Dossier Chagos…SAJ, Queen’s Counsel, magistral pour plaider la cause chagossienne



C’est un jour tant attendu, un jour historique. C’est ce lundi 3 septembre que Maurice a présenté le cas de l’excision des Chagos et aussi le douloureux déracinement des Chagossiens non-seulement devant la Cour internationale de La Haye, mais aussi devant le monde entier. De nombreuses délégations de différentes États et la presse internationale ont actuellement les yeux rivés sur Maurice à La Haye. Du 03 au 06 septembre, 22 pays et l’Union Africaine se succéderont au micro, avec une majorité de pays en faveur de Maurice.

C’est le ministre mentor Sir Anerood Jugnauth qui a enfilé sa toge d’avocats à nouveau à 86 ans pour plaider la cause du peuple de déracinés et de la souveraineté mauricienne. Il a été tout simplement magistral. «Nous n’avions pas le choix», dit SAJ sur le détachement des Chagos. Le seul survivant de la conférence de Lancanshire à Londres en 1965 a, d’emblée, fait l’historique du dossier Chagos. Selon sir Anerood Jugnauth, les Britanniques avaient calculé leur coup et les Chagossiens ont été «déracinés de leurs îles natales».

Dans son exposé, le ministre mentor a affirmé que le processus de décolonisation de Maurice est incomplet 50 ans après que l’île a obtenu son indépendance.  Sir Anerood Jugnauth a précisé que Maurice était contre le détachement des Chagos du territoire mauricien. Mais, les Britanniques auraient mis en place une stratégie pour prendre possession de l’archipel, a-t-il dit. «Nous n’avions pas le choix», a-t-il ajouté.

Selon le ministre mentor, sir Seewoosagur Ramgoolam avait été forcé à agréer à la demande des Britanniques pour que Maurice puisse obtenir son indépendance en 1968.

Après la présentation mauricienne à la Haye, le ministre mentor a répondu aux questions de la presse sur le déroulement de cet exercice.

Sir Anerood Jugnauth se dit très satisfait et a souligné que le but était de clarifier la position mauricienne tout en offrant une solution pour rectifier les erreurs commises. Philippe Sands, a pour sa part, souligné que Sir Anerood Jugnauth a été au sein du combat pour la cause chagossienne pendant presque toute sa vie d’adulte.

Dans une déclaration aux journalistes, sir Anerood Jugnauth a confié que : «Everything has gone very well. We are fully satisfied. We have done our best to present our case.» Tout est désormais entre les mains de la Cour, précise sir Anerood Jugnauth qui dit ne pas savoir ce que les avocats de la partie mauricienne vont répondre à la question du juge Giorgio Gaja sur la volonté des Chagossiens de retourner sur leurs îles natales. «Whatever they will say has no weight so far as I am concerned», a déclaré le ministre mentor concernant la plaidorie de la partie britannique.

Pour rappel le juge suisse Giorgio Gaja Ce dernier a posé une question à Maurice : « Je souhaite poser la question suivante à la partie mauricienne : dans le processus de décolonisation, en relation à la question chagossienne, quelle est la pertinence de la volonté de la population d’origine chagossienne ? »

Le président de la Cour Internationale de Justice a ensuite repris la parole pour apporter les précisions suivantes : « La version écrite de cette question sera mise à la disposition de toutes les parties ayant pris part aux interventions orales. La réponse en écrit à cette question devra être soumise au tribunal le vendredi 7 septembre. »

Le juge somalien Abdul-qawi Ahmed Yusuf, a ajouté que «toute observation ou commentaire par d’autres participants  sur la réponse que va fournir Maurice devra  être soumis en écrit au tribunal le mercredi 12 septembre. »

A noter le témoignage poignant d’une chagossienne devant les juges de la Cour International de Justice. « Dans la cale du bateau, nous étions comme des esclaves, des animaux » raconte Liseby Elysée. Cette Chagosienne a témoigné devant la Cour internationale de Justice la façon dont elle et les autres habitants des îles de l’archipel des Chagos ont été déportés de leurs îles natales.

Elle a expliqué qu’ils vivaient bien jusqu’au jour où ils ont été informés par l’administrateur qu’ils devaient quitter maison, effets et biens. Cela, sans leur donner les explications nécessaires. C’est dans le noir, a-t-elle ajouté, qu’ils ont été embarqués sur le navire MV Nordvaer pour venir à Maurice. Liseby Elysée était enceinte de quatre mois et le voyage a duré quatre jours. Son bébé né prématurement est mort à sa naissance.

Au siège du Groupe Réfugiés Chagos à Pointe-aux-Sables, une dizaine de Chagossiens ont suivi à la télévision l’audition orale devant la Cour internationale de justice. Ils sont confiants de remporter cette bataille légale et de regagner leur île natale. Certaines personnes n’ont pu s’empêcher de verser des larmes au moment Liseby Elysée a raconté, avec moult détails, la dure épreuve vécue par les Chagossiens lors de l’excision de l’archipel du territoire mauricien.

La situation était tendue à proximité de la Cour internationale de Justice de La Haye ce matin. Les membres du Chagos Islanders Movement ont été interdits d’accès pour la séance d’aujourd’hui alors qu’ils ont fait le déplacement de Crawley en Angleterre. C’est une incompréhension et la colère qui les animent.

Jimmy JEAN-LOUIS

Posted by on Sep 3 2018. Filed under Actualités, En Direct, Featured, Politique. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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