82 ans du Parti Travailliste…Ramgoolam humilie Boolell
Il fallait voir leurs mines déconfites dimanche dernier à l’auditorium Octave Wiehé à Réduit. Les têtes pensantes du Parti Travailliste qui après 14 ans de gabegies, de trahisons et de dilapidations aspirent diriger le pays à nouveau, n’en croyaient pas leurs yeux devant la maigre assistance et l’ambiance de veillée mortuaire qui a prévalu tout au long de ce congrès-anniversaire organisé en grande pompe pour célébrer les 82 ans d’existence du parti.
Un malheur n’arrivant jamais seul, Navin Ramgoolam n’a pas raté l’occasion pour humilier Arvin Boolell, son nouveau député fraichement élu lors de la partielle du 17 décembre dernier à Belle-Rose/Quatre-Bornes. Alors que le parti avait annoncé lors de ses congrès régionaux à travers le pays que le Dr Arvin Boolell aurait droit à la parole et que tout un chacun avait hâte d’entendre ce qu’avait à dire le nouvel élu, Navin Ramgoolam en a décidé autrement.
Pire, lors de son intervention il a une fois de plus martelé qu’on ne fabrique pas un leader et que celui qui aspire à diriger le Parti Travailliste ne peut être quelqu’un de mou et amorphe. Indirectement il faisait référence à Arvin Boolell pour bien faire comprendre à son auditoire que ce dernier n’a pas l’étoffe nécessaire pour diriger le Parti Travailliste.
Pour comprendre la stratégie de Navin Ramgoolam, il faut connaître l’histoire du Parti Travailliste et le parcours de sir Seewoosagur Ramgoolam depuis 1936 et jusqu’au jour où il a évincé tout le monde pour régner en seul maître du parti jusqu’à sa mort en 1985. Navin Ramgoolam adopte la même stratégie que son père. Il est quasi certain que lui aussi veut régner sur le parti jusqu’à sa mort et que jamais il ne lâchera prise.
Alors que le pays avait obtenu son indépendance et qu’il avait atteint l’âge de 76 ans, sir Seewoosagur Ramgoolam aurait bien pu passer le flambeau à la jeune génération en 1976 et profité de sa retraite mais il ne l’a pas fait. Pourquoi est-ce que selon vous le soi-disant trésor de guerre du Parti Travailliste était gardé dans les coffres de Navin Ramgoolam en sa résidence et non pas dans un compte en banque. Si vraiment les Rs 220 millions représentaient les contributions obtenues pour construire le nouveau quartier-général du parti, pourquoi l’argent n’a-t-il pas été placé en banque?
Quand Navin Ramgoolam affirme qu’il ne fera pas de la politique tout au long de son existence, il faut en fait comprendre le contraire. Il s’accrochera jusqu’à son dernier souffle au leadership du parti pour des raisons évidentes. A Maurice avec notre système électoral et en l’absence de loi sur le financement des partis politiques c’est le leader qui reçoit toutes les donations financières. Certains en font bon usage comme sir Anerood Jugnauth qui lui a fait construire un quartier- général pour son parti, le MSM. Cet héritage restera à la disposition des générations futures.
Par contre du coté du Parti Travailliste c’est uniquement le leader qui décide et profite de l’utilisation de cette manne. Rolex, Rolls Royce, cigares cubain, whisky, femmes, voyages etc. Voilà à quoi servent les contributions versées au Parti Travailliste de Navin Ramgoolam. Tout comme l’a fait son père avec sir Satcam Boolell ou encore Harish Boodhoo, Navin Ramgoolam les narguera jusqu’à ce qu’ils s’essoufflent et abandonnent la partie. D’humiliations en humiliations, Arvin Boolell va subir toutes les méchancetés du monde jusqu’à ce que cela l’écœure et qu’il fasse une croix sur le poste de leader du Parti Travailliste.
Le Parti Travailliste a vu le jour en 1936, créé par le Dr Maurice Curé, le Pandit Sahadeo et d’autres pionniers. Puis d’autres tribuns à l’instar d’Emmanuel Anquetil, Guy Rozemont, et Renganaden Seeneevassen ont pris le relais mais sir Seewoosagur Ramgoolam s’est tenu en embuscade et a mis le grappin sur l’appareil quand le parti avait atteint son apogée, dans les années 50. Il a profité de la disparition de Guy Rozemont et de Renganaden Seeneevasen pour asseoir son autorité et a évincé tous ceux qui osaient se mettre en travers de son chemin.
Trois jeunes ont pris la parole lors du congrès-anniversaire du parti dimanche dernier. Ils ne connaissent peut-être pas l’histoire du parti et aspirent à jouer les premiers rôles à l’avenir. Nous leur disons bonne chance et bon appétit car il va falloir avaler beaucoup de couleuvres. Si aujourd’hui Arvin Boolell reçoit un tel traitement, qu’en sera-t-il pour les Frichot, Daureeawoo et Beechook ?












