La moitié des jeunes d’Afrique subsaharienne ne sont pas scolarisés
Au moins la moitié des jeunes d’Afrique subsaharienne âgés de 15 à 17 ans ne vont pas à l’école, selon de nouvelles données recueillies par l’Institut de statistique de l’UNESCO (ISU). Dans la région, ce sont au total plus de 93 millions d’enfants en âge d’aller à l’école primaire ou de jeunes en âge d’être inscrits dans le secondaire qui ne sont pas scolarisés, sur lesquels 15 millions au moins ne mettront jamais les pieds dans une salle de classe, les filles étant confrontées aux obstacles les plus importants.
Ces données, parues dans un nouveau document publié conjointement par l’Institut de statistique de l’UNESCO et le Rapport mondial de suivi sur l’éducation (GEM), montrent que le Nigéria compte à lui seul 8,7 millions d’enfants qui devraient être à l’école primaire et n’y vont pas. Le Soudan et l’Éthiopie, avec respectivement 2,7 et 2,1 millions d’enfants non scolarisés dans le primaire, suivent de près.
« Les pays se sont engagés à faire en sorte que tous les enfants suivent un cycle complet d’enseignement primaire et secondaire à l’horizon 2030. Ces nouvelles conclusions montrent le travail difficile qu’il nous reste à accomplir pour atteindre cet objectif », a déclaré Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO. « Nous devons mettre l’accent sur l’inclusion dès le plus jeune âge et tout au long du cycle d’apprentissage en mettant en œuvre des politiques visant à lever les obstacles à chaque étape, et ce en accordant une attention particulière aux filles, qui restent les plus désavantagées. »
Le document montre que faute de rendre prioritaire l’inscription au primaire, des millions de personnes se retrouvent exclues du système scolaire aux niveaux supérieurs. Le taux de non-scolarisation en Afrique subsaharienne est de 21 %, 34 % et 58 % pour les groupes d’âge correspondant respectivement au primaire et aux premier et deuxième cycles du secondaire. Ainsi, selon les données de l’ISU, plus de la moitié des jeunes de 15 à 17 ans de la région ne vont pas à l’école, ce qui constitue le taux le plus élevé au niveau mondial.
Les conflits continuent de priver des millions de personnes de leur droit à l’éducation. Dans la région, environ un enfant ou un jeune non scolarisé sur trois vit dans une zone touchée par un conflit.
Les filles sont particulièrement désavantagées. En Afrique subsaharienne, 9 millions d’entre elles n’iront jamais à l’école, contre 6 millions de garçons. Ce désavantage se manifeste très tôt : dans la région, 23 % des filles ne vont pas à l’école primaire, contre 19 % des garçons. À l’adolescence, le taux d’exclusion atteint 36 % pour les filles, alors qu’il est de 32 % pour les garçons.
La pauvreté pose aussi un défi de taille pour l’accès à l’éducation. D’après l’analyse du Rapport GEM, parmi les populations les plus pauvres d’Afrique subsaharienne, seulement 65 enfants sur 100 vont à l’école primaire, contre 100 enfants sur 100 pour les populations les plus riches.
Les filles les plus pauvres font face aux obstacles les plus importants, lesquels s’amplifient encore aux niveaux d’enseignement plus élevés. Ainsi, parmi les populations les plus pauvres, moins de sept filles pour dix garçons suivent un enseignement secondaire de deuxième cycle.
Le Rapport GEM propose quelques mesures clés pour intégrer tous les adolescents et les jeunes dans le secondaire. Il s’agirait notamment de porter la durée de l’enseignement obligatoire à neuf années au moins, de relever l’âge minimum d’admission à l’emploi, de renforcer la mise en œuvre des conventions sur le travail des enfants, de fournir une aide financière aux familles pauvres pour couvrir les coûts de la scolarité, et de rendre l’enseignement secondaire plus adapté aux jeunes en diversifiant les programmes et en adoptant des méthodes pédagogiques centrées sur les élèves.












