Interview de la semaine: Vikash Nuckcheddy, candidat du MSM au No 7
« Anil Bachoo était mon enseignant, pas mon ‘guru’ »
• « Le parcours politique de SAJ qui m’a beaucoup inspiré m’a permis de rentrer de plain pied dans la cour des grands »
• « En 2014, c’est Paul Bérenger qui était la vraie ‘toupie’ de Navin Ramgoolam »
Dans une interview, accordée à Le Xournal, le candidat du MSM, Vikash Nuckcheddy, pour l’élection partielle au No 7, lance un appel aux Mauriciens, plus particulièrement aux habitants de Piton/Rivière du Rempart de faire la différence entre l’ancien Premier ministre et l’actuel, qui, dit-il, a une grande vision et mise sur l’avenir des Mauriciens et du pays. Ainsi, il souhaite que les Mauriciens en général comparent les nombreux accomplissements de PJ par rapport à ceux de NR avant de voter. D’autre part, il demande à la population de soutenir pleinement les actions du gouvernement MSM-ML, de Pravind Jugnauth et son équipe.
Sanjay Bijloll
Q : Votre candidature apporte une bouffée d’air frais à la classe politique avec la confiance du PM en un jeune professionnel. Quel sentiment cela provoque-t-il chez vous ?
R : J’éprouve une grande satisfaction et de l’espoir dans l’avenir, surtout lorsqu’on parle de dynastie à Maurice. Je remercie mon leader de m’avoir choisi car je ne suis pas né dans une famille de politiciens. En tant que jeune, je fais de la politique active et cela justifie les déclarations de Pravind Jugnauth lorsqu’il parle du renouveau et de ses actions contrairement à mon adversaire principal.
Au lieu de donner la chance à un jeune, encore une fois c’est un vétéran que la direction du Parti Travailliste a choisi pour être candidat au No 7. C’est une des raisons pour lesquelles les jeunes de notre pays veulent se rallier derrière le MSM
Q : Lors du Nomination Day, vous étiez d’une humilité saisissante contrastant avec l’arrogance de l’autre camp…Serait-ce la marque de la nouvelle race de politiciens pour l’avenir ?
R : L’humilité fait partie de mes bonnes qualités et de mes actions. Je suis très proche de la masse et je prône une politique terre à terre avec les gens. De ce fait, je suis d’avis que la nouvelle race de politiciens doit avoir cette humilité pour se lancer dans l’arène politique.
Q : Vous êtes surtout connu dans le domaine professionnel et le service social. Comment souhaiteriez-vous vous présenter à l’électorat du No 7 ?
R : Je me projette comme quelqu’un à l’écoute des gens et je fais de la politique autrement et avec une certaine sincérité.
D’autre part, je dirais que je n’ai pas un passé politique, mais plutôt un parcours professionnel et social qui sont assez éloquents. Et c’est avec ce même sérieux, cette rigueur, cet engouement et cet engagement que j’envisage de faire carrière en politique.
Q : Vikash Nuckcheddy, c’est un nom connu auprès des organisations socioculturelles et socioreligieuses. En quoi cela vous aide-t-il dans la vie de tous les jours ?
R : Je suis étroitement lié avec le social et la politique. Par exemple, je suis le président de la ‘Commission of Building Committee » d’Arya Sabha Mauritius. De ce fait, je suis responsable de l’entretien, la construction et l’extension de 400 branches, de trois collèges, deux écoles primaires, six ‘ashrams’ à travers l’île et d’une université à Pailles d’Arya Sabha, qui est pleinement opérationnelle. Sans doute, mon expérience dans les domaines socioculturel et religieux m’aidera beaucoup à me frayer un chemin dans la politique.
Q : Vous connaissez bien votre principal adversaire pour avoir été à maintes reprises son agent électoral au No 9?
R : Je dois dire que la manière de faire de la politique d’Anil Bachoo a beaucoup changé depuis 1991 quand il a été élu pour la première fois au No 9 (Flacq/ Bon Accueil). « Li pas finne walk the talk », ce qui li ti prêché, li pas finne appliqué ». L’électorat n’est pas dupe et n’aime pas ce genre de politicien qui n’honore pas ses promesses. Il était connu comme le ‘Roi de l’Est’. Sa défaite en 2014 démontre qu’il ne l’est plus. Comme un rat, il s’est sauvé du No 9 pour se présenter comme candidat au No 7.
De plus, Anil Bachoo est devenu arrogant. Ainsi, l’électorat a délaissé ce dernier pour s’associer avec des politiciens qui sont honnêtes, sincères et intègres à l’instar de Pravind Jugnauth et autres.
Q : Comme nous y sommes, racontez-nous votre parcours politique ?
R : J’ai débuté ma carrière politique comme conseiller du village de Mare La Chaux, à l’âge de 19 ans. C’était en 1989 et j’étais encore étudiant. A l’époque, j’étais le plus jeune candidat à l’élection du village.
Puis en 1992, j’ai été élu président de mon village à l’âge de 22 ans. Et c’est à partir de là, que les gens ont commencé à m’observer, connaître et m’ont encouragé à faire de la politique active.
En 1995, on m’avait nommé chef agent de l’alliance MSM/RMM aux élections générales. Mais malheureusement, nous avons perdu par 60-0.
Lors de l’élection partielle en 1998, j’étais aux côtés de sir Anerood Jugnauth. C’est là, que j’ai vraiment connu SAJ. J’étais très inspiré par le parcours politique de ce dernier et de son leadership. Tout cela m’a aidé pour entrer dans la cour des grands.
Q : Vous étiez au MMM avant de « viré mam »…L’avez-vous vécu comme un douloureux évènement ou une trahison ?
R : Oui, c’était très douloureux et cette trahison du MMM m’a été préjudiciable car le leader des ‘Mauves’ m’avait révoqué du Comité Central parce que j’étais contre la cassure du ‘Remake’ et de concrétiser une alliance avec le PTr de Navin Ramgoolam.
C’était une humiliation pour moi. Et là, j’ai découvert que le MMM qui se vante d’être un parti structuré n’est pas un parti démocrate. Le leader de ce parti n’était pas à l’écoute des militants. Il prônait un ‘one man show » car à cette époque, même le secrétaire général du MMM, Rajesh Bhagwan, n’était pas au courant que son parti concrétiserait une alliance avec le PTr. Sinon jamais Rajesh Bhagwan aurait déclaré en public : « Si MMM pour faire l’alliance avec le PTr mo pou boire lysol ».
Pour moi, c’était une pure trahison. En tant que jeune, les déclarations de Paul Bérenger étaient inconcevables. Chaque deux semaines, j’assistais au Comité Central du MMM où le leader des « Mauves » disaient que le ‘Remake’ est ‘On’. Chaque semaine, cinq membres du MSM et cinq du MMM se rencontraient régulièrement pour préparer la liste des candidats pour les élections générales. Le matin, dans sa conférence hebdomadaire, Paul Bérenger tirait à boulets rouges sur Navin Ramgoolam. Puis, il avait dit que le ‘remake’ est déjà ‘off’. Tout cela c’était ridicule de sa part de faire de faire de telles déclarations.
Dans sa récente conférence de presse, le leader du MMM m’a qualifié de ‘toupie’. En fait, en 2014, c’est Paul Bérenger qui était la vraie ‘toupie’ de Navin Ramgoolam.
Q : Tout comme cela a été le cas pour plusieurs militants de la première heure, comme Nabé Fortuno ?
R : Nabé Fortuno était un membre fondateur du MMM. Il était le président du comité régional du MMM au No 9 pendant 40 ans. Il était un vrai symbole dans la circonscription en question.
Il avait demandé à Paul Bérenger de ne pas casser le ‘Remake’. Or, le leader du MMM était aveuglé d’occuper le poste du Premier ministre. Il n’a pas écouté Nabé Fortuno. Et nous connaissons les conséquences.
Q : Comment accueillez-vous la décision de Kavi Ramano, Steve Obeegadoo et autres Françoise Labelle de venir soutenir politiquement Pravind Jugnauth ?
R : Cela me fait plaisir de constater que plusieurs politiciens, mais aussi des jeunes, commencent à croire en la capacité et la compétence de Pravind Jugnauth de diriger le pays.
C’est avec raison qu’ils ont exprimé leur souhait de donner un coup de main au MSM, au gouvernement MSM-ML et à Pravind Jugnauth. Ils savent faire la différence entre le leader actuel et l’ancien d’où leur intention de soutenir PJ et son équipe.
Q : Et Raj Nuckchady qui refuse la logique communale du MMM et qui claque la porte ?
R : Vaut mieux tard que jamais. J’ai côtoyé Raj Nuckchady qui a fait partie du MMM pendant 30 ans. Il est un bon avocat et je le félicite d’avoir pris la décision de quitter le MMM.
Q : Si demain la partielle n’a pas lieu et que Bachoo file au No 9, le pourchasserez-vous jusque là-bas vu des assises solides que vous y avez ?
R : Tout d’abord, je dirais qu’il faut croire en notre Premier ministre, qui a déclaré qu’il aura une élection partielle au No 7.
Or, en ce qui concerne les élections générales, je dirais que c’est le Premier ministre qui décidera du choix des candidats dans les circonscriptions. Pour moi, il n’y aucune différence entre le No 7 et le No 9. Je travaillerai là où je serai candidat.
Q : Vous étiez l’élève, et Anil Bachoo le prof…Serait-ce l’occasion pour l’élève de surpasser le prof ?
R : Anil Bachoo était mon enseignant. Mais il n’est pas devenu mon ‘guru’. Un enseignant c’est quelqu’un qui partage son ‘know-how’ tandis qu’un ‘guru’ sa sagesse. Anil Bachoo, qui enseignait la langue hindi, n’a pas réussi à transmettre cette sagesse car il ne la possédait pas. J’ai un grand respect pour Anil Bachoo quoi qu’il soit mon adversaire politique.
Dans « Maha Bharat », Arjun et Bhism Pitama se trouvaient dans deux camps opposés. Or, c’est la vérité qui a triomphé. L’élection partielle au No 7 se déroulera de la même manière. La question n’est pas de savoir si l’élève surpassera son prof. Ce sera une victoire du bien sur le mal.
Q : En 2014, vous étiez très actif sur les radios privées pour critiquer un éventuel prolongement de Ramgoolam à la tête du pays…Qu’avez-vous à dire à ceux qui oseraient retenter l’aventure avec lui ?
R : Je demande aux Mauriciens y compris à l’électorat du No 7 de faire bien attention à Navin Ramgoolam, qui veut regagner le pouvoir à tout prix et de se rappeler ses frasques.
Il ne faut pas oublier qu’en 2014, Navin Ramgoolam avait demandé un mandat de sept ans pour devenir président tout en essayant de tuer la démocratie à Maurice. Il avait prorogé le Parlement. C’était du jamais vu. Cette prorogation, il l’avait fait avec la complicité du leader de l’Opposition d’alors, Paul Bérenger.
Q : Comment se déroule la campagne électorale au No 7 et quel est votre appel à son électorat ?
R : La campagne a déjà démarré avec la tenue du congrès au No 7, qui englobe plusieurs villages dont Roches-Noires et Plaine-des-Papayes. Petit à petit, nous accélérerons la campagne. Je rencontre les membres du comité régulièrement et les responsables des 17 centres de votes. Et le ‘response’ est très favorable.
Nous tiendrons d’autres congrès à l’avenir à Piton/Rivière du Rempart en marge de l’élection partielle et des élections générales.












