Road Traffic Amendment Bill… Zéro tolérance, le taux d’alcool toléré au volant passe à 20 mg par 100 ml de sang



Aucun prise d’alcool ne serait désormais tolérée au volant et un conducteur sera passible de lourdes amendes s’il est contrôlé positif au test d’alcoolémie. C’est ce que prévoit la “Road Traffic Act Bill” qui a été adopté au parlement,  mardi soir. Les nouveaux amendements qui seront apportés à cette loi ont situé le quantum de la baisse du taux d’alcool qui pourrait être accepté au volant.

Le taux d’alcool autorisé sera donc réduit de 50 à 20 milligrammes par 100 millilitres de sang, a indiqué Nando Bodha. Un verre de bière ou encore un peg de whisky seront suffisants pour qu’un chauffeur soit pris en contravention s’il prend la route juste après. Néanmoins, une fois un taux d’alcool détecté dans le sang, des tests plus approfondis pourraient être effectués par le Forensic Science Laboratory pour en déterminer l’origine.

Cette initiative fait suite après que le Premier Ministre Pravind Jugnauth a affirmé son intention d’appliquer une politique de  « zéro tolérance » au volant.  Ce qui rejoint sa vision de modifier les comportements des automobilistes sur les routes et de les punir plus lourdement pour des fautes commises afin de prévenir les accidents et de faire baisser la mortalité sur nos routes.

Dans chaque corps humain, un faible taux d’alcool est présent, soit 0,003 et 0,005 milligrammes par 100 millilitres de sang. L’alcool est produit dans l’intestin à travers des bactéries et les carbohydrates. Certains sirops contre la toux, surtout ceux recommandés contre les flegmes, contiennent également un taux d’alcool mais la dose proposée est justement en dessous du barème de 20 milligrammes.

20 milligrammes d’alcool par 100 millilitres de sang représente environ un demi verre de bière, soit trois ou quatre gorgés de cette même boisson. Le conducteur, ayant dépassé cette limite, sera considéré positif au test d’alcoolémie. Par contre, le pourcentage ne sera pas franchi lorsqu’un usager de la route consomme des menus à base d’alcool tels le civet de canard, salmi de poule, ‘tang’ etc ainsi que les desserts tels que le tiramisou et les chocolats à la liqueur.

Les personnes ayant consommé beaucoup d’alcool la veille peuvent aspirer à prendre le volant le lendemain après huit heures de sommeil. Cela s’explique par le fait qu’un individu peut se retrouver avec jusqu’à 130 milligrammes d’alcool dans 100 millilitres de sang au cours d’une soirée. Mais s’il part se coucher vers 23 heures, le lendemain, après un sommeil d’une durée de 8 heures, soit à 7 heures, environ 120 milligrammes d’alcool seront dilués (à raison de 15 milligrammes chaque heure). Il se retrouvera par conséquent  avec uniquement 10 milligrammes d’alcool dans le sang, ce qui est moins que la limite autorisée.

Nando Bodha est aussi d’avis qu’il faut apporter des amendements à la Dangerous Drugs Act pour les conducteurs ayant consommé de la drogue alors qu’ils prennent le volant. Une fois la loi votée, le ministre des Infrastructures publiques entend mener une campagne pour sensibiliser les automobilistes sur les changements à la Road Traffic Act.

Le gouvernement préconise aussi de supprimer la procédure entourant la Fixed Penalty Notice. À la base, un conducteur qui écope de cette pénalité a le choix entre la payer et la contester en cour. Or, à plusieurs reprises, il a été constaté que ceux qui ont recours à la cour doivent payer une amende plus élevée que la somme initialement demandée. D’autres, en allant en cour, demandent à payer une Fixed Penalty, ce qui n’est pas accepté.

 

Hormis ces amendements, le gouvernement veut exhorter les conducteurs à être plus vigilants. S’ils cumulent cinq délits, leur permis sera suspendu. La loi sera aussi plus sévère envers ceux qui fabriquent ou détiennent de faux permis et de faux coupons de parking.

Quant aux conducteurs qui n’ont pas le droit de conduire à Maurice, ils devront s’acquitter d’une amende variant entre Rs 50 000 et Rs 100 000 au lieu de Rs 2 000. S’agissant de l’excès de vitesse, les amendes augmenteront consécutivement.

Pour rappel, 2,354 contraventions ont été établies contre des chauffeurs ayant consommé de l’alcool au volant entre décembre 2016 et janvier 2018. Des chiffres fournis par le Ministre des Infrastructures Publiques lors de la présentation du Road Traffic (Amendment) Bill mardi dernier à l’Assemblée nationale. Nando Bodha indique que 1444 d’entre eux avaient un taux d’alcool deux fois supérieur au seuil autorisé.

Un officier de la police explique toutefois que l’alcool n’est pas la principale cause d’accident sur nos routes. Il fait ressortir que ceux ayant connu un accident de la route sous l’influence de l’alcool, avaient consommé deux ou trois fois plus d’alcool que le taux autorisé auparavant, soit plus de 100 mg par 100 ml de sang. Il fait ressortir que c’est uniquement en cas d’abus que l’alcool pourrait affecter les réflexes du chauffeur.

Maurice ne sera toutefois pas le premier pays à ne pas tolérer l’alcool au volant si jamais la Road Traffic Act est amendée. Plusieurs pays ont déjà adopté une tolérance zéro par rapport à l’alcool au volant. Parmi eux, la Hongrie, la Roumanie, l’Estonie et la République tchèque. Une infraction peut entraîner le retrait immédiat du permis. En Afrique, la Lybie et les Comores ont déjà mis cette loi en application. En ce qui concerne l’Arabie saoudite, Brunei et l’Iran, l’alcool étant interdit, la législation n’existe pas.

En Europe, le taux oscille entre 0,2 gramme (g) à 0,5 g par litre de sang. La Pologne, la Norvège et la Suède font partie de cette première catégorie. À savoir 0,2 g représente moins d’un cocktail à base de liqueur ou une chopine de bière. De ce fait, ces pays sont considérés comme intolérants face à l’alcool au volant et l’amende peut aller jusqu’à 1 200 euros (Rs 49 176). En Allemagne et en France, la politique zéro tolérance pour les conducteurs qui détiennent le permis depuis moins de deux ans est appliquée alors qu’ailleurs, comme en Italie, le taux autorisé pour cette catégorie de conducteurs est de 0,2 g.

La France, l’Angleterre, l’Allemagne, l’Italie, la Belgique et la Grèce autorisent, eux, 0,5 g par litre de sang. Cependant, les sanctions varient. Si le retrait du permis est applicable dans tous les pays, les amendes ne sont pas les mêmes. Par exemple, en France, la pénalité pour moins de 0,8 g d’alcool dans le sang peut aller jusqu’à 750 euros (Rs 30 735) alors qu’en Angleterre, la personne peut payer jusqu’à £ 6 480 (Rs 300 348).

En Asie, le taux le plus élevé autorisé est 0,8 g par litre de sang. Ce taux est toléré à Singapour et en Malaisie. Ailleurs, comme en Chine et au Japon, le taux est de 0,2 g alors qu’en Inde, jusqu’à 0,3 g est autorisé. En Chine, si le chauffeur en état d’ébriété fait un accident qui cause la mort d’une personne, il est passible d’une peine de mort.

Posted by on Jul 26 2018. Filed under Actualités, En Direct, Featured, Santé. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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