Annick Bigaignon : Une créatrice de bijoux aux doigts de fée
A la vue de son petit atelier, rien ne laisse présager qu’Annick Bigaignon, 48 ans, a en réalité monté sa propre entreprise de bijoux à domicile. Un complément de revenu, devenu au fil du temps une vraie passion, et qui lui permet à la fois d’arrondir ses fins de mois, tout en se consacrant pleinement à sa vie de famille. Des colliers de toutes les couleurs, des bracelets, des bagues ou encore des boucles d’oreilles sont autant de joyaux que confectionnent cette habitante de Rose-Hill. Son rêve ? Pouvoir avoir un magasin pour fabriquer et vendre ses produits. Portrait…

Petite Annick ne savait pas quel métier elle ferait plus tard. Elle se projetait dans une maison remplie de fleurs. C’est à la fin de ses études secondaires au collège Eden à Rose-Hill que cette femme au sourire et au contact facile nous indique qu’elle a été confrontée à faire un choix assez difficile concernant sa carrière. « Je me rappelle encore lorsque j’avais terminé mes études secondaires, je voulais à tout prix soit poursuivre mes efforts dans le volleyball ou de faire mon entrée dans une institution spécialisée pour étudier l’art. Mais comme j’étais issue d’une famille modeste, toutes mes rêves et mes espoirs de devenir soit créatrice de bijou ou une volleyeuse professionnelle se sont évaporés. J’ai été contrainte d’intégrer le monde du travail afin d’aider mes parents pour faire bouillir la marmite », raconte-t-elle.

Les années passent et Annick a cumulés plusieurs petits boulots. « J’ai travaillé pour plusieurs compagnies et notamment dans les hôtels et des magasins comme vendeuses et caissière », explique-t-elle. Cette dernière déclare qu’elle n’avait jamais eu honte de tous les jobs qu’elle a entreprise lorsqu’elle était plus jeune. L’importance, dit-elle, c’est de pouvoir gagner sa vie honnêtement. Puis un beau jour, il fait la rencontre d’un beau jeune homme en la personne de Norbert Bigaignon qui fera battre son cœur à mille à l’heure. Peu de temps après, l’habitante de Rose-Hill décide de passer la bague au doigt et fonder une famille avec Norbert. De cette union sont nés quatre magnifiques et adorables enfants qui sont tous majeurs actuellement. Ils sont Loreen, Shirleen, Angie et Patrick.
Nouvelle étape dans sa vie
2007. Cette année marque une nouvelle étape dans la vie d’Annick Bigaignon. Elle décide de concrétiser une de ses rêves d’enfance en confectionnant des bijoux artisanaux. L’idée lui est venu par pur hasard lorsqu’elle s’est mise à fabriquer un bracelet. C’est la révélation. Le bijou trouve vite preneur chez une amie. « C’est à travers cette amie, de bouche à l’oreille, que j’ai pu me faire une petite liste de clientes », renchérit-elle. Cette jeune femme se rend compte qu’elle est douée pour la manipulation des perles et elle les enfile à la pelle pour en faire de beaux colliers. C’est donc naturellement qu’elle se décide à se lancer à son compte.
Des premiers pas difficiles

Les débuts de la créatrice n’ont pourtant pas été faciles. N’ayant pas suffisamment de clientèle, Annick travaille alors d’arrachepied pour mieux se faire connaitre auprès du public. « J’ai d’abord réalisé des affiches avec des photos de mes bijoux et mes coordonnées, que j’ai distribué avec des amis et des proches ». Dans un même temps, son époux Norbert faisait également du marketing auprès de ses amis et ses proches afin d’attirer la clientèle. Au total, « il a presque fallu un an pour me faire connaître auprès des clients », explique-t-elle. De même, si aujourd’hui elle consacre environ cinq heures par semaine à son activité, elle y passait à l’époque entre neuf et dix heures par jour, sans compter la prospection de sa clientèle. « J’ai aussi eu la chance de participer à diverses foires organisées par la National Women Entrepreneure Council. Ces foires m’ont aussi aidé à avoir une visibilité sur le marché mauricien », poursuit-elle.
Ses outils de travail sont relativement simples : fils, cutter, pinces, pinces, clous (afin de rendre le bijou solide), et bien évidemment toute sortes de perles ainsi qu’un petit four traditionnel. Apartir de ses outils, Annick indique qu’elle peut, entre autres, confectionner des colliers de perles, bagues avec des fleurs, bracelets en Shamballa et des boucles d’oreilles avec des plumes. Parmi les avantages qu’elle reconnait à cette activité, la possibilité de travailler de chez soi à son propre rythme et de se consacrer pleinement à sa vie de famille, tout en restant toujours joignable pour les clients. Reste tout de même quelques difficultés comme fidéliser sa clientèle. « En travaillant de chez soi ce n’est pas toujours facile de se faire connaitre. D’autant plus que les clients sont parfois sceptiques sur l’achat à distance, notamment envers les matériaux utilisés et leur qualité ».
Innovation

C’est vers la fin de 2009 début 2010 qu’elle décide d’ouvrir sa propre boutique à Rose-Hill, soit Perle d’Eau Handicraft Co. Ltd. Ici, elle confectionne une variété de bijoux tantôt en coquillages, tantôt en pierres semi précieuses, les matières se marient à merveille pour donner une touche unique aux créations. Divers styles sont mis en avant, allant du plus classique au plus contemporain, dépendant des goûts des clients. Elle propose aussi des bijoux thérapeutiques à l’instar de l’améthyste qui dit-elle « est une pierre qui permet de combattre le stress, la citrine est appropriée pour les enfants et l’œil du tigre est une bonne pierre pour les hommes ». D’ajouter : « Je travaille sur commande mais je m’inspire aussi de la tendance du moment pour trouver de nouveaux modèles. »
Entreprise familiale
Cependant, de 2011 à 2016, cette mère de quatre enfants a décidé de mettre une croix sur sa vie d’artiste. Cela, en raison de la mort subite de son époux Norbert. Il a fallu plusieurs années de deuil pour qu’Annick décide enfin de prendre son destin en main. Encouragé par ses enfants ainsi par son gendre Brian et sa belle-fille Rachel, Annick décide de reprendre son métier de créatrice de bijou. Hormis les différentes bijoux et perles qu’elle confectionne, l’entrepreneure peut également sur le soutien de sa fille Loreen. « Perle d’Eau est désormais une entreprise familiale. Ma fille Loreen fait du recyclage avec des veilles bouteille et les habilles en nouveau et nouvelle mariée. Elle fait aussi de la gravure sur les coupes et des plats », poursuit-elle.
Passe-temps

Comme passe-temps, la Rose-Hillienne aime regardait les matchs de volleyball à la télévision ou dans les différents sites de compétition. Elle fait aussi du sociale à travers la Holdem Foudation. « Issue d’un parent séparée, je connais ce qu’est la misère. C’est pour cette raison que je me suis engagée auprès de l’organisation non-gouvernementale Holdem Foundation afin d’apporter un sourire sur le visage de gens pauvres », déclare-t-elle. Cette dernière confie qu’elle passe aussi ses temps libres avec ses deux petits enfants Kurt et Théa qui, dit-elle, sont ses raisons de vivre.
Rêves et projets
Active et créative, Annick ne compte d’ailleurs pas en rester là. « Je souhaite un jour avoir mon propre magasin pour pouvoir créer et exposer mes bijoux. En sus de cela, je souhaite partager mes connaissances à des femmes qui sont seules et qui élèvent seules leurs enfants. Elles pourront commercialiser leurs bijoux afin d’avoir de quoi à subvenir aux besoins de leur familles », dit-elle. L’entrepreneure tient à remercier tout ceux et celle qui l’ont l’aider à faire de ce qu’elle est devenue aujourd’hui. Elle tient à adresser ses remerciements à ses deux neveux Gervais et Jean-Paul Bigaignon de même qu’a Meritess Beeharry, directrice de la fondation Holdem, pour son soutien indéfectible.
Pour vos commandes de bijoux, Annick est disponible tous les jours de la semaine de 9h30 à 17 heures, sauf les dimanches. Tél. 931 8435.
Le portrait Chinois d’Annick Bigaignon
Si j’étais un animal, je serais une tortue
Si j’étais une fleur, je serais l’arome
Si j’étais un plat cuisiné, je serais un bol renversé
Si j’étais une couleur, je serais la couleur bleue
Si j’étais une chanson, je serais la chanson ‘you call it love’
Si j’étais un objet, je serais une statuette d’une divinité (Buddha)
Si j’étais un vêtement, je serais un pantalon
Si j’étais un film, je serais le film ‘Le lagon bleu’
Si j’étais un fruit, je serais le letchi
Si j’étais un sport, je serais le volleyball












