelques rares résidents n’ont pas porté attention à cette affaire. « Vers 3 zer, mo inn tende ene baow. Mo pa inn pran kont. Mo ti kwar enn pétar », a fait comprendre un des habitants de cette rue. D’autre part, les voisins jouxtant la mission diplomatique française ne savaient même pas ce qui s’était passé dans la nuit.

Un quinquagénaire, qui habite à côté de l’ambassade de France et vis-à-vis de l’hôtel Le St-George depuis de nombreuses années, a déclaré au Mauricien ce matin qu’il n’avait rien entendu. « Même si c’était le cas, on n’aurait pas pu faire grand-chose. Mon épouse et moi, sommes tous deux malades. On ne quitte plus notre maison ».

Il dit avoir appris la nouvelle d’un proche parent qui lui a téléphoné pour s’assurer s’ils n’ont été atteints par les balles tirées par les malfaiteurs. « Avec le temps qui court, il faut faire très attention. C’est pour cette raison que j’ai demandé à mes proches d’alerter les autorités concernées pour plus de lumière dans ce quartier très fréquenté la nuit ».
L’enquête policière se poursuit avec le commissaire de police prévoyant d’animer un briefing de presse en cours d’après-midi…

Communiqué de la police
«La sécurité a été rehaussée»

Après des consultations avec le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, le commissaire de police, Karl Mario Nobin, a fat émettre un communiqué pour rassurer
la population en soutenant que «la sécurité a été
rehaussée». Ci-dessous, le communiqué de la police. «Aujourd’hui 30 mai 2016 vers deux heures du matin des coups de feu ont été tirés sur deux bâtiments
à la rue St-Georges à Port-Louis. L’un à l’hôtel Le St-Georges et l’autre à l’Ambassade de France. Des graffitis faisant état des menaces de la part du groupe.
“Etat Islamique” ont été peints sur le mur d’enceinte d’une propriété privée sise à la rue St-Georges et sur le mur d’enceinte de l’Ambassade de France donnant sur la rue Auguste Rouget, Port-Louis. Il n’y a eu aucun
dommage corporel. La police a ouvert une enquête en vue de retracer le ou les auteurs de ces actes.
«Aussi, la securité dans le pays en général et dans certains endroits stratégiques a été rehaussée.
« La police rassure le public qu’il n’y a pas lieu de
s’alarmer quoi que ces actes sont tout de même pris très au sérieux et la police déploie tous les moyens disponible pour maintenir la sécurité, l’ordre et la paix.»

source: Le Mauricien

Posted by on May 30 2016. Filed under Actualités, En Direct, Featured. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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