MV Benita : Quid de notre sécurité nationale ?
Des officiers de la National Coast Guard étaient à pied d’oeuvre, hier, dimanche 19 juin, pour installer des bouées. Cela, après que le MV Benita s’est échoué sur les récifs, à Le Bouchon. «Le nettoyage est en cours. Des bouées ont été placées afin de contenir le fioul», indique l’ASP Reddy Lutchmoodoo, ajoutant que la situation est sous contrôle. Le MV Benita s’est échoué sur les récifs à Le-Bouchon. Les écrans radar de la garde-côtière nationale n’avaient pas détecté la présence du cargo dans nos eaux territoriales.
D’ordinaire, le Coastal Surveillance Radar System (CSRS) doit détecter tout bateau à 20 miles nautiques de Maurice. Ce ne fut pas le cas du MV Benita. Lorsqu’un bateau pénètre dans les eaux territoriales d’un pays, les gardes-côtes prennent contact avec le capitaine pour demander les raisons de sa présence. Dans le cas du MV Benita, la garde-côte nationale (NCG) n’a été informée de sa présence dans nos eaux qu’une fois que le cargo était assez proche de nos côtes.
C’est à 1 heure, vendredi matin, que la garde-côte nationale a reçu une demande d’évacuation médicale. « L’hélicoptère de la police ne peut sortir qu’après les premières lueurs du jour. Ce n’est qu’à 6 heures que nous avons appris du Port Master qu’il y a eu agression sur le bateau. Nous avons alors déclenché une opération », explique un haut gradé de la NCG. Des experts grecs ont déjà remis leur rapport sur le naufrage du navire MV Benita, survenu au large de Le-Bouchon vendredi.
A la mi-journée, hier, le ministre de l’Environnement, Alain Wong, qui suit les différentes étapes de ce naufrage depuis vendredi matin, s’est rendu sur les lieux pour un constat de visu du problème et en vue de rassurer la population quant à ces risques.
Mais le ministre de l’Environnement, Alain Wong, n’est pas rassuré. « C’est le seul soumissionnaire. Je dois obtenir l’avis d’un autre expert. Je solliciterai le bureau du Premier ministre pour obtenir son aval afin de pouvoir faire un ‘assessment’ indépendant », a-t-il déclaré.
Ainsi, pour éviter tout malentendu et pour garantir contre toute éventuelle pollution, il a été décidé que la priorité de l’heure sera le pompage du carburant se trouvant à bord, quitte à reléguer au second plan tout Refloating Plan pour désenclaver le MV Benita des récifs.
En fin de journée, les membres d’équipage de nationalité philippine, à l’exception du capitaine et de quatre officiers, ont été évacués du bateau alors que l’auteur présumé de la quasi-mutinerie ayant débouché sur le naufrage, Taton Omar Palmes, âgé de 38 ans, était déjà placé en garde à vue depuis vendredi après-midi.
De son côté, le chef ingénieur du cargo, qui a été blessé à la tête, au bras et au cou, a été transféré à la Clinique du Nord après avoir reçu les premiers soins à l’hôpital de Rose-Belle suite à son hélitreuillage d’urgence vendredi matin.
Une importante mobilisation d’officiers du ministère de l’Environnement, de la National Coast Guard et de la Special Mobile Force, a été déployée sur le terrain pour débarrasser le lagon et la côte des cambouis émanant du MV Benita. Au moins un kilomètre de Lagoon Booms ont été déployés pour contenir la progression des Oil Patches en mer.
Des patrouilles de membres de la NCG en dinghies avaient eu pour mission de s’assurer que les régions de La-Cambuse, Blue-Bay et Le-Bouchon ne soient pas affectées par ces mouvements de Sludge. Inévitablement, la plage de Le-Bouchon, qui s’est transformée en Viewpoint privilégié des curieux et des badauds, a été affectée.












