Brutalités policières et mort en détention : va-t-on enfin mettre fin à ces pratiques honteuses?



…la famille Toofany réclame Rs 25 millions à l’État et au Commissaire de Police…

La veuve d’Iqbal Toofany, décédé dans la matinée du 2 mars 2015 alors qu’il était sous la responsabilité de la CID de Rivière-Noire, de même que ses trois filles ont fait servir une mise en demeure hier à l’État, au commissaire de police et aux cinq policiers qui avaient été arrêtés dans le cadre d’une enquête. Elles réclament Rs 25 millions pour les dommages et préjudices subis suite à la mort d’Iqbal Toofany. Dans leur plainte, la veuve et ses trois filles indiquent qu’elles ont été « privées du soutien émotionnel et physique » d’Iqbal Toofany et qu’elles ont été « traumatisées » à la suite de cette situation.

Dans cette plainte, rédigée par l’avoué Kaviraj Bokhoree, la veuve d’Iqbal Toofany, Bibi Amiirah Toofany, avance plusieurs points pour justifier leur demande. Revenant sur les circonstances de l’arrestation de son époux et le décès de ce dernier alors qu’il était toujours en détention, Bibi Toofany souligne : « There has been use of prima facie illegal and unlawful force which tragically led to the death of late M. Mohamed Iqbal Toofany. » La plainte fait aussi mention de l’enquête judiciaire instituée et des conclusions du magistrat Daniel Dangeot, lequel avait trouvé qu’il y avait eu “foul play”. Les filles soutiennent qu’elles ont été « privées du soutien physique et émotionnel » de leur père et que cette situation a « jeopardised the future of the abovenamed parties most drastically ».

Rappelons que huit mois après l’enquête judiciaire instituée pour faire la lumière sur les circonstances entourant la mort d’Iqbal Toofany, le magistrat Daniel Dangeot, qui avait présidé les travaux, avait soumis ses conclusions le 17 décembre 2015 au bureau du Directeur des poursuites publiques. S’appuyant sur les témoignages du médecin légiste Sudesh Kumar Gungadin et sur ceux du chef inspecteur Roshan Kokil, la Cour de Bambous avait conclu que Iqbal Toofany avait trouvé la mort alors qu’il était en détention policière et qu’il y avait eu “foul play”.
Les travaux dans l’enquête judiciaire, instituée en Cour de Bambous pour faire la lumière sur le décès d’Iqbal Toofany, survenu dans la matinée du 2 mars alors qu’il était sous la responsabilité de la CID de Rivière-Noire, avaient pris fin le 6 avril 2015. Le témoignage du chef inspecteur Roshan Kokil, du CCID, avait ainsi apporté plus de précisions sur la manière dont l’enquête policière se poursuit. Il avait affirmé qu’il reste encore à confirmer les éléments à charge qui incriminent les cinq policiers suspectés d’avoir battu à mort Iqbal Toofany dans la nuit du 1er au 2 mars, après qu’il a été arrêté à Rivière-Noire par des membres de l’Emergency Response Unit (ERS) lors d’un contrôle de routine.

Lors de son interrogatoire par le magistrat Daniel Dangeot, le CI Kokil avait affirmé qu’il y a bien eu un acte de “foul play”. Il avait souligné que, selon les “entries” du “diary book” du poste de police de Rivière-Noire, Iqbal Toofany « était en bonne santé » et « ne portait aucune trace de blessures » avant qu’il ne soit pris en charge par les membres de la CID. Iqbal Toofany a rendu l’âme à l’hôpital Victoria, à Candos, dans la matinée du 2 mars. Le CI Kokil avait indiqué que la victime portait plusieurs blessures sur le corps, « qui restent à être expliquées ».
« I believe that I have enough elements and I don’t think it’s proper for the purpose of the judicial enquiry to have other witnesses to talk on the circumstances surrounding the death of the deceased », avait déclaré le magistrat Dangeot, après avoir écouté le témoignage du CI Kokil. Le magistrat Dangeot s’était ainsi appuyé sur les témoignages du Dr Sudesh Kumar Gungadin, qui avait écarté la thèse de la mort naturelle, et du CI Kokil pour rendre ses conclusions. Il avait relevé qu’au vu des témoignages, la cour avait reçu des « indications claires » sur le trajet effectué par les membres de la CID en présence d’Iqbal Toofany ce soir-là : « As from now we know as to where the deceased was stopped and up to when he was brought to the hospital. »

Posted by on Jun 25 2016. Filed under Faits Divers, Featured. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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