Notre-Dame de Paris. « Le trésor » sauvé des flammes, 5 à 10 % d’oeuvres perdues dans l’incendie



L’édifice renferme des œuvres d’art d’exception et des reliques religieuses inestimables. Certains objets ont miraculeusement survécu à l’incendie, mais la perte des autres est irréparable.

Au milieu du désastre, des éléments de grande valeur ont pu être préservés. Guidés par des conservateurs du patrimoine, les pompiers ont notamment pu sauver le « trésor » de Notre-Dame. La Sainte Couronne est sans doute l’objet le plus précieux de la cathédrale. Le premier vendredi de chaque mois, les fidèles pouvaient vénérer ce cercle de joncs retenus par des fils d’or, posé, selon la croyance, sur la tête du Christ avant sa crucifixion.

La tunique de Saint-Louis ainsi qu’un clou de la Passion et un morceau de la croix ont également été extirpés des flammes. Conservés dans un coffre de la Mairie de Paris, ces artefacts inestimables seront ensuite déplacés au Louvre. Des objets liturgiques et des manuscrits rares ont en outre été épargnés. Des reliques de Saint-Denis et de Sainte-Geneviève, ainsi qu’une parcelle de la Couronne d’épines, dissimulées dans le coq en métal perché au sommet de la flèche ont, en revanche, été perdues.

Les rosaces ont tenu bon

Les trois magistrales rosaces, datant des XIIe et XIIIe siècles ont tenu bon, mais ont été superficiellement noircies. Lundi, Mgr Chauvet, recteur archiprêtre de la cathédrale, a indiqué que l’une d’elles pourrait cependant être démontée. Les baguettes de plomb qui permettent d’assembler les morceaux de verres peints pourraient avoir fondu. D’autres vitraux du XIXe ont subi des dégâts plus importants.

Élément majeur des offices religieux, le grand orgue compte cinq claviers, et 8 000 tuyaux. Son état est incertain. Le ministre de la Culture, Franck Riester, jugeait lundi qu’il semblait « assez atteint ». La forte pression de l’eau faisait craindre des dégâts irrémédiables sur l’instrument. Mais les flammes ne l’ont pas touché, indique Laurent Prades, régisseur du patrimoine intérieur de la cathédrale. « Il a pris de la suie et de la poussière, donc il est totalement inutilisable. Mais rien n’a brûlé, rien n’a fondu. »

5 et 10 % d’œuvres perdues

Haut-lieu de l’art chrétien, la cathédrale abrite également des peintures d’envergure. L’incertitude planait sur les treize grands Mays, tableaux monumentaux de près de quatre mètres de haut. Mgr Chauvet a assuré lundi soir qu’ils avaient pu être évacués au cours de l’incendie. « Le patrimoine de Notre-Dame est exceptionnel, relate François Boespflug, historien de l’art chrétien. Peu d’édifices religieux dans le monde retracent l’histoire de la Passion du Christ de façon aussi remarquable. »

Illuminée par les couleurs chatoyantes des vitraux, la statue de la Vierge à l’Enfant, est, elle aussi, restée intacte. Pour les fidèles, Notre-Dame de Paris, c’est elle. Les trente-six autres représentations de Marie ont vraisemblablement également été épargnées.

« Ce sont plus que des objets de musée, juge François Boespflug. Ce sont des mains tendues entre les générations, entre le pouvoir et le peuple, entre l’Église et les fidèles, qui disparaissent. » L’Observatoire du patrimoine religieux estime entre 5 et 10 % la part des œuvres d’art qui ont disparu dans l’incendie. Mais lundi soir, selon le ministère de la Culture, « aucune perte d’œuvres n’était à déplorer. Certaines ont été endommagées et vont devoir être restaurées ».

Posted by on Apr 17 2019. Filed under Actualités, En Direct, Featured, Monde. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

Leave a Reply

Search Archive

Search by Date
Search by Category
Search with Google

Photo Gallery

Copyright © 2011-2016 Minority Voice. All rights reserved.