Ivan Collendavelloo : « Nous envisageons de produire de l’électricité avec 1000 tonnes de déchets par jour »
Le Premier ministre adjoint, Ivan Collendavelloo, a procédé à l’ouverture d’un séminaire de deux jours sur le cadre réglementaire de l’énergie renouvelable et de la bioélectricité, le jeudi 5 juillet dernier à l’hôtel Hennessy Park à Ebène. Cet évènement intervient dans le cadre de la convention de partenariat tripartite, signée en mars 2017 à La Réunion, entre le ministère des Utilités publiques, l’Agence Française de Développement (AFD) et l’Agence de l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie (ADEME), qui a regroupé une cinquantaine des participants, publics et privés, de Maurice et de La Réunion.
L’objectif de la convention est de renforcer le dialogue entre acteurs français et mauriciens dans le domaine des énergies renouvelables en zone non-interconnectée, afin de soutenir la politique publique en faveur des énergies renouvelables à Maurice et à La Réunion. Cette coopération est financée majoritairement par la FEXTE, Fonds d’Expertise Technique et d’Echange d’Expériences, de l’AFD. L’ADEME apporte également une partie des financements et assure la mise en œuvre du programme.
Lors de son intervention, Ivan Collendavelloo, ministre des Utilités publiques et des Energies Renouvelables, a tenu à saluer l’initiative derrière l’organisation de cet atelier de travail qui favorise l’échange entre les professionnels de ce secteur. Le No 2 du gouvernement indique que le leader de l’Opposition, Xavier-Luc Duval, à travers une question parlementaire a voulu que le Central Electricity Board (CEB) produise de l’électricité avec du charbon. « Au niveau du gouvernement, nous favorisons plutôt la production de l’électricité avec des ressources naturelles comme l’énergie solaire », a-t-il poursuivi.
Ivan Collendavelloo, d’emblée, a annoncé que d’ici l’année prochaine, Maurice sera doté de 11 fermes solaires. De plus, le Premier ministre adjoint s’est attardé sur l’ambition du gouvernement d’augmenter la part des énergies renouvelables à 35% d’ici 2025, tout en apportant une attention particulière aux familles démunies. Il est revenu sur le Home Solar Project, initiative pilotée par la CEB Green Energy Ltd. « Conscient du problème de plusieurs familles pauvres qui n’arrivent pas à payer les frais d’électricité, le GM a prôné le Home Solar Project, projet qui vise à installer 10 000 panneaux photovoltaïques pour ces personnes », a-t-il souligné.
Dans la foulée, le Ministre des Utilités publiques a également indiqué que le gouvernement « envisage d’aller de l’avant avec une station de production d’électricité à partir de 1000 tonnes de déchets par jour compte tenu que Mare-Chicose est complètement saturé », a-t-il précisé. Le ministre de tutelle a aussi annoncé que son collègue de la pêche, le ministre Koonjoo, travaille sur un projet pilote en vue d’utiliser la forces des vagues pour produire de l’énergie. Il prévoit également la création d’une nouvelle station d’électricité à Fort George dans un proche avenir. Des études sont en cours afin que cette nouvelle station puisse produire de l’électricité avec du diesel et du gaz naturel. « Si on arrive vraiment à produire de l’électricité avec du gaz naturel, ce sera une grande avancée pour l’île Maurice », a renchéri le ministre.
Compte tenu que la canne à sucre produit de la biomasse, Ivan Collendavelloo explique que l’industrie cannière demande une profonde réflexion. C’est l’une des raisons, selon lui, qui a motivé le Chef du gouvernement, Pravind Jugnauth, de mettre pied un comité ministériel afin de trouver des solutions durables concernant ce secteur de notre économie.
Pour sa part, Jean Michel Bordage, directeur de l’ADEME à l’île de La Réunion ne cache pas sa joie en ce qu’il s’agit du partenariat Maurice-Réunion sur le dossier de la bioélectricité. « J’espère que ces échanges de deux jours déboucheront aussi sur des propositions en ce qu’il s’agit du stockage de l’électricité », a-t-il conclu.
A noter que cette nouvelle rencontre à Ebène prolonge les travaux du premier séminaire, qui s’était tenu à La Réunion en novembre 2017, sur une définition de tous les enjeux et défis pour un accroissement de la bioélectricité dans les deux îles. Les participants ont eu l’occasion, en outre, de visiter une installation exemplaire à Maurice, la centrale thermique d’Omnicane avec son procédé innovant de ‘Carbon Burn-Out’.
Ashley Jacques












