LYON RESTE À L’OMBRE FACE AU ZÉNITH



Bien qu’appliqués et sérieux, les Lyonnais n’ont jamais donné l’impression de vouloir enfoncer des Russes pourtant rapidement à court d’inspiration. Heureusement, Memphis Depay a pu recoller les morceaux sur penalty, pour répondre à l’ouverture du score d’Azmoun (1-1). Mais voilà un nouveau nul à domicile en Ligue des champions et déjà quelques regrets, dès la première journée.

Léo Dubois s’effondre face contre terre. Le coup de sifflet final vient de retentir, et en plus des allers-retours enchaînés sur son côté, il porte aussi le poids de chiffres qui font mal au crâne au public lyonnais. Depuis 2011, l’OL n’a battu que le Dinamo Zagreb et l’APOEL Nicosie à domicile en Ligue des champions. Et avec ce nouveau nul face à un Zénith Saint-Pétersbourg à sa portée, voilà le club de Jean-Michel Aulas qui signe un record original : personne n’avait jusque-là enchaîné six résultats nuls à domicile. L’an dernier, Lyon avait pu se qualifier avec 5 nuls au compteur. Mais Maxwel Cornet n’a pu reproduire l’éclair de Manchester City un an plus tard devant son public. De quoi déjà s’en mordre les doigts.

L’éclipse Azmoun

« Concentration, dynamisme et intensité. » Voilà les ingrédients qu’avait listés Sylvinho la veille, avant d’ouvrir grand les portes de l’Europe, sans vraiment savoir ce qui se cacherait derrière. Le tourniquet à peine passé, les Lyonnais ont pourtant découvert un Zénith réagencé. Au lieu de leur traditionnel 4-4-2, les hommes de Sergueï Semak étaient disposés en 3-5-2, avec le vieux capitaine Branislav Inavović à la barre. Perdus dans les rayons, les locaux mettent pas moins de 4 minutes 30 pour pouvoir amener la balle dans le camp russe. On se dit alors que le liant d’Houssem Aouar (pour sortir proprement ces balles) et la taille de Joachim Andersen (pour couper les centres de Zhirkov et Karavaev) n’auraient pas été de trop. Mais le coach brésilien leur a préféré Marcelo et Tousart, soit plus expérimenté, soit plus mordant. Mais la sortie shopping des Lyonnais commence à être intéressante dès lors que Jeff Reine-Adelaïde se décide à pousser le caddie pour enfoncer le bloc de l’Est. Le premier rideau de pété, c’est Thiago Mendes qui peut tenter sa chance (6e), c’est Memphis qui peut alors s’infiltrer dans la surface (10e) ou Moussa Dembélé qui peut enfin croquer des centres (13e) ou s’essayer de loin (24e).

Youssouf Koné l’a bien compris. Et même si son entraîneur attend d’abord de ses latéraux un travail défensif, le Malien se libère pour multiplier les centres ou les frappes. Une d’elle ricoche sur le pied puis la main d’Osorio, mais M. Oliver ne siffle rien, malgré l’avis du camion-régie et la bronca tombant des travées (23e). Lyon manque clairement de promptitude dans la surface : Dembélé ne peut reprendre le centre lobé de Léo Dubois, les corners de Memphis Depay ne sont pas repris correctement par le crâne de Marcelo (27e et 35e), Bertrand Traoré moufte tous ses coups de pied arrêtés et personne ne peut profiter des approximations d’Andrei Lunev (30e). Dominé malgré les projections de Driussi et Azmoun, le Zénith reprend son souffle quand l’Iranien se tient le genou. Deux minutes de répit, avant que l’attaquant ne soit à l’initiative et à la conclusion d’un action magnifique : un une-deux d’école avec le géant Dzyuba pour faire zozoter la charnière centrale rhodanienne, un pointard pour ajuster Lopes et voilà comment faire passer les Lyonnais à la caisse juste avant la mi-temps (0-1, 41e). Dynamisme et intensité étaient là, manquait peut-être cette foutue concentration.

Les doigts dans le Zen’

Les joueurs sont revenus sur le pré depuis une minute à peine, voilà Magomed Ozdoev qui remplace le buteur sur une patte, Sardar Azmoun. Déjà qu’il ne savait pas lui-même ce qu’un remplaçant comme lui avait à faire face aux médias la veille, le milieu était visiblement tout aussi penaud à son entrée en jeu, puisqu’il fauche tout de suite Memphis dans le coin de la surface. Penalty indiscutable, que le Néerlandais transforme tranquillement en trompant Lunev sur sa droite (1-1, 51e). L’intensité grimpe d’un cran, les Russes continuent de tabasser. Et si le vétéran Youri Zhirkov ne trouve pas le cadre (55e), son cadet Jeff Reine-Adelaïde peine lui aussi, malgré le superbe centre en retrait de Dubois (59e). Les gars de Semak se sont réajustés en 5-3-2, sentant que Memphis Depay avait trop de latitudes entre ses lignes, et procèdent par contres. Ainsi, l’artiste Dzyuba manque une nouvelle fois d’enfoncer les Gones — il avait déjà marqué trois buts lors des deux confrontations en 2015 —, mais Anthony Lopes avait bien lu sa remise vers Ozdoev (69e).

76e minute : Maxwel Cornet fait son apparition, et tout le stade se replonge dans l’exploit datant d’il y a un an quasi jour pour jour à Manchester City (1-2). L’Ivoirien s’arrache dès ses premiers ballons, l’OL contrôle la gonfle et JRA trouve une faille dans le système de sécurité russe, sans que Memphis Depay ne puisse surprendre le vigile Lunev. Le Hollandais est volant, et lorsqu’il sert Moussa Dembélé en retrait, le cadre se défile d’un rien, une glissade et un crâne de Rakitskiy (82e). Cornet sait ce qu’il représente dans ces moments, et sa frappe brossée fait courir un frisson dans le stade (85e), du genre différent que sur celle de Dzyuba passant juste au-dessus de la barre. Une dernière pression des Russes, un Terrier qui se fait rouler dessus, et voilà déjà le temps additionnel et celui des frustrations. Car une nouvelle fois, ce match était à la portée des Lyonnais.


Posted by on Sep 18 2019. Filed under Featured, Sports. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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