Violence des collégiens Leela Devi Dookhun-Luchoomun chapeautera la mis en place plusieurs cours destinés à forger le caractère des écoliers
Une première réunion des membres de la Special Education Needs Authority (SENA) s’est tenue le mardi 19 février dernier au siège du ministère de l’Education, à l’IVTB House à Phoenix. Le but de cette rencontre programmée entre la ministre de l’Education, Leela Devi Dookhun-Luchoomun et les membres de la SENA avait pour but de faire une table ronde entre les différents partis concernés afin de discuter sur l’avenir des enfants à besoins spéciaux dans le milieu éducatif.
D’emblée, Leela Devi Dookhun-Luchoomun a, lors de son allocution, tenu à rappeler que le gouvernement avait, lors de de la présentation du budget 2018-19, annoncé l’introduction du SENA. « La mise en place de cette autorité a pour objectif principal de promouvoir un système éducatif inclusif et équitable dans le pays et d’être conforme à l’objectif de développement durable », a-t-elle souligné. Et d’ajouter que la SENA aura pour mission de gérer les 43 Organisations non gouvernementales (ONG) travaillant pour ces enfants et plus de 53 Special Education Needs Schools. Un budget de Rs 150 m a été alloué, en ce sens, pour les quelques 2 056 élèves nécessitant une éducation mieux adaptée à leurs besoins.
Dans la foulée, la ministre de tutelle souligne la pertinence de la SENA qui travaillera en collaboration avec ces institutions pour faciliter un environnement d’apprentissage inclusif et pour élaborer un cadre d’assurance qualité pour les SENS. « La création de la SENA ne doit pas être considérée comme un moyen de séparer les enfants ayant des besoins éducatifs spéciaux de ceux bénéficiant de l’enseignement ‘mainstream’. Son inclusion dans le long terme devrait être réalisée par un processus et être effectuée par étape tout en fournissant des soins et une attention particulière, ce qui sera mieux fait avec les conseils de la SENA », renchérit-elle.
Satisfaite de la réunion
En outre, la ministre de l’Education s’est dite très satisfaite de la réunion tout en précisant que les membres de la SENA devront travailler en équipe pour atteindre un objectif commun. Elle souhaite d’ailleurs la création d’une synergie entre les les parents, les ONG et la SENA afin de mieux répondre aux besoins des enfants ayant des besoins éducatifs spéciaux.
De son côté, la présidente de la SENA Savritree Oogarah, a souligné que le conseil avait la ferme détermination d’améliorer l’éducation des enfants ayant des besoins éducatifs spéciaux. Elle a indiqué qu’avec l’expertise et l’expérience de ses membres, « la SENA sera en mesure de présenter un plan d’action efficace et de lancer des programmes appropriés pour les enfants à besoins spéciaux ».
« Ces incidents n’ont pas lieu seulement à Maurice »
Par ailleurs, répondant à une question de la presse concernant certains incidents impliquant des écoliers après les heures de classe, Leela Devi Dookhun-Luchoomun devait déclarer que « ces incidents n’ont pas lieu seulement à Maurice ». Néanmoins, la ministre de tutelle souligne que certains cas sont extrêmement choquants en soi. La ministre a expliqué aussi que son ministère a mis en place plusieurs cours destinés notamment à forger le caractère de l’enfant. « Au ministère, nous avons un département pour le ‘health and wellness’ des jeunes. Chaque année, nous mettons en place un programme pour la gestion des émotions. Également, il existe un ‘Student Behaviour Policy’ dans pratiquement tous les établissements scolaires. Des jeunes peuvent être tristes ou en colère, mais il faut leur montrer comment gérer ces émotions », a-t-elle fait ressortir.
Indiscipline des collégiens
Alan Ganoo réclame l’institution d’un High Powered Committee
« Les récents cas liés à l’indiscipline scolaire constituent une situation qui interpelle toute la société mauricienne. La situation est alarmante et les autorités doivent réagir ». C’est ce qu’a déclaré le président du Mouvement Patriotique (MP) Alan Ganoo, le mardi 19 février dernier à l’issue d’une conférence de presse.
Alan Ganoo estime qu’il y a une perte de valeurs au sein de la société mauricienne et par conséquent, blâme les parents qui, dit-il, n’assument pas leurs responsabilités. « Les parents sont souvent responsables des actes de leurs enfants. Ce problème ne concerne pas seulement le ministère de l’Éducation. Les autorités doivent réagir », a-t-il déclaré. Et d’ajouter : « C’est notre responsabilité à nous tous de trouver une solution d’urgence à ce problème ». Le leader du MP demande aussi au gouvernement d’instituer un High Powered Committee comprenant élèves, parents et autres acteurs de l’éducation afin de mettre fin à l’indiscipline scolaire.
A noter que la réaction du président du MP intervient après que des échauffourées entre collégiens et forces de l’ordre soient survenues la semaine dernière, du côté de la Gare du Nord à Port-Louis.
Le Conseil des Religions s’invite également au débat
Le Conseil des Religions n’est pas resté insensible face à cette montée de violence parmi la jeunesse mauricienne. Une position publique, après que des vidéos faisaient le buzz sur les réseaux sociaux et montraient des collégiens, filles et garçons confondus, se bagarrant entre eux ou en altercation avec les forces de l’ordre.
Dans un communiqué émis le mardi 19 février dernier sous la signé par le père Philippe Goupille, le Conseil des Religions dit déplorer le comportement de ces collégiens. Par conséquent, le Conseil a tenu à rappeler que la drogue et le stress des examens ne sont pas les seuls facteurs qui contribuent à la recrudescence de la violence chez les jeunes.
Le Conseil des Religions estime que l’absence des parents est une des causes de la violence actuelle de la jeunesse. Ses membres lancent ainsi un appel pressant à toutes les parties concernées, parents, enseignants, élèves, religieux, autorités et ONG à se concerter afin de venir à bout de ce problème.
Dans cette optique, les écoles sont invitées à mettre en place au sein de leur établissement un « Morning Assembly » afin de conscientiser les jeunes sur les dangers qui les guettent et leur inculquer des valeurs morales. Le conseil propose également aux responsables des institutions scolaires du pays de privilégier les activités extrascolaires.
Dans la foulée, le Conseil des Religions souhaite que les parents assument pleinement leurs responsabilités. Ses membres proposent à ce que des patrouilles opérées par la Special Support Unit (SSU) et la Dog’s Unit se fassent de façon régulières dans les gares afin de venir à bout de l’épineux problème de l’indiscipline scolaire.












