Situation Room XLD : erreur ou stratégie politique ?
Les grands pontifes du MMM regrettent jusqu’à ce jour de ne point avoir écouté la sagesse d’Ivan Collendavelloo dans leurs folies électoralistes en 2014. Sans doute étaient-ils aveuglés par le charme de Navin Ramgoolam qui, comme on sait, peut vous faire avaler les pires couleuvres en les faisant passer pour du caviar ?
Une fois l’euphorie du coup d’éclat passée, les bleus auront une foule d’interrogations. Pour cela, il leur faudra des réponses. D’abord, comment expliquer ce travail en profondeur pour construire un parti national, en ayant une assise au No 18, Belle-Rose/Quatre-Bornes, qu’un certain Paul Bérenger a dû fuir, et aujourd’hui agir sans réfléchir ?
Ensuite, sur quoi reposera le projet politique du PMSD à l’avenir. Surtout que ce parti s’est positionné sur des thèmes importants comme le Festival international Kreol, le Musée de l’Esclavage ou encore l’accès au Morne. Des sujets que le MMM évite d’évoquer ouvertement pour ne pas froisser une section de la population.
On peut aussi se demander ce qu’il adviendra de ce travail du PMSD pour prendre d’assaut les ex-bastions du MMM qu’étaient (que sont ?) les Nos 1, 3, 4, 12, 16, 17, 18 et 20. D’autant plus que maintenant c’est Xavier-Luc Duval qui se déplace chez Paul Bérenger à Riverwalk.
C’est pourquoi il ne faut pas prendre à la légère la déclaration d’Ivan Collendavelloo, lors de la fête de fin d’année du Muvman Liberater, à l’effet que «Xavier-Luc Duval avait plusieurs options. D’abord, un tête-à-tête avec le Premier ministre. Ensuite, des discussions avec ses amis, dont moi, et enfin il avait plusieurs manières d’exprimer son désaccord. Il a décidé d’adopter ce qui était la dernière des options qui est, pour moi, d’aller danser dans les bras de Navin Ramgoolam. Ce n’est pas une option quand l’intérêt national est en jeu.» Avant de lâcher «Mo panse ki Xavier pou realize ki li finn fer la plu grande erer so karyer politik».
Les observateurs politiques se demandent comment Xavier-Luc Duval pourra à l’avenir convaincre les partisans de ses partenaires de voter ses candidats. Pour cela, ils rappellent que l’électorat n’a pas hésité de sanctionner l’alliance PTR/MMM sur la trahison de Paul Bérenger envers sir Anerood Jugnauth après l’avoir fait abandonner la State House. Voudront-ils d’un partenaire capable de claquer la porte à n’importe quel moment ou encore de fragiliser la stabilité gouvernementale ?
Si le MMM s’est effrité au fil du temps depuis 2005, il le doit à un mauvais calcul politique. Le soutien par exemple à Ashock Jugnauth, l’accord avec le Parti travailliste, les tentatives d’en finir avec le Best Loser System, etc. Mais surtout sa très longue traversée du désert. Après 1988, le PMSD a difficilement eu la main heureuse avant de retourner au pouvoir en 1999 puis entre 2005 et 2014. C’est cette longévité au pouvoir qui a renversé la vapeur en sa faveur.
Hors pouvoir, il serait intéressant de suivre la progression du PMSD. Quelle devrait alors être la répartition des tickets dans une alliance ou entente PMSD-MMM-PTR? Quand l’on sait que dans le passé le MMM avait réduit le PMSD à une peau de chagrin avec un seul ticket en 2000 et 2005 pour Maurice Allet.
Donc l’on se demande si «XLD can prove us wrong»? Déjà le fait de prendre le poste de leader de l’opposition relève d’un non-sens. Sans compter qu’il devra naviguer en eaux troubles dans l’opposition. Face à cela, sir Anerood Jugnauth et Pravind son fils prendront tout le temps qu’il faut pour redéfinir leurs priorités. Ils ont un sacré avantage : le pouvoir. Donc ceux qui rêvent d’élections devront toujours attendre pour se payer un long orgasme intellectuel en 2019…
Seul le temps pourra nous convaincre sur les retombées du choix de Xavier-Luc Duval. Pour l’heure nous dirons seulement que l’alternance n’est ni Navin Ramgoolam, encore moins Paul Bérenger.
La rédaction
source: LE XOURNAL












