A La Haye : L’Union africaine demande la libération des Chagos
La voix de l’Afrique s’est exprimée ce jeudi 06 septembre à la Haye. Elle est unanime à condamner la position britannique et va même jusqu’à dire que la meilleure décision serait de libérer aujourd’hui même les Chagos, et par extension les Chagossiens.
Les pays de l’Union Africaine (UA), ont d’une seule voix, fait un plaidoyer en faveur de Maurice le jeudi soir 6 septembre, devant la Cour Internationale de Justice (CIJ) à La Haye, aux Pays-Bas.
Les trois membres de la délégation de l’Union africaine sont intervenus durant plus d’une quarantaine de minutes pour défendre la cause mauricienne. Leur message est sans équivoque : « la décolonisation de Maurice est incomplète et la lutte pour que les Chagos soient de nouveau rattachés au territoire mauricien fait partie de l’agenda de l’Union africaine. »
La conseillère juridique Namira Negm, a soutenu l’argument suivant : la Cour Internationale de Justice est bel et bien l’instance appropriée pour se prononcer sur les conséquences légales de la séparation des Chagos du territoire mauricien en 1965. Elle a ajouté que ce tribunal a le devoir d’agir afin de libérer les Chagos de l’emprise britannique car le démembrement du territoire mauricien est une injustice commise en 1965.
Le deuxième intervenant, le docteur Mohamed Gomah, est revenu sur les plaidoyers des Britanniques et de ses alliés : « ce sont uniquement les pays colonisateurs qui soutiennent la Grande-Bretagne. » Il souhaite par ailleurs que la Cour Internationale de Justice apporte des clarifications sur les inégalités dont sont victimes les Chagossiens.
Pour le troisième intervenant, Makanem Bengue, la Cour doit se pencher sur la légalité de l’excision des Chagos en 1965 et ne doit pas se contenter de faire de vagues recommandations au moment de se prononcer. Les plaidoyers ont pris fin ce jeudi 6 septembre.
Sir Aneerood Jugnauth affiche la confiance après ce dernier jour des audiences publiques à la Haye
Le Ministre mentor, Sir Aneerood Jugnauth s’est lui aussi montre très confiant. Il rappelle qu’à l’époque certains politiciens n’avaient pas cru en cette initiative d’aller à la Cour Internationale de Justice. En revanche, il a lui montré sa détermination et il a commenté l’argument des Anglais, précisant que l’accord de 1965 avait été défendu par des politiciens mauriciens. Selon SAJ, «Séki Ramgoolam(feu SSR) inn kozé pa parol sacré».
Pravind Kumar Jugnauth dit garder un grand espoir dans le verdict de la Cour Inernationale de Justice
À l’issue des audiences publiques, le Premier Ministre, Pravind Kumar Jugnauth s’est dit très satisfait de la teneur et de la qualité des exposés des pays qui ont plaidé en faveur de Maurice. C’est un jour historique pour Maurice selon lui. Il se dit confiant et dit garder un grand espoir dans le verdict de la Cour. Il a aussi tenu à remercier tous les pays amis qui ont soutenu Maurice en particulier, l’Union Africaine. Il s’est notamment félicité du fait que tous les plaidoyers du jour étaient en faveur de la cause chagossienne. «Je suis confiant mais on attend la décision de la cour», a-t-il déclaré à la presse.
« Les arguments du Royaume-Uni sont une tentative de justifier l’injustifiable» soutient le Vanuatu
C’est la première fois que la République du Vanuatu prend la parole devant la Cour internationale de justice. Robert McCorquodale, membre du barreau d’Angleterre et du pays de Galles explique que la référence faite par le Royaume-Uni et les États-Unis dans leurs arguments n’est pas pertinente au cas présent en ce qui concerne l’intégrité territoriale.
Expulsion des Chagossiens : C’est un crime contre l’humanité estime la Serbie
C’est en ses termes qu’Aleksandar Gajić, conseiller juridique principal du ministère des Affaires étrangères de la Serbie qualifie l’expulsion des Chagossiens de leur île natale. Il avance que le détachement des Chagos de Maurice et l’expulsion de force des Chagossiens constituent une violation du droit international. Aleksandar Gajić ajoute également que refuser un avis consultatif sera une preuve de la faiblesse des Nations-Unies. Le Royaume-Uni et les États-Unis ont des obligations envers les pays comme Maurice, où des droits internationaux ont été violés, affirme ce dernier.
La cour doit jauger les accords à la lumière de l’inégalité entre Maurice et le Royaume-Uni au moment de l’excision de l’archipel
Propos de Virachai Plasai, ambassadeur du Royaume de Thaïlande auprès des États-Unis. Il a fait ressortir devant la Cour internationale de justice que la signature des accords a été faite alors que Maurice était encore une colonie anglaise.












