1er Mai et élections générales: L’Opposition déboussolée



La marmite politique est actuellement à très haute température et cela commence à s’agiter fortement dans le pays et au sein des partis politiques. Plusieurs individus descendent sur le terrain en vue de mobiliser l’électorat et avoir les faveurs de la population. Les échéances s’approchent à grand pas et afin de ne pas rester à quai, il va falloir naviguer fort pour certains.

Il y a d’abord l’échéance du 1er Mai, qui bon gré mal gré, en cette année électorale aura valeur de véritable test pour les partis politiques qui se respectent. Déjà cette étape cause un véritable tourbillon au sein des états-majors des partis qui ne savent plus sur quel pied danser car dans le sillage des célébrations de la Fête du Travail il y a également la perspective d’une élection partielle au No 7 (Piton/Rivière-du-Rempart) suite à la démission de Vishnu Lutchmeenaraidoo.

Le MMM qui en parallèle avec le Parti Travailliste réclame chaque jour qui passe l’organisation des élections générales anticipées ne sait plus sur quel pied danser. Après avoir fait savoir qu’il ne participera pas à l’élection partielle et n’organisera pas de meeting le 1er Mai, voilà que Paul Bérenger a changé cette semaine de fusil d’épaule pour signifier son intention d’être bel et bien présent à Rose-Hill pour la Fête du Travail. A souligner que comme prétexte le MMM avait d’abord tenté de faire croire que ses caisses étaient vides pour expliquer son éventuelle absence à Piton/Rivière-du-Rempart et pour le 1er Mai. Un argument grotesque quand on sait qui sont les bailleurs de fonds du MMM et que ces gens-là qui ont tiré profit de l’esclavage, de l’engagisme, du colonialisme et ont reçu la plus grosse part du gâteau après l’indépendance ne manquent jamais d’argent. On peut toutefois comprendre l’effroi que cause l’éventualité de participer à une partielle dans les rangs du MMM quand on sait que les mauves sont tombés aussi bas que 14% à Belle-Rose/Quatre-Bornes en décembre 2017. Depuis, le parti n’a jamais pu remonter la pente.

Du côté du PMSD également c’est la débandade car la situation pour ce parti est pire que jamais. Après avoir remporté les dernières élections générales au sein de l’Alliance Lepep, Xavier-Luc Duval n’a pas pu résister aux sirènes de Navin Ramgoolam. Ils sont des alliés naturels – ceci explique cela – et aujourd’hui il est clair que le PMSD n’a d’autre choix que de chercher un arrangement avec le Parti Travailliste pour affronter l’électorat. Il ne faut pas oublier que le candidat bleu n’a pas pu sauver sa caution à Belle-Rose/Quatre-Bornes et que malgré tous les cris de putois d’Adrien Duval et de Mamade Khodabaccus, le PMSD ne vaut pas un clou sur l’échiquier politique.

Le MMM et le PMSD se retrouvent donc en très mauvaise posture en cette année électorale et si jamais Paul Bérenger et Xavier-Luc Duval n’arrivent pas à arracher une alliance électorale pour les élections générales, leurs partis respectifs seront confrontés à la dure réalité d’une disparition pure et simple de la scène politique. Il faut mentionner que déjà sur le terrain, le MMM et le PMSD ne représentent plus rien et sont quasi inexistants. Ils ne dépendent que sur leur présence à l’Assemblée nationale et leurs chamchas dans la presse pour assurer leur survie politique. Ils peuvent affirmer ce qu’ils veulent mais leur difficulté à arracher une alliance donne déjà une idée que leur valeur a grandement diminué.

Sur l’échiquier aujourd’hui, il y a également la bande à Alan Ganoo qui s’est alliée à celle de Pradeep Jeeha pour devenir un autre groupuscule qui s’adonne à pas mal de gesticulations pour se faire remarquer. Ils viennent tous du sérail du MMM où ils se sont fait éjecter de différentes façons et pour diverses raisons. Ils tentent aujourd’hui de mobiliser les militants déçus du MMM pour les jeter dans les bras de Navin Ramgoolam. Quel programme ! Odieux ! Ils ne veulent pas accepter qu’ils ont fait leur temps et qu’il est désormais l’heure de passer le témoin aux jeunes et que sinon ils seront balayés par un tsunami aux prochaines élections. Laissons les irréductibles persister dans leurs bêtises.

Où se situe le gouvernement dans tout ce ramdam? Il faut dire que suite à la démission de Vishnu Lutchmeenaraidoo, le Premier ministre a su reprendre les cartes en mains pour maîtriser la situation. L’annonce de l’organisation d’une élection partielle au No 7 a jeté le trouble dans les rangs de l’Opposition comme en témoigne le fait que le Parti Travailliste qui avait déjà annoncé son meeting du 1er Mai à Port-Louis envisage maintenant de le tenir à Rivière-du-Rempart. Cela donne une idée de l’incapacité des rouges à dégager une stratégie nette et claire que ce soit pour le 1er Mai, la partielle et encore moins pour les générales.

Pravind Jugnauth a donc réussi une fois de plus un grand coup politique et il va sans dire que le fait qu’il soit le seul à maîtriser toutes les données lui accorde un avantage certain sur ses adversaires. Dans cette perspective, le Premier ministre peut avancer sans risques ses pions l’un après l’autre et voir venir l’Opposition sereinement. Une Opposition qui avance en ordre dispersée n’arrivant pas à accorder ses violons.

Ce qui se passe actuellement sur la scène politique peut tout aussi distraire la population et détourner l’attention sur les vrais enjeux. Les meetings, congrès et réunions vont donc s’enchaîner à un rythme effréné, ce qui ne manquera pas de causer certaines perturbations dans la vie de nos concitoyens. Une longue campagne ne sera donc pas dans l’intérêt du pays et il serait souhaitable que tout ceci ne dure pas trop longtemps.

Par ailleurs les électeurs doivent être très prudents devant les individus qui vont frapper à leur porte pour solliciter leurs soutiens. Certains ont vécu pendant des années à l’étranger et ne connaissent rien à la réalité mauricienne et tentent aujourd’hui de percer sur le plan politique se croyant investis d’un héritage venant de l’au-delà. Faut-il légiférer pour imposer la condition que les candidats potentiels doivent avoir résidé un minimum de cinq ans au pays avant les élections. Nous croyons que oui.

Les citoyens doivent également se montrer exigeants envers les candidats et éliminer dès le départ ceux qui ont joui du pouvoir dans le passé et qui n’ont rien foutu mais n’ont fait que se remplir les poches et défendre les intérêts de leurs proches. Aujourd’hui avec les réseaux sociaux et les sites d’information en ligne, il n’est pas difficile de faire des recherches sur les candidats à la députation. Il ne faut pas tomber dans les pièges à nouveau. Ce n’est pas parce qu’on n’est pas d’accord avec certaines décisions de ce gouvernement qu’il faut impérativement retourner Navin Ramgoolam au pouvoir avec toutes les casseroles qu’il traine.

Terra del Fuego

Posted by on Apr 11 2019. Filed under Politique. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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