Décision de la CIJ : victoire écrasante de Maurice



À 12 contre 4, la Cour internationale de justice rend son avis consultatif en faveur de Maurice. La décision historique a été rendue en début de soirée ce lundi (25 février) par le Président de la Cour de la Haye, Abdulqawi Ahmed Yusuf. L’Assemblée générale des Nations avait demandé cet avis sur les effets juridiques de la séparation de l’archipel des Chagos de Maurice en 1965. Une séparation qualifiée d’illégale. Au regard des droits internationaux, le processus de décolonisation de Maurice n’a pas été validement menée à bien. Lorsque Maurice a accédé à son indépendance en 1968 à la suite de la séparation des Chagos. La Cour Internationale de justice déclare que le Royaume Uni est tenu, dans les plus brefs délais, à mettre fin à son occupation des Chagos.

 

Interminable saga, cette affaire chagossienne qui aura été un bras de fer politique, juridique et diplomatique à épisodes multiples, entre Maurice et la Grande Bretagne. Il faut rappeler que la lutte pour faire valoir la souveraineté mauricienne sur les Chagos s’est intensifié comme jamais auparavant, ces dernières années, le gouvernement mauricien se montrant intraitable sur la question, et déterminé à se tourner vers les Nations Unies et la Cour Internationale de Justice pour obtenir justice. Une affaire plus d’une fois au cœur de l’actualité politique à Maurice, avec des prises de position prêtant souvent à confusion.

Le lundi 25 février est un jour historique dans le combat de longue haleine de Maurice pour affirmer sa souveraineté sur l’archipel des Chagos. La Cour Internationale de Justice de La Haye, a rendu un avis consultatif en faveur de la partie mauricienne et demande aussi au Royaume Uni de mettre fin à son administration sur ce territoire.

Une victoire, sans appel, pour le pays en vue d’une décolonisation complète et de l’intégrité territoriale du pays. Si cette victoire est celle de toute la nation mauricienne, un homme a laissé une empreinte profonde : Sir Anerood Jugnauth.

En conférence de presse, ce lundi soir, le ministre mentor devait considérer ce jour de « mémorable». Ce dernier devait souligner qu’il a mène le combat en faveur des Chagos malgré les menaces et pressions des britanniques et des américains. « J’ai toujours eu la conviction que la lutte entamée était légitime. La lutte que j’ai menée était juste ! », devait expliquer ce dernier. Ce dernier a d’ailleurs qualifié ce combat pour les Chagos comme une « mission sacrée ». Et de faire aussi ressortir, dans la foulée, qu’il était toujours confiant de la victoire de la partie mauricienne.

Le ministre mentor, de par sa longue carrière politique et ses années passées à la tête du pays s’est toujours impliqué dans le dossier des Chagos. Il fut d’ailleurs, un de ceux présents à la conférence de Lancaster House, en 1965, menant à l’indépendance et lors de laquelle le sort des Chagos était scellé. Et après les élections de décembre 2014, ce dernier a pris le dossier à bras le corps afin que Maurice puisse retrouver sa souveraineté sur l’archipel.

Déjà, en mars 2015, le Tribunal international du droit de la mer déclare illégale la démarche du Royaume Uni de créer un parc marin autour de l’archipel. SAJ, en juin 2016, souligne que Maurice ira devant la Cour Internationale de Justice si les Britanniques refusent toujours de restituer l’archipel des Chagos. En août 2016, le ministre mentor martèle, au Parlement qu’il ne laissera pas tomber les Chagos, réitérant sa volonté de se battre sur ce dossier. Il s’exclame à cette occasion : « la souveraineté de Maurice sur l’archipel des Chagos n’est pas négociable ». SAJ se rend, ainsi à La Haye, pour intervenir devant la Cour, le 3 septembre 2018.

Pendant une quinzaine de minutes, il y défendra, bec et ongles, la position mauricienne. Il soulignera comment le Royaume Uni a forcé la main de la délégation mauricienne pour céder les Chagos. Il fera ressortir que l’indépendance de Maurice est incomplète sans la rétrocession de l’archipel, comment cet excision a causé du tort, non seulement aux Chagossiens, mais aussi à Maurice. Les efforts de la partie mauricienne se sont, finalement, cristallisés que l’avis consultatif de la Cour Internationale de Justice a rendu, ce 25 février 2019.

Cette date restera, à jamais, gravée dans les mémoires de toute la nation. A l’âge de 88 ans, et après ses années de service pour le pays, SAJ réussit un nouveau tour de force qui rapproche Maurice d’un rêve caressé par beaucoup : une nation unie et débarrassée des dernières entraves de la colonisation

 

Pravind Jugnauth remercie l’Union Africaine et les autres pays qui soutiennent Maurice dans ce combat

Un jour mémorable pour le pays. Le Premier ministre a commenté lors d’une conférence de presse l’avis consultatif prononcé par Aldulqawi Ahmed Yusuf, président de la Cour Internationale de Justice. Pravind Jugnauth dit attendre la réaction de la Grand Bretagne. Il a aussi remercié l’Union Africaine et les autres pays qui soutiennent Maurice dans ce combat. A une question de la presse le chef du gouvernement a fait ressortir que les relations bilatérales entre Maurice et l’Angleterre ne seront nullement affectées. Il a aussi précisé que Maurice a continué à travailler avec le Royaume Uni malgré que cette affaire soit devant la Cour Internationale de Justice.

 

Sir Anerood Jugnauth a aussi pris la parole lors de cette conférence de presse. Il a félicité le pays et les Chagossiens pour ce dénouement positif. Le ministre mentor dit que la lutte pour les Chagos représente une mission sacrée et qu’il a toujours été convaincu de la légitimité de ce combat.

Posted by on Feb 26 2019. Filed under Actualités, En Direct, Featured. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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