OPINION – Honte à Leicester, Claudio Ranieri méritait une autre fin



Leicester a fait preuve de la plus grande des ingratitudes en limogeant Claudio Ranieri. Entre colère et frustration, Claudio Ranieri ne méritait pas ça.

Honteux. Incompréhensible. Les mots ne sont pas assez explicites dans la bouche de nombreux passionnés pour qualifier l’attitude de Leicester envers son manager – ou plutôt ce jeudi soir, son ancien manager – limogé en pleine saison. Claudio Ranieri, cet éternel second, a pourtant offert aux dirigeants, aux supporters et à tous les amoureux du ballon rond une épopée extraordinaire.

Le football de haut niveau réserve rarement de grosses surprises. Les cadors sont quasiment toujours sacrés et puis, parfois, un club déjoue tous les pronostics et offre à ce sport un brin d’émotion. Qui ne s’est pas laissé charmer par cette petite équipe des Midlands ? Celle qui, grâce au manager italien, nous a fait vibrer, espérer et rêver tout au long de la saison passée ? Claudio Ranieri, chaleureux et sympathique, a voué une lutte sans merci aux cadors anglais pour réaliser l’inimaginable. Il a permis au monde du football de croire en l’impossible. Un conte de fées qu’on a adoré aimer. Il y a un côté inconditionnellement romantique à voir un “petit” devancer les plus grands, l’indémodable mythe de David contre Goliath.

“C’est un petit club qui montre au monde ce qui peut être accompli à travers la force mentale et la détermination. 26 joueurs. 26 cerveaux différents. Un seul cœur”, expliquait alors Claudio Ranieri, qui reste tout de même le plus grand artisan de cette épopée.  Quelques mois plus tard, face à l’adversité, les Foxes ont tout simplement choisi de limoger l’homme ayant accompli ce miracle. Dur et sans appel. Pourtant, avant que Ranieri ne les conduise au sommet de la Premier League, quels sont ceux qui connaissaient réellement Leicester à part les mordus du foot anglais ? Pour beaucoup, ce nom évoquait au mieux une équipe de rugby.

 

Alors oui, les Foxes sont en difficulté. Oui, ils sont 17es au classement, s’enlisent dans une spirale négative et peinent à trouver des solutions pour s’en sortir. Oui, l’excitation des victoires n’est plus au rendez-vous et les joueurs s’avèrent méconaissables. Est-ce une raison pour oublier le passé comme s’il n’avait jamais existé ? Claudio Ranieri a porté ce club plus haut que les dirigeants n’auraient jamais pu l’espérer. Ni même l’imaginer. Il est tout simplement inconcevable de limoger dans ces conditions l’entraîneur qui a créé l’histoire d’un club. Invraisemblable et d’une violence inouïe. Et pour la petite stat, l’Italien a le cinquième meilleur pourcentage de victoire des managers de PL à plus de 200 matches (49.8%). Seuls Ferguson, Mourinho, Wenger et Benitez ont fait mieux.

Le limoger de la sorte, à ce moment de la saison, donne une image détestable au club. Les dirigeants privent même le manager de son 8e de finale retour de Ligue des Champions alors que l’espoir d’une qualification subsistait après la courte défaite à Séville (2-1). Pourtant, rafraîchissons-nous la mémoire quelques instants… Qui a qualifié les Foxes pour la Ligue des Champions ? Qui a passé la phase de poules avec brio terminant même premier de son groupe ? Claudio Ranieri. Et malgré tout, il est privé de l’espoir de pouvoir conduire son équipe en quarts. Un beau remerciement. C’est certainement cela qu’on doit appeler la gratitude.

Ce licenciement est au final tout ce qu’il y a de plus détestable dans le foot. Chez l’être humain aussi. Les bras sont grands ouverts lorsque tout va bien mais les dos se tournent dès lors que les résultats ne suivent plus. Comme si rester soudés dans la difficulté était une notion abstraite que ces affamés de bénéfices économiques ignoraient. La fidélité ? La loyauté ? La reconnaissance ? Autant de valeurs visiblement absentes de la morale des dirigeants de Leicester. Tout est malheureusement une question d’argent, rien d’autre. Claudio Ranieri est passé du rêve au cauchemar mais Leicester vient de perdre, en l’espace de quelques secondes, tout ce que le coach italien a construit ces 18 derniers mois. Pas un titre ou des trophées non, mais de l’amour, de l’admiration et du respect. De club adulé à détesté.

Après tout ce qu’il a accompli pour Leicester, limoger Claudio Ranieri maintenant parait impardonnable. Terriblement triste et absolument incompréhensible. Il méritait une statue, et non pas de faire ses cartons. Mais ce sport n’est pas juste. La vie est injuste. Ce licenciement rappelle à quel point le monde du football peut-être cruel, dépourvu d’émotion et seulement dicté par des enjeux financiers. Au final, le foot, ça ne fait plus trop rêver.

Merci Claudio. Tu resteras un héros et les dirigeants de Leicester des zéros. See you soon in Championship Foxes.

Posted by on Feb 24 2017. Filed under En Direct, Featured, Sports. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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