Mahen Seeruttun, ministre de l’Agro-industrie…. Pravind Jugnauth est ce ti-frère devenu grand frère de la nation mauricienne…
Le MSM est là pour propulser le pays sur un autre palier de progrès et de développement.
« Je demeure confiant d’atteindre les objectifs fixés »
« L’utilisation judicieuse des pesticides protègera la santé des utilisateurs, de la population, de leur entourage, des consommateurs et de l’environnement »
Dans une interview accordée à Le Xournal, le ministre de l’Agro-industrie, Mahen Seeruttun, situe non seulement l’importance de la concrétisation des plusieurs projets de son ministère mais aussi sur la nouvelle loi concernant l’utilisation judicieuse des pesticides. D’autre part, il met l’accent sur l’approvisionnement alimentaire, le secteur bio, l’avenir du secteur sucre, la relance du secteur du thé à Maurice et commente les nombreuses mesures budgétaires prises pour le bien-être des fermiers, pêcheurs et agriculteurs du pays.
Sanjay Bijloll
Q : En décembre 2014, vous avez hérité du ministère de l’Agro- industrie et de la sécurité alimentaire. Quel bilan en faites-vous à ce jour ?
R : Le vrai bilan, je le ferai au terme de notre mandat. Mais à ce stade, je peux vous dire que nous avons réalisé une série de projets qui ont été fortement appréciés par l’ensemble de la communauté des planteurs, des éleveurs etc…
Pour vous citer quelques-uns des faits marquants, il y a la création d’une zone dédiée à l’agriculture organique à Britannia, l’adoption de deux importants projets de loi – le Native Terrestrial Biodiversity and National Parks Bill pour mieux protéger la flore, la faune et les ressources génétiques de Maurice et le Use of Pesticides Bill –, la création de zone dédiée aux abeilles pour la production de miel organique, la restauration de l’îlot Gabriel pour la préservation des espèces vivantes qui jouent un rôle important dans l’écosystème, la rénovation du château Mon Plaisir au Jardin de Pamplemousses et l’élaboration d’un plan stratégique pour le secteur agricole, entre autres.
Vous savez que ce secteur de par la diversité de ses potentialités, reste le levier de notre économie pour le développement économique et social. Ce secteur, grâce aux nombreuses opportunités en termes d’amélioration de revenus, d’emplois, de recul de la pauvreté et de croissance économique reste important. Toute la population en dépend directement.
Je me souviens d’une grande citation du premier Premier ministre de l’Inde, Jawaharlall Nehru qui, peu après l’Indépendance de son pays en 1948, avait déclaré : « Tout peut attendre sauf l’agriculture ». Cette déclaration est toujours valable.
Je vous rappelle que peu de temps après ma nomination à la tête de ce ministère, j’ai fait faire une évaluation de ce secteur. Et, à la suite de cet exercice, je suis venu avec un plan stratégique portant sur les années 2016-2020. Depuis, nous avançons dans le monde agricole et agro-alimentaire.
Le ministère de l’Agro-industrie est très vaste. Outre la section agricole qui comprend les industries cannière et théière, il y a aussi le secteur non-sucre, l’élevage, les forêts, les îlots, les jardins et les parcs nationaux entre autres. Je vous le redis que je suis satisfait de notre parcours de ces dernières années. Je demeure confiant que je vais atteindre les objectifs fixés.
Q : Le projet de loi sur l’utilisation des pesticides a été récemment voté à l’Assemblée nationale. Pouvez-vous nous situer l’importance de cette loi ?
R : Cette loi était long overdue. Je dois préciser à nouveau que cette loi vise à assurer l’utilisation judicieuse des pesticides dans les champs et non pas de sanctionner. Pourquoi une telle loi ? Je l’ai bien expliqué lors de sa présentation à l’Assemblée nationale le vendredi 29 juin dernier. Cette loi vient protéger la santé des utilisateurs, de la population, de leur entourage, des consommateurs et l’environnement. Cette loi a d’ailleurs fait l’unanimité lors du vote.
Il nous faut aussi reconnaître que c’est la tendance à travers le monde. Dans les pays avancés, trop de problèmes sont liés à la présence de résidus de pesticides dans ce qui est consommé. Maurice ne peut rester à la traîne. Il fallait venir avec le ‘Use of Pesticides Bill’.
Afin d’assurer le rendement des cultures et répondre aux exigences des consommateurs, nos agriculteurs ont compris qu’il y a des alternatives, qu’on peut se passer des intrants chimiques par l’usage du compost et du Zero Budget Natural Farming. Ils ont compris notre démarche.
Il est bon pour moi de vous faire part qu’ils sont presque 6 000 à avoir suivi une formation animée par le Food and Agricultural Research Extension Institute (FAREI) et le département d’entomologie dans diverses régions du pays.
Les pesticides sont tueurs d’abeilles et des papillons, essentiels pour la pollinisation…. Avec les planteurs qui se sont engagés pour réduire, voire cesser de les utiliser, nous avons placé des ruches d’abeilles tout récemment dans la région de La Marie pour la pollinisation.
Q : Plusieurs mesures budgétaires ont été prises pour les fermiers, les pêcheurs et les agriculteurs. En quoi celles-ci pourront-elles améliorer leurs conditions ?
R : Les nombreuses mesures annoncées par le Premier ministre et ministre des Finances démontrent l’importance que ce gouvernement attache à l’avancement de ces catégories de personnes qui contribuent énormément à l’avancement et au progrès économique du pays.
Jamais un gouvernement n’a autant fait pour les fermiers, les pêcheurs et les agriculteurs… Ce serait bon si vous republiez ces mesures.
Q : Parlez-nous du Sheltered Farming ?
R : Le ‘Sheltered Farming’ ou la culture protégée est un des moyens pour faire face au phénomène du changement climatique et des intempéries.
Avec cette approche, on arrive à produire de la qualité et aussi en quantité contrôlée pour qu’il n’y ait pas de gaspillage. Et de ce fait, les planteurs pourront écouler leurs produits dans les hôtels et restaurants, ce qui permettra au pays de diminuer sa dépendance sur les importations.
La sécurité alimentaire est un sujet important pourtant les jeunes ne semblent pas être attirés par cette filière, préférant des jobs costume et cravate. Que faut-il faire ?
La sécurité alimentaire demeure notre préoccupation. Nous faisons tout ce qui est possible pour que les terres agricoles ne restent pas à l’abandon. Il existe aussi plusieurs Schemes au niveau du ministère….
Nous encourageons également les jeunes à se tourner vers la terre nourricière pour pallier le vieillissement dans ce secteur, assurer la relève et savoir ce qu’on consomme. D’où ma décision de créer des Sheltered Farming Parks à travers le pays ouverts aux gradués. Le premier qui a nécessité un investissement de près de Rs 20 millions a été créé à Plaine Magnien. Le deuxième sera dans le Nord et d’autres sont dans le collimateur. Si vous avez suivi le budget, il y a une mesure qui va dans ce sens, celle ayant pour trait la mise en chantier de 100 Ready to Operate Sheltered Farms sur deux ans. Nous travaillons sur la formule avant d’émettre des communiqués. Une réunion de mes techniciens a eu lieu vendredi dernier avec les partenaires concernés.
En optant pour la culture en serre, on jouit d’une plus longue saison de récolte, on peut cueillir les produits tels que les salades, le poivron, la courgette, les radis, les carottes, la tomate, ou encore les aubergines tout le long de l’année.
Q : Y a-t-il suffisamment de terres pour notre approvisionnement alimentaire ?
R : Oui ! Mais il faut faire une bonne planification pour la rotation des cultures. Le FAREI est là pour toute l’assistance technique. Il y a aussi des officiers d’extension qui se rendent dans les champs pour guider les planteurs. Le Small Farmers Welfare Fund donne aussi son appui aux agriculteurs…Un relevé des terres abandonnées est en cours afin de les remettre sous culture.
Q : Qu’en est-il du secteur du bio ?
R : Ce secteur, je dois vous l’avouer se porte bien. L’agriculture biologique, c’est la protection des sols, de l’environnement et de la biodiversité. Les légumes issus de l’agriculture biologique sont très prisés. Vous savez sans doute que nous avons décrété une zone organique sur 66 arpents à Britannia. Le terrain, nous l’avons distribué à des jeunes après un exercice de sélection et de viabilité de leurs projets. Ils investissent pour une production saine et de qualité. L’un d’eux a même participé à une foire internationale à Dubayy en décembre 2017 et il a pu nouer des contacts intéressants pour l’exportation de ses produits. Nous avons besoin de ce type d’entrepreneurs, de cet engagement pour le bio. Ces entrepreneurs de Britannia méritent tout notre encouragement pour leurs modes de production et des méthodes plus respectueuses de la santé et de l’environnement.
Q : Comment se porte la relance du secteur thé à Maurice ?
R : Le secteur théier, un pilier économique il y a plusieurs décennies, se redynamise. Ces dernières années, on a constaté qu’il y a un regain d’intérêt avec une augmentation dans la consommation. Nous avons pris les mesures nécessaires pour soutenir ce secteur. Surtout qu’au niveau mondial, ce secteur a connu une croissance de 7%. Nous avons fait un relevé des terres disponibles et on a pu identifier 600 arpents de terre dans l’ex-Tea Belt pour être mis sous culture de thé. Déjà, je peux vous dire qu’un investisseur chinois s’est déjà installé et opère à partir de l’ancienne usine de thé de Dubreuil. Un autre est à Maurice actuellement et est à la recherche de plus de 300 arpents pour cette même culture. Il n’y a pas de doute que cette relance est sur la bonne voie. Plus on a des intérêts pour le thé mauricien, plus ce sera bon pour les planteurs et métayers.
Q : Et le secteur sucre ?
R : Le secteur passe par des moments difficiles. Le prix du sucre sur le marché mondial a chuté. Nous ne sommes pas restés les bras croisés.
Un Joint Technical Committee a été mis sur pied, co-présidé par le PS de mon ministère et le président de Business Mauritius. Ce comité avait soumis son rapport que j’ai présenté au Conseil des ministres. Par la suite, il y a eu un comité ministériel présidé par le PM.
Plusieurs sessions de travail ont déjà eu lieu avec les syndicats, les propriétés sucrières et les représentants des planteurs. Et là nous avons décidé du paiement de 80% d’avance aux planteurs de canne sur moins de 100 hectares. Il y a aussi les droits de douane sur l’importation du sucre qui passe de 15% à 80% et la suspension des paiements du CESS pour cette année. Le tout pour soutenir cette industrie.
Q : Où en sont les choses au niveau de la construction d’un National Wholesale Market à Wooton ?
R : C’est toujours « On ». Il y a eu un exercice d’appel d’offres. La date de fermeture aura lieu le jeudi 25 juillet. L’ouverture des enveloppes se fera le même jour au Central Procurement Board – CPB. Par la suite, le CPB instituera son équipe d’évaluation pour les analyses. C’est un projet qui permettra la vente des légumes et fruits dans de bonnes conditions. Actuellement, la vente qui à différents endroits, que j’ai moi-même visités aux petites du matin, se fait dans des conditions insalubres et il n’y a pas de sécurité.
Q : Et sur l’abattoir annoncé sur l’axe Wooton/Belle-Rive ?
R : Pour ce projet, la ‘Closing Date’ a été mardi dernier. Ce sera selon la formule ‘Design and Build’ c’est-à-dire clé en main. Là-aussi, c’est un projet très moderne dans un pays qui progresse.
Q : Une mesure phare a été la radiation des dettes des éleveurs de porcs. Ce qu’aucun gouvernement n’avait osé faire avant. Pourquoi ?
R : Le secteur porcin a toujours eu la considération qui lui était due. Il y a un Steering Committee qui se rencontre régulièrement pour faire avancer la cause des éleveurs des porcs et présidé par l’une de mes Deputy Permanent Secretaries. Ils se sont rencontrés plus d’une vingtaine de fois depuis que je suis là. Les éleveurs avaient fait une requête pour que les dettes auprès de la Development Bank of Mauritius soient rayées. Nous les avons écoutés et ils les avaient renouvelés lors des consultations pré-budgétaires présidées par le Premier ministre. Et la bonne nouvelle, nous l’avions annoncée dans le Budget 2018-19. Et ce n’est pas fini : un nouveau système de vente et de collecte sera mis en place par la Mauritius Meat Authority. En passant, je dois vous dire que tous les éleveurs de porcs ont reçu des poubelles pour mieux déposer les déchets et on leur a aussi demandé de maintenir la propreté et l’hygiène au niveau de leurs fermes pour en pas être sanctionnés par les officiers de la Santé et de l’environnement.
Q : Quels sont les projets futurs ?
Nous avons une série de projets déjà en cours et qui progressent dont la ferme pour les génisses, la zone d’élevage à Melrose, la quarantaine pour les dindes à Plaine Magnien. Il y a aussi des projets intéressants au niveau du SFWF et de l’AMB. Nous travaillons actuellement sur la mise en œuvre des différentes mesures énoncées dans le Budget 2018-19.
Q : Quel est l’avenir politique du MSM et de Pravind Jugnauth ?
Le MSM est le seul parti politique qui a fait avancer le pays. Sans le MSM, ce pays aurait sombré dans la misère, la pauvreté extrême. S’il y avait à retracer le parcours de ce parti créé en 1983, cela me prendrait toute une journée. En 35 ans d’existence, nous avons accompli d’énormes progrès. Il nous faut être salutaire et respectueux envers sir Anerood pour cela. Malgré toutes les difficultés qu’il a eues durant son règne, il n’a pas courbé l’échine. Grâce à lui, nous avons connu le miracle économique, le plein emploi, la stabilité politique etc… Le MSM est là pour propulser le pays sur un autre palier de progrès et de développement.
Pravind Jugnauth est un leader qui sait faire bon usage de la parole ; il a des convictions fortes et inébranlables pour notre pays. Il entretient des rapports courtois et amicaux avec tout le monde. Je le côtoie et je sais très bien de quoi je parle ! Croyez-moi, il sait comment mener le pays vers le modernisme. Il est doté d’un esprit très clair, cohérent et ouvert au dialogue. Pravind Jugnauth a démontré sa grandeur d’âme et son humanisme lors de la présentation du Budget 2018-19. Et tout exercice financier, il le fait sans tambour ni trompette. Aujourd’hui, je peux dire qu’il est une lumière qui brille de mille feux et qui donne de l’éclairage au pays surtout aux jeunes. Il est ce ti-frère devenu grand frère de la nation mauricienne. Je n’ai aucun doute qu’il sera là encore pour des décennies. Tout ce que je dis sur lui n’est pas une invention. Je suis persuadé qu’il est et demeure l’homme de la situation n’en déplaise à ses détracteurs.
Q : Et le dernier mot ?
R : Nous travaillons sur la mise en œuvre des différentes mesures énoncées dans le Budget 2018-19.












