MMM: 50 ans d’une trahison constante, perpétuelle et planifiée
Le MMM célèbre ces jours-ci les cinquante ans de son existence et cette célébration de ce jubilé d’or qui devait être un moment d’une grande réjouissance ne le sera pas pour de multiples raisons. La principale c’est sans aucun la trahison d’un seul homme en qui toute une génération avait placé beaucoup d’espoir pour sortir du marasme.
Au lieu de l’histoire d’un combat c’est plutôt l’histoire d’une trahison constante, perpétuelle et planifiée qu’on devrait parler. Mais certaines personnes proches de la direction actuelle du MMM trouveront toujours des excuses et des prétextes pour expliquer la déviation du parti et justifier ses actions qui ont été dans la plupart des cas, l’encontre des intérêts du peuple.
Aujourd’hui le MMM est méconnaissable et n’a plus aucune substance en matière de politique. Les grands idéaux qui ont animés les fondateurs du parti notamment la justice sociale, l’unité nationale et le développement économique ont été bafoués en long, en large et en profondeur. Ce n’est certainement pas pour rien que le MMM est tombé à 14% de nos jours, un parti qui jadis avait toujours frôlé la barre des 50% d’adhésion de l’électorat.
L’histoire de la population mauricienne qui est calquée sur celle de l’esclavage et de l’engagisme donc intimement lié à la contestation a offert au MMM un terrain très fertile pour se construire dans le temps. En passant par la manifestation contre la princesse Alexandra, la victoire de Dev Virahsawmy en 1971, les grèves et autres combats sociaux des années 70, la victoire par 60-0 sur le Parti Travailliste en 1982 le MMM avait gagné en épaisseur au fil des années pour devenir il est vrai le plus grand parti politique de Maurice. C’est l’espérance de tout un peuple que le MMM avait su porter en lui et une grande partie de la population toute communauté confondue a toujours renvoyé
la balle comme il se doit aux dirigeants du parti.
C’est grâce à ce soutien que Paul Bérenger a pu se bâtir une carrière exclusivement politique après avoir rebondi sur son engagement syndical pour ensuite accédé à la plus haute fonction de l’Etat en tant que Premier ministre en 2003. Tel qu’on le connait Paul Bérenger n’a jamais fait autre métier que politicien et il est arrivé là où il est parce que les Mauriciens lui ont fait confiance à plusieurs reprises. Il a pu nourrir sa famille, faire grandir ses enfants et le reste grâce à cet engagement politique et aujourd’hui il aura tort s’il se plaint.
Aujourd’hui au sein même du MMM on parle de la passation de pouvoir de 2003 comme le plus important évènement politique de l’histoire de ce parti après les 60-0 de 1983. Toutefois ils omettent de préciser que c’est grâce à l’honnêteté et la droiture d’un homme tel que sir Anerood Jugnauth que cette accession de Paul Bérenger au poste suprême a pu être possible. Toutefois on ne peut dire que le MMM a placé l’intérêt du peuple au-dessus de tout et aujourd’hui si le MMM n’est rien d’autre qu’un petit clan familial qui défend certains objectifs précis, la faute
incombe à Paul Bérenger et les autres dirigeants qui gravitent dans son entourage pour des gains éminemment personnels.
C’est triste mais c’est comme ça, le MMM qui avait prôné plus de justice sociale et d’égalité dans la société avec la lutte des classes à ses débuts, n’a rien fait de probant pour faire valoir son programme en ce sens quand il s’est retrouvé au pouvoir. Les stratèges du parti diront ce qu’ils voudront sur le fait que le MMM s’est toujours retrouvé en tant que partenaire minoritaire au gouvernement et qu’il n’a de ce fait pas pu imposer son projet de société, la réalité demeure que la] bande à Bérenger n’a jamais défendu ses idéaux avec vigueur. Il y a toujours un discours quand il se
retrouve dans l’Opposition et un autre quand il est gouvernement, des paroles pour épater la galerie en public alors qu’en privé c’est tout son contraire qui est pratiqué. Que reste-t-il de ce long article que Paul Bérenger avait fait publier dans la presse le 30 septembre 1969 et qui devait être la feuille de route du MMM sur la scène politique? Que reste-t-il de ce soit disant combat en faveur de l’unité national? Au lieu de cela l’homme est devenu expert en
communalisme scientifique.
Ne parlons pas de la lutte des classes car au lieu de cela le MMM a plutôt préféré consolider le pouvoir économique entre les mains de cette petite minorité qui domine la scène depuis deux siècles. Ce n’est pas un hasard si tous les enfants de Paul Bérenger sont devenus aujourd’hui des grands cadres de ce secteur privé traditionnel qui ne cesse d’accaparer les ressources de notre pays.
Dans les jours qui viennent on entendra cette clique faire valoir les accomplissements du parti en faveur des travailleurs du pays. Mais jamais au grand jamais le MMM, que ce soit au gouvernement ou dans l’Opposition, n’a dépassé le stade des symboles et des améliorations cosmétiques justement pour ne pas froisser ses financiers. Ce n’est pas le MMM qui a pu appliquer le salaire minimum malgré tous les grands discours de Paul Bérenger et consorts pendant des années. S’il n’y avait pas Pravind Jugnauth et le MMM ceux au plus bas de l’échelle seraient toujours dans le désert.
Des événements des années 70 qui avaient consolidé l’idée de ce parti comme le défenseur des opprimés dans l’esprit de la masse à aujourd’hui, il ne reste rien qu’un mirage. Il n’y a qu’à se pencher sur les cinq dernières années du MMM dans l’Opposition, le parti n’a participé à aucune revendication des travailleurs, ni mis de l’avant des propositions concrètes pour améliorer leur sort, si ce n’est quelques sorties timides sur les réseaux sociaux. La période de 2003 à 2005 alors que Paul Bérenger est Premier ministre a été la pire pour les travailleurs de ce pays et autres petits opérateurs économiques. Les jeunes ne se souviendront peut- étre pas mais il suffit de feuilleter les journaux de l’époque pour s’éclairer sur cette répression qui s’était abattu sur les travailleurs à l’époque. Que ce soit contre les femmes de la zone franche bastonnées par les éléments de la SSU, l’étouffement financier des éleveurs de porcs, le rejet des revendications des travailleurs du port, des pécheurs, des chauffeurs de taxis marrons, les
camionneurs, les anciens extracteurs de sable, Paul Bérenger a tout orchestré de main de maitre. Et à chaque fois qu’il est au pouvoir c’est ‘letemps margoze’, ‘serre ceinture’, ‘manz patate ek manioc’ pour les travailleurs.
Il y aura des réjouissances pour les 50 ans du MMM, oui pour Paul Bérenger, sa famille, ses suiveurs
et ceux qui financent le parti mais certainement pas pour les travailleurs et les Mauriciens.
Terra Del Fuego












