Navingate: une autre version du pouvoir, de jouissance et de la luxure
Il est clair que pour la plupart des mauriciens, nous nous demandons de quoi sera fait demain. Il n’est pas question de claquer Rs 690 000 pour une nuit d’hôtel au Georges V à Paris, Rs 1.2 millions au magasin Printemps à Paris, Rs 1.1 millions chez Selfridges à Londres, Rs 349 000 Chez Lui Vuitton, Rs 420 000 chez Berluti ou Rs 86 000 chez Chanel à Paris, sans compter les Rs 810 000 chez Ralph Lauren à Londres,sans oublier d’acheter des cigares chez Desmond Sautters à Londres à Rs 200 000. Ce n’est certainement pas le train de vie que nous voulons pour nos dirigeants politiques qui doivent le plus souvent être des ROLES MODELS.
Les révélations et la fuite de documents sur les frasques de Navin Ramgoolam ont jeté un froid sur la classe politique. Tout en éloignant ceux qui ne le tiennent pas en sainteté. En effet, des documents bancaires qui circulent sur le net révèleraient que Navin Ramgoolam aurait détourné des fonds du Parti Travailliste pour mener son train de vie luxueux. 13 millions de roupies auraient été détournés et puis on parle de versement à hauteur de Rs 50 millions soit U$D 1.5 versés sur le compte de l’ancien Premier ministre sans que la provenance n’ait été questionné.
Ce sont des documents bancaires qui ont été fuités, par un lancer d’alerte, sous le pseudonyme d’Edward Snowden.
Il y a eu le communiqué malheureux de la Mauritius Commercial Bank pour tenter de noyer le poisson dans un grand océan tout en confirmant l’authenticité des documents. De même que la tentative malheureuse de Patrick Assirvaden de coller la responsabilité de cette affaire sur le dos d’un mort, en la personne de l’ex-trésorier des rouges, Patrick Assirvaden.
La seule réaction du Parti travailliste est un bref communiqué pour dire que le transfert de fonds du parti vers le compte personnel de Navin Ramgoolam est faux.
Le PTr qualifie dans la même foulée et de manière contradictoire ses transferts de légitimes ? et affirme que c’est feu Ah Fat Lan Hing Choy qui était alors trésorier.
Pourquoi se cacher derrière le mort. Feu Ah Fat Lan Hing Choy se retourne dans sa tombe. Rafraîchissons la mémoire de Navin Ramgoolam et ses fidèles suiveurs que dans un entretien accordé à notre confrère L’express, l’ex-trésorier du Parti travailliste, Feu Ah Fat Lan Hing Choy avait fait ressortir : « Navin Ramgoolam contrôlait tout… » On vous propose ci-dessus quelques extraites de cet entretien.
■ Vous allez chercher vos relevés bancaires aux Casernes centrales, vous ?
D’une, ce n’est pas mon argent. Et de deux, je ne gérais pas ce compte-là. Je m’occupais de l’autre.
■ L’autre ?
À la Barclays. Le Mauritius Labour Party (PTr) a un compte là-bas. Il sert aux dépenses courantes du parti, les salaires du staff, les campagnes électorales.
■ Mais ce n’est pas ce compte-là qui intéresse la police…
Non, c’est celui de la MCB.
■ Ce compte payait quoi ?
Je ne sais pas, je n’ai jamais fait la moindre transaction. C’est ce que j’ai expliqué à la police.
■ Depuis quand étiez-vous co-titulaire de ce compte ?
Mi-2012. Jusqu’à fin 2014, je n’ai fait aucune opération. Zéro dépôt, zéro retrait, zéro virement. Je ne recevais ni chéquier, ni relevé. Tout cela est vérifiable auprès de la MCB.
■ À quoi bon avoir la signature, alors ?
Je vous l’ai dit, j’étais responsable de l’autre compte, celui de la Barclays. J’avais la signature du compte joint parce qu’il était connecté au PTr, indirectement, à travers le leader. C’est lui qui contrôlait tout, je n’intervenais pas.
La réponse de Feu Ah Fat Lan Hing Choy est limpide. D’un revers de main, il contredit le communiqué officiel du Parti Travailliste car « c’est Navin Ramgoolam qui contrôlait tout ! » Il ne faut pas oublier non plus que l’ex-trésorier du Parti travailliste avait juré un affidavit en Cour où il avait expliqué clairement qu’il ne gérait pas le ou les comptes du Parti Travailliste et ce droit revenait uniquement à Navin Ramgoolam.
Notre confrère Le Mauricien avait également étalé cette affaire le 10 juin 2015. Le journaliste de quotidien évoque : « Comme il l’avait fait ressortir lors de son interrogatoire “Under Warning” au QG du Central CID, Ah Fat Lan Hing Choy maintient en effet ne rien savoir de ce compte conjoint à la MCB. »
Et les réactions n’ont pas manqué dans le camp politique
Ajay Guness, leader adjoint du MMM. : « Choqué »
«Je suis choqué non seulement qu’un leader politique puisse détourner des fonds de son propre parti mais que des documents aussi confidentiels circulent publiquement» Ajay Gunness intervenait sur Wazaa Fm, après avoir pris connaissance des documents bancaires qui circulent actuellement sur la toile révélant les détournements de fonds de Navin Ramgoolam.
Dans le camp travailliste, on n’est pas en reste. «Navin Ramgoolam doit des explications non seulement aux membres du Parti Travailliste mais aussi à la population à la suite de preuves de détournements de fonds de son parti à son compte personnel.» C’est ce que pense Reza Issack, qui a soumis sa démission au sein du parti rouge le mois dernier.
Selon lui, chaque leader se doit « d’être un rôle model» pour ses partisans car l’image et la réputation du parti est en jeu.
Dans une déclaration à Wazaa Fm, Reza Issack soutient qu’à la porte des élections générales, Navin Ramgoolam doit une explication au tribunal de l’opinion publique. Il estime que le droit au silence n’a pas lieu d’être si le leader du PTr veut se blanchir de tout soupçon.
Tandis que le MSM est acerbe à ce sujet. «Si un leader politique arrive à détourner les fonds de son propre parti, imaginer ce qu’il fera avec l’argent du peuple s’il revient au pouvoir»
Propos de Showkutally Soodhun à Wazaa Fm, après la révélation des relevés bancaires de Navin Ramgoolam sur les réseaux sociaux.
Le président du MSM, se dit « choqué » par les actions de l’ancien premier ministre.
Dans une déclaration à Wazaa Fm, Showkutally Soodhun affirme que même Sir Seewoosagur Ramgoolam n’a jamais été sujet à un tel scandale.
Il souligne que Navin Ramgoolam ne fait honneur à son père dans la façon qu’il dirige le Parti Travailliste.
Caractère Ltée refuse d’imprimer le journal Mazavaroo et la MCB sort un communiqué en quatrième vitesse
Cela en raison de l’article Navingate qui barre la une de la publication de Michel Li Shim…
L’ordre a été donné par Philippe Forget connu comme Pipo Forget ex-haut cadre de la Mauritius Commercial Bank qui a ordonné l’arrêt de la production…
Selon les recoupements d’informations, d’autres imprimeries ont été approchées mais ont toutes refusé de publier le journal Mazavaroo par peur de représailles. La coïncidence veut que la MCB ait sorti un communiqué dans le feu des évènements hier pour confirmer l’authenticité des documents en question.
Mazavaroo a sorti le dossier Navingate sur son site web avec un fichier en PDF.












