Alain Jeannot, écrivain et spécialiste de la sécurité routière « Notre pays est d’une richesse historique inestimable à laquelle participent nos églises »



Agé de 53 ans et spécialiste de la sécurité routière, Alain Jeannot a lancé le 4 avril dernier son troisième ouvrage « Échappées belles à travers nos églises ». Marié et père de trois enfants, Alain Jeannot nous propose dans son nouvel ouvrage un voyage dans le temps autour des belles architectures de douze églises du diocèse de Port-Louis. Employé à la compagnie nationale d’aviation et également membre de la Commission Justice et Paix, il a voulu à travers «Échappées belles à travers nos églises », s’intéresser non seulement à la sécurité routière mais également à la religion et à la culture. Interview.

Q : Expliquez-nous le but de votre dernier livre sur les églises –«  Echappées belles à travers nos églises » ?

R : C’est un sujet qui me passionne et je voulais utiliser ma plume pour partager cette flamme de manière intemporelle. Le premier but est donc le partage.

Le deuxième c’est parce que j’ai la profonde conviction que nos Eglises méritent d’être mieux connues, non pour elles mais pour notre propre édification. Cette motivation dépasse le cadre de la confession religieuse car la contribution de l’église à notre histoire commune, dans une société plurielle, est incommensurable.

Aussi, je ne parle pas que de l’église bâtiment mais aussi de l’église peuple qui la fréquente et l’église institution à l’exemple des écoles et organisations caritatives qui gravitent autour d’elle.

Q : Pourquoi le choix de ces 12 églises spécifiques ?

R : Parce que pour ma première série d’églises est un chiffre symbolique par rapport aux douze apôtres du Christ. De plus, chacune de ces douze églises a une histoire et une contribution pertinente propre à elle qui donne une saveur particulière à la fonction commune de rassembler autour de Dieu, d’ailleurs le mot Eglise vient du latin « ecclesia » qui veut dire « assemblée ».

Q :      Pensez-vous qu’il y ait un manque d’intérêt sur l’histoire de nos églises en général ?

R : Pas que sur l’histoire de nos églises, mais sur l’histoire en général. Pourtant l’histoire aide à prévoir, à naviguer avec le recul des expériences passées surtout dans une société pluriculturelle comme la nôtre.

Sous-estimer l’histoire, c’est comme conduire sans rétroviseur !

Q :    La plupart de ces églises sont de vieux bâtiments de l’ère coloniale dont l’entretien coûte très cher et qui ne sont pas mises en valeur dans le cadre d’un parcours religieux, culturel et touristique. Que faut-il faire ?

R : Le tourisme religieux est un marché en plein expansion. En 2000, on estimait à 200 millions le nombre de voyageurs de cette catégorie. Aujourd’hui, ils sont plus de 350 millions à voyager pour des pèlerinages et pour visiter des sites religieux.

En France, la cathédrale Notre-Dame-de-Paris attire à elle seule 14 millions de visiteurs venant de tous les coins du monde.

Toutes proportions gardées, nous pouvons aussi encourager davantage le développement d’un produit touristique et spirituel car ces églises anciennes sont de véritables musées d’art sacré, des bijoux architecturaux indissociables de l’histoire du pays. 

Q : L’Etat doit-il, comme cela se fait en France, venir en aide au Diocèse de Port-Louis pour maintenir à niveau son patrimoine qui est d’une richesse incroyable ?

R : Indépendamment de la formule, l’entretien et la valorisation de ces bâtiments sont vitaux. D’une part, ils participent à la pratique religieuse dont les bénéfices sociaux sont inestimables et d’autre part ils encouragent la visite et rehaussent le sentiment de fierté nationale. Un bâtiment n’est pas qu’une structure, il est aussi le symbole d’un pays, d’une cité. Pouvons-nous concevoir Cologne sans sa cathédrale où Agra sans le Taj Mahal ?

Q : Laquelle de ces églises vous a le plus fasciné ?

R : Chaque église m’a interpellé à sa manière mais je peux dire que l’église St-Sacrement à Cassis m’a le plus fasciné. L’architecture, le savoir-faire, les proportions, l’histoire, tout est tout simplement extraordinaire.

Q :  Quels sont vos projets futurs ?

R : Fouiller davantage dans l’histoire des églises et d’autres lieux de culte de notre île plurielle.

L’histoire du pays me passionne et, comme l’appétit vient en mangeant, je ne tarderai pas à m’attaquer à un autre mets. Il me faut une petite pause pour choisir : la carte de menu est chargée.

Q : Comptez-vous écrire un livre sur votre autre dada qu’est la sécurité routière?

R : Pourquoi pas ? Mais le manque de ressources, c’est-à-dire de travaux de recherches locaux à ce sujet pourrait rendre le travail un peu plus difficile mais pas insurmontable. Where there is a will there is a way.

Q :   Un mot sur la visite du pape pour le fervent catholique que vous êtes ?

D’abord je suis un catholique tout simplement, je ne me considère pas plus fervent que les autres.

Pour moi, la visite du pape est une bénédiction pour le pays. Etymologiquement, bénédiction veut dire « dire du bien ». La communauté internationale va dire beaucoup de bien de notre pays à l’issue de cette visite.

Nous allons nous dire du bien mutuellement car le pape c’est quand même le chef spirituel de plus de 300 000 Mauriciens de foi catholique et il est admiré par et respecté de l’ensemble de la population. Il est pour nous une source d’inspiration qui fera couler l’encre du bien sur le papier de notre conscience collective.

Mais il faut tout de même une éducation à cette visite car aujourd’hui les réseaux sociaux jouent souvent aux trouble-fêtes.

Q : Votre mot de la fin.

Notre pays est d’une richesse historique inestimable à laquelle participent nos églises. Pourquoi ne pas en profiter en faisant, à travers elles, d’agréables échappées belles ?

Posted by on Apr 15 2019. Filed under Actualités, Economie, En Direct, Featured, Sci-Tech. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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