Politique Arvin Boolell, un politicien-gentleman



S’il y a un homme politique parmi le peu qui inspire le respect, même et surtout, de la part de ses adversaires, Arvin Boolell en est un prototype. Cet originaire de Port-Louis, fils de l’illustre sir Satcam, médecin de formation et politicien par vocation, est reconnu de tous comme étant un ‘politicien-gentleman’.

Nos aînés ont connu Jules Koenig, Sookdeo Bissoondoyal, Monaf Fakira, Moilin Ah Chuen, sir Seewoosagur Ramgoolam, sir Gaëtan Duval, sir Aneerood Jugnauth et Paul Bérenger. Avec eux, d’accord ou pas, ils attiraient de l’admiration ou, au pire, du respect. En contrepartie, des ‘light-weights’ de nos jours, très peu, inspirent le respect. Arvin Boolell a su se faire respecter, d’abord dans son fief et parmi ses partisans et ensuite auprès des Mauriciens dans leur ensemble. D’ailleurs, son frère, Satyajit a fait cette réflexion avec un journaliste : « C’est un politicien sans agenda, un médecin sans cabinet. Il parle avec son cœur ».

Le tumultueux citadin

Arvin Boolell a vu le jour sous le soleil de la capitale, un certain 26 mai 1953. Issu d’une famille ‘Brahman Gossain’ (Baboojee), il est le fils de sir Satcam Boolell, avocat, ministre et député à maintes reprises, au sein du Parti Travailliste (PTR). « Enfant, je courais dans les ruelles autour de l’église Saint François Xavier ou pédalait jusqu’au port avec des amis. Sans dire les parties des billes et le ‘street football », avait confié cet homme aujourd’hui âgé de 63 ans, dans un entretien. Sauf que sir Satcam ne lui tirait pas trop fort à l’oreille, car l’enfant était brillant dans ses études.

Justement, après son écolage au pays natal, Arvin Boolell s’est envolé d’abord pour l’Angleterre et ensuite aux Pays des Galles, pour poursuivre et compléter ses études en médecine. Il a décroché un LLM de la ‘National University of Ireland’. C’est au pays de Gareth Bale que le Dr Boolell a démarré sa carrière, âgé à peine de 24 ans.

Une proximité incroyable avec ses mandants

De retour à Maurice, le jeune médecin a suivi avec intensité les campagnes renversantes de 1982 et incendiaires de 1983. Il est vite gagné par la grippe du terrain et par la suite, la fièvre politicienne. En 1987, comme Xavier Duval au numéro 4, Arvind Boolell va se faire élire, à l’autre bout de Maurice, soit au numéro 11.

Homme de terrain, de proximité, le jeune Boolell va très vite émerger comme un politicien fiable, capable et qui fait valoir ses compétences à plusieurs niveaux. Que ce soit, aux différents ministères qu’il a occupés ou encore pour ses performances au Parlement et surtout, ses interventions et négociations au nom de Maurice dans des forums internationaux. C’est toujours de sa voix grave, qu’il a harangué la foule, répliqué ses adversaires, toujours dans le respect des institutions. C’est avec justesse qu’il s’est fait ‘Order of the Star and Key of Indian Ocean, avant d’être élevé au rang de ‘Grand Officer’.

Le numéro 11, son fief

Arvin Boolell s’est toujours tiré d’affaire dans la circonscription numéro 11, Rose-Belle/Vieux Grand-Port, composé majoritairement d’hindous. Après une première place en 1987, il termine encore une fois encore, premier en 1991, quand l’alliance MMM-MSM balayait celle de PTR/PMSD, 57-3. Les deux autres rescapés, étaient Navin Ramgoolam et Vasant Bunwaree. Situation presque identique en 2000. Sauf que cette fois, il perd sa première place au profit de Pravin Jugnauth.

Le politicien «le plus aimé du pays» n’a pu transformer cet amour en votes tangibles en sa faveur. Sa circonscription, Vieux Grand-Port-Rose-Belle, où il a fait son baptême politique en 1987, lui était restée fidèle durant toutes ces années avant de lui tourner le dos en 2014.

Comme les grands leaders

Arvin Boolell a été détrôné par les trois candidats de l’alliance Lepep, Mahen Seeruttun, Sandya Boygah et Prem Koonjoo. L’ancien ministre des Affaires étrangères a obtenu 15 389 voix,  alors que ses adversaires touchaient les 20 000 voix. « C’est une logique en politique et démocratie, que les leaders et meneurs d’hommes, goûtent à la défaite », disait Jean-Paul Sartre.

Ses performances électorales

1987-Elu en 1e position devant Ajay Daby et Anand Choolun.

1991-Elu en 1e position devant Satish Dayal et Subash Lallah.

1995- Elu en 1e position devant Jagdish Haton et Yashdev Jeelall.

2000-Elu en 2e position, entre Pravind Jugnauth et Rajesh Bhowon.

2005-Elu en 1e position devant Rajesh Jeetah et Satyadeo Moutia.

2010-Elu en 1e position devant Mahen Seeruttun et Satyadeo Moutia.

2014-1ere défaite électorale. Il a été devancé par Mahen Seeruttun, Sandya Boygah et Prem Koonjoo.

 

***

 

 

Posted by on Jul 1 2017. Filed under En Direct, Featured, Politique. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

Leave a Reply

Search Archive

Search by Date
Search by Category
Search with Google

Photo Gallery

Copyright © 2011-2016 Minority Voice. All rights reserved.