Ce qui se passe en Ghouta orientale est bel et bien un crime de guerre
Trop nombreux sont ceux qui prennent leur plume pour, sinon justifier, au minimum relativiser et minimiser les massacres perpétrés aujourd’hui par Bachar al-Assad en Ghouta orientale.
“Il n’ y a pas de guerre propre”
Aucune guerre ne permet de justifier les crimes de guerre. Une telle lapalissade mérite-t-il d’être rappelée? Elle ne devrait pas l’être… Mais trop nombreux, hélas, sont ceux qui aujourd’hui, sous couvert de réalisme politique, prennent leur plume pour, sinon justifier, au minimum relativiser et minimiser les massacres perpétrés aujourd’hui par Bachar al-Assad en Ghouta orientale. Ces observateurs bienveillants et impartiaux font observer que la guerre est cruelle, qu’elle comporte toujours son lot de dommages collatéraux et d’atrocités – bref: que l’on ne fait pas d’omelette sans casser d’oeufs. Les oeufs en question sont ici des enfants ensevelis vivants sous des tonnes de gravats, mais n’oublions pas que ces enfants sont sans doute des terroristes islamistes en puissance. A ces biens téméraires soutiens de Bachar al-Assad je ferai observer que les guerres comportent des règles et que – sauf à récuser en bloc le bien-fondé des lois de la guerre – on ne saurait employer l’argument de la guerre (“Il n’y a pas de guerre propre”!) pour justifier l’injustifiable à savoir la transgression délibérée et systématique des lois de la guerre.
- Le fait de lancer des attaques délibérées contre la population civile en général ou contre des civils qui ne prennent pas directement part aux hostilités;
- Le fait de lancer des attaques délibérées contre des biens civils, c’est-à-dire des biens qui ne sont pas des objectifs militaires;
- Le fait de lancer des attaques délibérées contre le personnel, les installations, le matériel, les unités ou les véhicules employés dans le cadre d’une mission d’aide humanitaire ou de maintien de la paix conformément à la Charte des Nations Unies (…).
Dans le cas de la Ghouta orientale, 400.000 personnes sont encerclées, bombardées, affamées, des hôpitaux sont visés… Qui peut nier qu’il s’agit de crimes de guerre? Oui, mais, dira-t-on, c’est la guerre, et les parties en présence, dont certaines se servent des populations comme boucliers humains, sont coresponsables de cette situation. Mais de quelle guerre parle-t-on? Et qu’appelle-t-ton une “guerre”?
De fait, la communauté internationale, impuissante et consternée, constate avec effroi que les procédés employés pour rétablir l’ordre et “éradiquer le terrorisme” sont ceux d’un Etat qui ne recule devant rien pour maintenir son pouvoir. Cela fait sept ans que cela dure et aucune issue politique de cet imbroglio sans nom – et qui n’est pas, à proprement parler une “guerre” – n’est actuellement envisagée ni même pressentie par les parties au conflit.












