Budget 2018/2019 Le financement demeure le problème majeur des PME…un jour ou l’autre, ils finissent par jeter l’éponge
- « Il est impératif que Pravind Jugnauth s’élève au-dessus de ce débat de caniveau qui caractérise la classe politique mauricienne en ce moment»
- « M. le PM…Ne perdez pas votre temps avec les insignifiants »
- Il faut abolir le Mauritius Credit Information Bureau (MCIB)
- Révision obligatoire du rôle de la Maubank et de la Banque de Développement
- Abolir les tracasseries administratives de la MRA et du Registrar pour les PME ayant un chiffre d’affaires de moins de Rs 10 m
Nous aurons raison de désespérer de ce pays si toutes les semaines nos dirigeants et notre classe politique mobilisent leurs énergies à gérer des crises imaginaires. Depuis début 2018, nous sommes dans la quatrième année de règne de l’Alliance Lepep suite aux élections générales de 2014. Nous avons également amorcé la deuxième année de primeministership de Pravind Jugnauth qui rappelons-le cumule aussi le mandat de ministre des Finances.
En ce moment, nous sommes en pleine préparation du budget 2018/19 et tous les ministères, corps paraétatiques et autres départements de l’Etat ont été invités à soumettre leurs plans d’action et propositions au ministère des Finances.
Nous ne le dirons jamais assez : Pravind Jugnauth a aujourd’hui l’opportunité d’entrer dans l’histoire de Maurice comme celui qui a réussi la véritable démocratisation de l’économie mauricienne là ou d’autres ont failli par manque de volonté politique, pur fanatisme ou carrément par incompétence.
Nous sommes aujourd’hui en 2018 et dans deux ans, allons amorcer la troisième décennie du 21e siècle. Les choses avancent très vite sur le plan international et il n’y plus de doute que les remèdes qui ont permis à sir Anerood Jugnauth de créer le miracle économique dans les années 80 sont aujourd’hui dépassés et ne sont pas adaptés à la situation actuelle.
L’île Maurice ne peut pas être perpétuellement en campagne électorale qui détourne l’attention de tout un peuple de l’essentiel. A ce rythme, nous allons perdre tout ce que nous avons acquis en 50 ans d’indépendance, nous nous ferons dépasser par d’autres pays beaucoup plus entreprenants et audacieux dans le domaine économique et notre niveau de vie finira par dégringoler. Il y a déjà pas mal de problèmes à résoudre sur le plan social et si nous ratons le coche au niveau économique, il ne faut pas donner cher de notre peau à l’avenir.
C’est pourquoi il est impératif que Pravind Jugnauth s’élève au-dessus de ce débat de caniveau qui caractérise la classe politique mauricienne en ce moment. Bientôt, ce sera la rentrée parlementaire, souhaitons que le Premier ministre ne tombe pas dans le piège de l’Opposition qui veut entraîner le pays dans une campagne électorale avant l’heure dans le but de déstabiliser le gouvernement.
Heureusement que jusqu’à présent Pravind Jugnauth ne s’est pas laissé faire et qu’il s’est concentré sur les grands chantiers de développement infrastructurel du pays tels que le Metro Express pour assurer la croissance de demain. Mais il va falloir aller plus loin et prendre des décisions plus vite. Il ne doit pas laisser une section de la presse dicter son agenda en favorisant toutes sortes de spéculations malsaines.
Pravind Jugnauth est attendu au chapitre économique surtout en ce qu’il s’agit des mesures de soutien aux petites et moyennes entreprises. Le gouvernement doit revoir sa politique à ce niveau et l’année dernière nous avons tiré la sonnette d’alarme car créer une nation d’entrepreneurs ne se fait pas du jour au lendemain et surtout pas avec une baguette magique.
Les chiffres nous donnent aujourd’hui raison car la moitié des petites et moyennes entreprises créées n’arrivent pas à survivre au-delà de leur sixième année d’existence. Il faut prendre les taureaux par les cornes et se débarrasser ceux trop conservateurs ou incompétents. A la fin du jour, il n’est pas possible qu’un jeune qui a un bon projet ne réussisse pas parce qu’il n’a pas eu l’encadrement ou le financement nécessaire.
L’argent demeure le problème majeur des Petites et Moyennes Entreprises et souvent nous avons de jeunes entrepreneurs qui à force d’avoir essayé ont commis des erreurs mais n’ont pas baissé les bras pour autant. Ils ont combattu l’adversité mais un jour ou l’autre, finissent par jeter l’éponge dû aux contraintes financières.
L’année dernière, nous avons proposé une série de mesures au ministre des Finances et nous réitérons ces propositions cette année. Il faut par exemple résoudre le cas de ceux qui sont pénalisés parce que leur nom figure dans la base de données de la Mauritius Credit Information Bureau (MCIB) parce qu’à un moment ou un autre, ils ont contracté un emprunt et qu’ils se sont retrouvés en difficulté. Dans la vie, ce sont ceux qui persistent qui finissent par réussir. La plupart des success story de l’économie mauricienne impliquent des individus qui ont maintenu le cap malgré le fait d’avoir mordu la poussière en plusieurs occasions. Pravind Jugnauth doit écouter la voix de la raison et non pas ceux qui n’ont jamais entrepris quoique ce soit dans leur vie ni pris le moindre risque.
Dans le même souffle, il faut trouver une solution à long terme au problème de Sale by Levy. Il y a eu un débat l’année dernière mais il est aberrant qu’une personne perde la propriété qu’il a acquise pendant toute une vie simplement pour quelques mois de retard. On ne peut continuer à protéger les gros bonnets en oubliant ceux au bas de l’échelle. Une solution humaine pour les propriétés valant jusqu’à Rs 3 millions, n’est certainement pas la mer à boire.
La Mauritius Revenue Authority et le Registrar of Companies rendent la vie dure aux petits entrepreneurs. L’année dernière nous avons proposé que les compagnies qui ne font pas plus de Rs 10 millions de chiffre d’affaire ne soient pas obligées de soumettre des Annual Returns, ni de payer chaque année un Registration Fee au Registrar of Companies. Nous réitérons cette demande au ministre des Finances. Des exemptions au niveau des frais de la National Transport Authority, ou pour acquérir de nouvelles technologies sont aussi les bienvenues.
Au chapitre du financement des entreprises, Pravind Jugnauth doit comprendre que la Maubank est un éléphant blanc. Il faut vite trouver une solution appropriée pour rendre plus efficiente cette banque ainsi que la Development Bank of Mauritius. Un jeune qui a un bon projet mais qui n’a pas de financement, doit-il abandonner. Vishnu Lutmeenaraidoo avait promis un fonds de Rs 10 milliards pour les Petites et Moyennes Entreprises. Il est impératif de créer ce fonds et le mettre à la disposition des jeunes entrepreneurs. Bien sûr, il y aura des échecs et de l’argent perdu mais si le travail d’encadrement est bien fait, le succès sera au rendez-vous.
Le rapport de la Commission Justice et Vérité dort quelque part dans un tiroir. Nous faisons ici un appel solennel à Pravind Jugnauth pour dépoussiérer ce rapport. On y parle de réforme agraire, de l’accès aux terres. Les travailleurs engagés ont pu prospérer dans le passé parce qu’ils ont pu se rendre propriétaires de terres marginales que les barons sucriers leur ont vendues pour pas cher. Cette réforme agraire est nécessaire pour apaiser les blessures du passé esclavagiste de l’île Mauricie et assurer l’avenir des générations futures.
Les idées ne manquent pas, le chantier est immense et les palabres quotidiennes des politiciens ne résoudront rien. Pravind Jugnauth a déjà marqué son empreint dans le dernier budget, il doit faire encore plus. Nous savons qu’il est un homme de parole, il tient à coeur le bien-être de population et saura prendre les mesures qui s’imposent.












