Spéciale Fête du Printemps Saokhi Ah-Kioon, un grand sportif sino-mauricien
Afin de marquer la Fête du Printemps, jour férié le vendredi 16 février, LE XOURNAL est allé à la rencontre du plus vieux et possiblement plus grand sportif sino-mauricien, encore en vie. Il s’agit de Saokhi Ah-Kioon, mieux connu comme Ah-Sao.
Saokhi Ah-Kioon, plus connu comme Ah-Sao et de son nom de baptême Simon Pierre, est un ancien basketteur de la sélection nationale. Entre 1948 à 1978, il a évolué au sein de Heen Foh Club, Dragon SC et le Club M. A la retraite depuis presque 15 ans, il en profite à ‘entraîné’ les jeunes membres de la famille.
Natif de Port-Louis en 1935, Ah-Sao a découvert le basket à l’âge de 12 ans, lors des rencontres au Heen Foh Hall Stadium. C’est justement au sein de cette société, que cet ancien élève de Chinese Middle School va faire ses premiers armes, avant de se joindre au Dragon Club. Tour à tour, ce fils des immigrants chinois, de la 2e génération, s’est adonné au ‘kung-fu, football, tennis de table, badminton. Mais c’est pour le sport cher à Michael Jordan, qui a jeté de son dévolu. « Avec Dragon j’ai tout appris du basket. On jouait contre les meilleurs équipes de l’Afrique. A Maurice, il n’y avait pas de notre égal », avise ce joueur de Mah-jong, cartes et dominos. Pour cause, de 1951 à 1971, Dragon a été sacré champion de Maurice.
A cette époque, dans l’île Maurice coloniale, il y avait d’autres équipes colosses, dont le Dodo, la Fire Brigade et surtout le Racing. « Face au Dragon, ils ne pesaient pas lourds » avise ce père de deux enfants et grand-père, en une occasion. Les Kioon ont, comme nombreux des sino-mauriciens, quitté le chaleureux ‘China Towm’, pour se la couler douce à Baie du Tombeau.
Manchester United et Brésil
Joueur vif, doué ballon aux mains et avec un vista pour trouver le panier, Ah-Sao n’a pas tardé de rejoindre la sélection nationale. « Maurice a été plusieurs fois vainqueurs des tournois triangulaires. Mais notre participation au Championnat d’Afrique, au Tanzanie en 1974 reste une expérience éternelle. A cette époque, il y a avait Luc Bax et Nano Sauzier, deux de mes meilleurs co-équipiers », s’en souvienne cet fan de Manchester United et de l’équipe du Brésil.
Durant sa longue carrière, soit sur trois décennies, Ah-Sao n’a pas manqué d’accumuler des anecdotes. « Face à l’Alsace de Bagnolet, Dragon avait l’emporté un des sets par 15-4. J’avais inscrit 14 points. Un jour, j’ai pris le meilleur d’un basketteur qui fait presque 2m. Après le match on s’est expliqué. Mon ‘jumping timing’ a fait la différence », nous dit ce ‘Mohlien’, qui maîtrise le mandarin, écrit et parlé. « Au début, une paire des chaussures, coûtait Rs 35 sous. C’était un luxe », conclu l’oncle de Dorinne Kim Soo, cette dernière voue une admiration sans égal à ce monument du sport mauricien.
A la retraite depuis 2000 cet ancien gestionnaire d’une compagnie de transport de ‘conteneurs’ reste actif, en ‘entraînant’ les jeunes membres de la famille.












