Appui renouvelé de l’Assemblée générale des Nations Unies au combat de Maurice pour le parachèvement de sa décolonisation
Le 22 mai 2019, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté, à une écrasante majorité, une résolution visant à donner effet à l’avis consultatif rendu par la Cour internationale de Justice, le 25 février dernier, sur les effets juridiques de la séparation de l’archipel des Chagos de Maurice en 1965.
Le Premier ministre, l’honorable Pravind Kumar Jugnauth, qui a dirigé la délégation mauricienne à cette réunion, s’est réjoui de l’adoption de cette résolution. Peu après l’adoption de la résolution, le Premier ministre a déclaré que c’était un autre moment historique pour la République de Maurice et tous les citoyens mauriciens, y compris ceux d’origine chagossienne.
116 pays ont voté en faveur de la résolution tandis que seulement 6 pays ont voté contre. 56 pays se sont abstenus lors du vote. La résolution a donc recueilli le soutien d’une grande majorité des Etats Membres des Nations Unies provenant de différentes parties du monde : l’Afrique, l’Asie, l’Europe, le Moyen-Orient, l’Amérique latine, le Pacifique et les Caraïbes.
Il convient de rappeler que lorsque l’Assemblée générale
des Nations Unies avait adopté, le 22 juin 2017, la résolution 71/292 pour
demander un avis consultatif de la Cour internationale de Justice, 94 pays avaient
voté en faveur de la résolution et
15 pays contre tandis que 65 pays s’étaient abstenus lors du vote.
Parmi les 116 pays qui ont voté pour la résolution le 22 mai 2019 figurent, outre des pays qui avaient voté en faveur de la résolution 71/292, :
- la Chine et la Fédération de Russie qui sont des membres permanents du Conseil de sécurité et qui s’étaient abstenues lors du vote en 2017 ;
- des pays européens tels que l’Autriche, l’Espagne, la Finlande, la Grèce, l’Irlande, l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège, la Suède et la Suisse qui s’étaient aussi abstenus lors du vote en 2017 ;
- Antigua-et-Barbuda, le Cambodge, le Laos, la Libye, Monaco, le Sénégal, la Somalie et le Suriname qui étaient absents lors du vote en 2017 ;
- la Grenade, l’Indonésie, la Jamaïque, le Kazakhstan, le Mexique, le Myanmar, les Palaos, le Paraguay, les Iles Solomon, Saint-Kitts-et-Nevis, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, et Singapour qui s’étaient également abstenus lors du vote en 2017.
Par ailleurs, 9 pays qui avaient voté contre la résolution 71/292 du 22 juin 2017 se sont abstenus lors du vote le 22 mai 2019. Ces pays sont l’Afghanistan, l’Albanie, la Bulgarie, la Corée du Sud, la Croatie, le Japon, la Lituanie, le Monténégro et la Nouvelle-Zélande.
La résolution qui a été adoptée le 22 mai 2019 par l’Assemblée générale des Nations Unies constitue une autre étape très importante dans le combat de longue date que mène Maurice pour le parachèvement de sa décolonisation.
Cette résolution qui affirme que l’archipel des Chagos fait partie intégrante du territoire mauricien établit les modalités pour assurer le parachèvement de la décolonisation de Maurice. Dans cette résolution, l’Assemblée générale exige du Royaume-Uni qu’il procède au retrait de son administration coloniale de l’archipel des Chagos, de manière inconditionnelle dans un délai maximum de six mois à compter de l’adoption de la résolution.
L’Assemblée générale prie aussi instamment le Royaume-Uni de coopérer avec Maurice en facilitant la réinstallation des nationaux mauriciens, y compris ceux d’origine chagossienne, dans l’archipel des Chagos, et de n’opposer aucune entrave ni obstacle à cette réinstallation.
Par ailleurs, l’Assemblée générale demande à tous les Etats Membres de coopérer avec les Nations Unies aux fins du parachèvement de la décolonisation de Maurice dans les plus brefs délais et de s’abstenir de toute mesure de nature à entraver ou à retarder le parachèvement du processus de décolonisation de Maurice conformément à l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice et à la résolution qu’elle a adoptée le 22 mai 2019.
L’Assemblée générale demande aussi à l’Organisation des Nations Unies et à toutes ses institutions spécialisées ainsi qu’à toutes les autres organisations internationales, régionales et intergouvernementales de reconnaître que l’archipel des Chagos fait partie intégrante du territoire de Maurice, de soutenir la décolonisation de Maurice qui doit intervenir dans les plus brefs délais et de ne pas reconnaître les dispositions prises par le « Territoire britannique de l’océan Indien » ou en son nom, ou donner effet à de telles dispositions, afin de ne pas entraver le processus de décolonisation de Maurice.
Finalement, l’Assemblée générale prie le Secrétaire général des Nations Unies de lui présenter à sa prochaine session un rapport sur l’application de la résolution, notamment sur toute mesure prise par le Royaume-Uni et les autres Etats Membres.
Le Gouvernement de la République de Maurice remercie vivement les Etats d’Afrique membres des Nations Unies qui ont conjointement présenté la résolution ainsi que l’Argentine, la Bolivie, le Cuba, le Nicaragua, la Syrie, le Vanuatu et le Venezuela qui ont coparrainé la résolution.
Le Gouvernement de la République de Maurice tient aussi à exprimer sa profonde gratitude à tous les pays qui ont voté en faveur de la résolution et, en particulier, pour le signal très fort qu’ils ont envoyé : que le colonialisme ne peut plus être toléré, que le droit international doit être respecté et que l’intégrité des institutions des Nations Unies, y compris la Cour internationale de Justice, doit être vigoureusement défendue.
En outre, le Gouvernement de la République de Maurice
salue la position prise par
M. Jeremy Corbyn, chef de l’opposition au Royaume-Uni, après l’adoption de la
résolution de l’Assemblée générale.
Par ailleurs, le Gouvernement de la République de Maurice espère que le Royaume-Uni répondra favorablement aux demandes de l’Assemblée générale, permettant ainsi à Maurice de mener à bien la décolonisation de son territoire et de mettre en œuvre un programme de réinstallation dans l’archipel des Chagos pour ses nationaux, en particulier ceux d’origine chagossienne, dans les plus brefs délais.
27 mai 2019
Bureau du Premier ministre












