Ces menaces qui pèsent sur l’Euro 2016



Le «mois de calamité» promis par Daech, les hooligans en embuscade : le ministère de l’Intérieur envisage tous les scénarios.

Les performances des joueurs sur la pelouse n’arrivent pas à dissiper les sombres nuages qui planent sur l’Euro 2016 de football. À deux jours du coup d’envoi, le troisième événement sportif planétaire – après les Jeux olympiques et la Coupe du monde de football – va pourtant attirer jusqu’au 10 juillet prochain plus de 8 millions de supporteurs en France, et quelque 8 milliards de téléspectateurs en cumulé. Une vitrine pour une France qui rêve de s’offrir une parenthèse enchantée, mais aussi pour les organisations terroristes qui songent déjà à l’extraordinaire chambre d’écho dont bénéficierait toute équipée sanglante. Les analystes, eux, observent une préoccupante conjonction des astres.

Le spectre de l’État islamique, qui a déjà endeuillé le pays à deux reprises en 2015 pour un bilan global de 147 morts et plus de 430 blessés, plane sur le tournoi. Et pas seulement parce que le Stade de France a été la cible de frappes kamikazes le 13 novembre dernier. En effet, Mohamed Abrini, soupçonné d’être impliqué dans les attentats de Paris et de Bruxelles, a affirmé que l’intention initiale de la nébuleuse djihadiste franco-belge était de passer à l’action durant l’Euro. Ensuite, Daech a diffusé fin mai un nouvel enregistrement sonore dans lequel il appelle à des attentats en Occident pendant le ramadan, qui a commencé lundi. «Préparez-vous, soyez prêts… pour en faire un mois de calamité partout pour les non-croyants», annonce le message attribué à Abou Mohammed al-Adnani, le porte-parole de l’organisation qui ne s’était pas exprimé depuis sept mois.

«Nous savons que Daech planifie de nouvelles attaques (…) et que la France est clairement visée», a confirmé Patrick Calvar, Directeur général de la Sécurité intérieure (DGSI), devant la commission de la défense nationale du Palais Bourbon. Entendu le 10 mai dernier, ce professionnel incontesté estime que Daech «rencontre des difficultés militaires sur le terrain et va vouloir faire diversion et se venger des frappes de la coalition.»

Même si le gouvernement et les services de police assurent qu’il n’existe, à leur connaissance, aucune menace précise sur l’Euro, l’atmosphère est sépulcrale. Comme s’il était besoin d’alourdir le climat, le département d’État américain a prévenu les voyageurs que les «stades de l’Euro, les fans zones et les sites non officiels qui retransmettent le tournoi en France représentent des cibles potentielles pour les terroristes». Mardi, le Foreign Office a lancé le même avertissement, quasiment mot pour mot, à ses ressortissants britanniques. Place Beauvau, on caparaçonne le dispositif. En coulisses, sang-froid et anticipation sont érigés au rang de vertus cardinales, répétées tel un mantra pour conjurer le sort. «Nous faisons tout pour éviter une attaque terroriste, et nous nous préparons également à y répondre», a déclaré le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, qui mobilise 77.000 policiers gendarmes et sauveteurs. Du jamais-vu.

«Personne ne saurait nous empêcher de vivre normalement, comme nous l’entendons, a-t-il encore martelé mardi matin en inaugurant à Lognes, en Seine-et-Marne, un Centre de coopération policière internationale créé pour l’occasion. La France doit rester la France, et c’est la raison pour laquelle l’Euro 2016 se tiendra. Nous devons montrer ce que nous sommes: un peuple fort, solide dans l’épreuve, un peuple résilient et fier de lui-même.»

Posted by on Jun 8 2016. Filed under Sports. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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