Lettre ouverte…La vérité sur Roche-Bois



Je ne suis ni un habitué des polémiques ni ai-je un fantasme de polémiquer sur tout et rien.

Mais l’article de presse sur Roche-Bois, cité qualifiée de cité ‘Nissa’, m’a sérieusement motivé à m’exprimer sur toute la question.

Tout d’abord en tant qu’ancien journaliste ayant travaillé au sein de plusieurs rédactions, je fais toujours preuve de clémence envers mes anciens collègues, estimant que c’est leur devoir de nous informer, même de ne pas être neutre, car j’estime qu’un journaliste n’a pas l’obligation d’être neutre. Personne n’est neutre. Le problème survient quand on ne dit pas la vérité, ou plutôt « Being economical with the truth ».

C’est aussi un problème quand la motivation d’écrire est politiquement soutenu. Le ou la journaliste qui a écrit l’article est de mauvaise foi. La personne le sait, et elle le confirme en ne  signant pas son article. Sa  motivation vient de la question parlementaire adressée la semaine dernière à sir Anerood Jugnauth sur les problèmes liés à la drogue à Roche-Bois.

L’Express non satisfait des réponses du ministre Mentor a voulu être parlementaire en faisant un reportage sur la cité Roche- Bois. Jamais dans le passé, les membres de l’Opposition et une bonne partie de la presse ne se sont intéressés à Roche-Bois, sur des sujets politiques ou économiques. Une cité incontournable qui est dans le nord et le sud du pays. Une autoroute que des milliers de Mauriciens empruntent au quotidien pour aller à l’école et au travail. Mais le ou la journaliste a préféré prendre un angle, avec comme photos quelques toxicomanes en manque pour faire de la démagogie.

Tout au long de cette semaine, j’ai vu défiler plein de personnes de bonne foi exprimant leur soutien ou profonde fâcherie contre l’Express. Certains ont parlé d’Atelier Mo’Zar, de Mario Ramsamy, de l’équipe de foot de Bolton, des récents lauréats habitant la cité, mais les vrais héros sont tous ces hommes et femmes qui vivent à Roche-Bois, malgré les difficultés qui s’y trouvent.

Pendant des décennies, Roche-Bois a été délaissé de tout et maintenant il est pris en considération et le développement est au programme. L’accès à l’éducation, l’emploi et autres se précise. Certains habitants de Roche-Bois n’arrivent pas à trouver un travail uniquement à cause de leur lieu de résidence. C’est ce genre de problème que l’Express devrait combattre. Il y a eu de mauvaises perceptions sur ce coin à cinq minutes de Port-Louis. L’Express a voulu les transformer en une vérité et une fatalité.

Où était la presse quand cette région a été marginalisée pendant des lustres ?

J’ai grandi et j’habite toujours à Baie du Tombeau et je me souviens des conneries de M6 il y a quelques années de cela, affirmant que Baie du Tombeau est l’endroit le plus dangereux à l’île Maurice. Beaucoup d’entre nous étaient révoltés y compris certains amis journalistes.

Mais aujourd’hui pour des raisons visiblement politiques qui visent à s’attaquer au gouvernement du jour, Roche-Bois a payé les frais de ce cas de très mauvais journalisme.

Si la Sentinelle pensait vraiment que Roche-Bois est la cité du ‘Nissa’, elle n’aurait jamais fait ériger son quartier-général à côté de l’autoroute de Roche-Bois. A moins qu’elle partage le même « Nissa », celui du journalisme synthétique.

Leevy Frivet

Posted by on Apr 15 2019. Filed under Actualités, En Direct, Featured, Opinion. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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