Serenitygate : énième tentative de déstabiliser la campagne de Pravind Jugnauth
Jean-Claude de L’Estrac : « Ce n’est pas professionnel. Le journaliste devait
d’abord prendre la version des personnes mises en cause avant de poster la
vidéo »
« Aucun paiement à l’hôtel Maradiva », précise Charles Cartier
C’est une tempête dans un verre d’eau ou une énième tentative de déstabiliser la campagne de
Pravind Jugnauth. Une vidéo dans ce sens a été mise sur les réseaux sociaux sur le film
Serenity et les démarches entourant le Film Rebate Scheme. Plusieurs points ont été avancés
dans ce document que le journaliste qualifie d’exclusif mais dont il a oublié de vérifier les
informations auprès de l’EDB.
Pour la petite histoire, en janvier 2015 la BOI a reçu des intérêts de H. Weinstein, un grand producteur de films hollywoodien pour produire un long-métrage à l’île Maurice, sous le Film Rebate Scheme. Toutefois, le producteur n’a pas soumis le projet à l’ex-BOI. À noter que le rabais pour le long-métrage était à cette époque de 30 %.
Les vrais producteurs sont Guy Heeley et Greg Shapiro et non H. Weinstein En avril 2017, le réalisateur hollywoodien, Steven Knight a visité l’île Maurice en compagnie de quelques producteurs pour discuter du tournage du film Serenity à l’île Maurice. À cette date, un rabais pouvant atteindre 40 % était déjà en vigueur selon les Film Rebate Regulations. La nouvelle bande de rabais a été introduite pour attirer la production cinématographique à gros budget, avec une dépense de production minimale de 1 million US Dollars. Suite à une évaluation technique réalisée par l’ex-BOI et aux recommandations du Film Rebate Committee, un rabais de 39% a été approuvé pour le projet Serenity.
Le 12 mai 2017, l’ex-BOI a envoyé une lettre d’approbation à Identical Pictures Ltd, le producteur de Serenity. Première désinformation, il convient de noter que H. Weinstein n’est pas le producteur de Serenity, comme le montre la vidéo publiée sur les médias sociaux. Les producteurs de Serenity sont Guy Heeley et Greg Shapiro, tous deux citoyens britanniques. Grâce à des amis et non à Sanjiv Ramdanee Dans cette vidéo, on voit clairement la cible à savoir Sanjiv Ramdanee. On lui fait porter le chapeau de négociateur pour faire venir des producteurs à Maurice. Deuxième couac du journaliste : lors d’une réunion avec les cadres de l’ex-BOI, les producteurs ont fait mention
que le Film Rebate Scheme à l’île Maurice leur était connu grâce à quelques témoignages qu’ils ont reçus de producteurs sud-africains qui ont produit des films, dans le cadre du programme de remise pour les films à Maurice, en 2015 et 2016 et non pas par Sanjiv Ramdanee.
Rs 650 millions et non Rs 735 millions
Il semble que le journaliste s’est emmêlé les pinceaux avec les chiffres. Dans son reportage, il
fait mention que les dépenses pour la production du film s’élevaient à Rs 735 millions. Faux,car la production du film Serenity à Maurice a coûté Rs 650 millions. Et d’ailleurs, cela a créé des emplois directs pour plus de 200 Mauriciens, ainsi que des pigistes qui offraient des services de soutien.
À noter qu’un montant de Rs 36,7 millions a été versé à la MRA à titre d’impôts par le producteur étranger avant le versement de la remise en espèces. Hébergement : Beachcomber (Hôtel Trou-aux-Biches) et Bcosy Hotel et non Maradiva Hotel La pré-production et la production de Serenity s’est déroulée sur une centaine de jours à
Maurice. La plupart des acteurs et l’équipe d’étrangers sont restés plus de 90 jours d’affilée à Maurice. Il convient de souligner que le montant total payé par le producteur de Serenity pour l’hébergement hôtelier à Maurice s’élève à Rs 28,9 millions. Beachcomber (Hôtel Trou-aux- Biches) et Bcosy Hotel ont reçu un paiement des producteurs de Rs 10,3 M et Rs 10,7 M respectivement.
L’équipe étrangère a passé la plus grande partie de son séjour dans l’établissement hôtelier mentionné plus haut pendant la période de tournage du film. Aucun des acteurs et membres de l’équipe étrangère n’a séjourné à l’hôtel Maradiva pendant la période de tournage. Un point très important car le journaliste dans son reportage allègue q’un des directeurs de Serenity aurait exprimé son dégoût d'avoir été forcé d'héberger son équipe de tournage à Maradiva Hotel.
Cependant, l’équipe de Serenity a utilisé le restaurant de Maradiva à quelques occasions pour les déjeuners et dîners privés. Un montant total de Rs 79 425 a été dépensé par eux. À titre d’infos, ils ont utilisé d’autres hôtels et restaurants pour des dîners privés pendant les week- ends.
Paiement du remboursement À la suite de la présentation du rapport vérifié par les producteurs de films, un montant total de Rs 214 millions a été versé à titre de remise aux producteurs de films, sur un compte à
Afrasia Bank.
Il convient de noter qu’avant le début de la production cinématographique, les producteurs ont reçu un financement provisoire sous forme d’un prêt à terme d’Afrasia, équivalant au montant de la remise en espèces qui a été versée.
Lors du décaissement de la créance, le montant total de la remise a été demandé à la banque par l’ex-BOI de régler le prêt en question, conformément à l’accord conclu entre les producteurs et Afrasia. Tous les frais de financement ont été dûment payés par le producteur. L’attrait du Film Rebate Scheme Le programme de remise pour les films, mis en œuvre en mars 2012 (sous le Film Framework) est l’un des plus compétitifs de la région. En mars 2013, les Film Rebate Regulations ont été mis en œuvre. Le régime reposait sur plusieurs modèles concurrentiels du Royaume-Uni, de l’Afrique du Sud, de Dubaï et de Singapour. Il ya actuellement plus de 100 pays dans le monde offrant différents Film Rebate Schemes avec Film Fund dédié.
Il est également important de souligner que depuis la mise en œuvre du régime en 2012, plusieurs modifications ont été apportées aux règlements pour améliorer l’attrait et la compétitivité du régime. La stratégie d’introduction d’une nouvelle bande de rabais jusqu’à 40% a été faite pour attirer un nouveau segment de producteurs de films à l’île Maurice. En 2013, le rabais est passé de 25 % à 30 % et, par conséquent, en 2016, de nouvelles
catégories de long-métrages et de séries télévisées haut de gamme ont été introduites avec un rabais pouvant atteindre 40 %. Cela a été fait pour pallier la compétition avec Dubaï, Abu Dhabi, Nouvelle-Zélande et Fidji.
De même, de 2016 à 2019, de nouvelles catégories de productions cinématographiques ont été introduites dans le règlement, comme les vidéoclips et le doublage. Le fonds de production cinématographique Afin de donner plus de certitude aux producteurs de films et de créer ainsi une industrie durable de films, le Film Production Fund a été créé en juillet 2018. Un fonds d’amorçage de Rs 500 millions provenant du Consolidated Fund a été injecté pour
assurer le financement nécessaire aux projets de films approuvés, dans le cadre du Rebate Scheme.
Il convient de noter que toutes les contributions directes et indirectes ainsi que les taxes versées par les producteurs de films étrangers et locaux seront transférées vers ce fonds (sur une base annuelle) afin de financer de nouvelles productions cinématographiques dans le même cadre. Le Film Production Fund a été créé en tant que mécanisme d’autofinancement. Les revenus générés Depuis 2013, environ 168 projets de films, sous différentes catégories, ont été approuvés par l’EDB. Quelque 105 films ont été complétés avec une dépense totale de productions éligibles de Rs 3,5 milliards. Création d’emplois en ce qui concerne la création d’emplois, le Film Rebate Scheme a créé des emplois locaux pour plus de 2 000 équipes et free-lance. La répartition des emplois créés est la suivante: Equipes et techniciens locaux: 650
Distribution: 23
Art et décoration: 390
Caméra, éclairage et photographie: 120
Maquillage: 15
Rédaction du scénario, direction assistante, production et projet : 35
Effets post-production et effets visuels: 15
Doublage: 772
Selon les estimations, quelque 500 emplois supplémentaires seront créés en 2019.
Reconnaissance internationale
Dans son rapport annuel 2018, KPMG (Inde) a reconnu l’avantage concurrentiel offert par le
Film Rebate Scheme à Maurice. Plus tôt en décembre 2017, Maurice avait remporté le prix
du meilleur lieu de tournage dans le cadre d'une récompense offerte par l’Indywood Film
Festival à Hyderabad.
Pas de lien entre la société Weinstein et Serenity
Charles Cartier, Chairman de l’Economic Development Board (EDB) est catégorique. Il n’y a
aucun lien entre la société Weinstein et Serenity comme a voulu le faire croire le reportage de
Top TV (Top FM). Il intervenait dans l’émission « Échos de Campagne » sur Wazaa FM.
« Weinstein et Serenity mo pas konné zot pe rode fer enn lien. En tout cas pena aukene lien.
Effectivement ti ena la société Weinstein ti pe rode bann informations, mais zot projet pas
finne abouti, » a-t-il fait ressortir.
À noter, que les producteurs de Serenity sont Greg Shapiro et Guy Heely (deux citoyens
britanniques et non américains comme veut le faire croire la vidéo de Top TV), sous la
bannière de Shoebox Film et réalisé par Steven Knight.
Pravind Jugnauth: « Fort heureusement, je suis épaulé par une épouse solide »
L’équipe de tournage hébergée dans l’hôtel d’un candidat travailliste
Le Premier ministre sortant, Pravind Jugnauth a fait une virulente sortie contre ses détracteurs
qui n’arrivent pas à l’atteindre par des manœuvres et autres manigances, comme c’était le cas
en 2014. Mais, cette fois encore, il a dénoncé les viles attaques contre sa famille et ses
proches.
« A travers une vidéo, actuellement, ils veulent s’attaquer à ma famille, à mon épouse, à mon
beau-frère. Or, c’est moi qui fais de la politique active. Fort heureusement, je suis épaulé par
une épouse solide », a répliqué Pravind Jugnauth. Dans ce même contexte, le Premier
ministre, a dénoncé les viles manœuvres et agissements de la radio Top FM qui a diffusé
des critiques politiques entourant Serenity, un film hollywoodien, tourné à Maurice sous le
Film Rebate Scheme.
Le Premier ministre a dénoncé énergiquement une campagne de « zet la boue »
orchestrée contre sa famille et lui. Il a souligné que l’équipe de tournage a logé dans deux
établissements hôteliers, à Trou aux Biches, à savoir « Trou aux Biches Resorts & Spa,
appartenant à Espitalier Noel et Be-Cosy, appartenant à la famille de Jhuboo, dont Ezra
Jhuboo, député sortant et candidat du PTr aux prochaines législatives. » De ce fait, Pravind
Jugnauth a lancé une mise en garde : « Fer attention a zot operasyon zet la boue. Sa risque
fer enn effet boomerang ek eklabouss lor zot mem. » Cependant, il dit comprendre en quelque sorte l’acharnement du Parti Travailliste sur sa famille, car, « comme en 2014, ils n’ont rien trouvé de négatif sur ma personne ». Mais cette « campagne de bassesse » ne l’affaiblira pas dans son engagement pour obtenir un deuxième mandat populaire à la tête de Maurice. Auditeurs et internautes déplorent une campagne malsaine
Les commentaires pleuvent sur les réseaux sociaux depuis que L’Economic Development Board (EDB) a émis un communiqué, le lundi 14 octobre dernier. En effet, les internautes ont pu prendre connaissance des inexactitudes que contient la vidéo postée sur Facebook par Top TV, le 11 octobre dernier. Par ailleurs, l’EDB a, dans son communiqué, fait mention qu’il se sent hautement diffamé par le contenu de cette vidéo « ainsi que par plusieurs articles de presse y faisant référence. Nous nous réservons le droits d’entamer des poursuites légales».
Revenant aux inexactitudes, elles ne font pas seulement sourciller des internautes. Même
Jean-Claude de L’Estrac, ex-directeur général de La sentinelle estime, que le code de
déontologie journalistique n’a pas été respecté. « Ce n’est pas professionnel. Le journaliste
devait d’abord prendre la version des personnes mises en cause avant de poster la vidéo…»,
a-t-il déclaré.
En revanche les auditeurs qui sont intervenus dans l’émission ‘Echos de campagne’ animée
par Jimmy Jean Louis sur Wazaa FM, sont indignés par la tournure des événements. Ils
déplorent une campagne malsaine de la part de Top Tv. Oomar de Grande Rivière : « Cette situation est aberrante ! Il n’est pas possible qu’un soi-disant problème, lié au film Serenity éclate aujourd’hui alors que nous sommes en période de campagne électorale. Pour moi, c’est tout simplement du ‘cheap politics’. C’est une stratégie
machiavélique…»
Kathy de Vacoas : « Nous assistons à une campagne malsaine de la part de Top Tv. Mais les masques finissent toujours par tomber et la vérité va éclater au grand jour. Cela a déjà commencé concernant l’affaire ‘Serenitygate’. Tout le monde connaîtra les faits réels.» Vicky de Baie du Cap : « Top Tv s’adonne à une campagne visant le gouvernement sortant. Ceux qui sont derrière cette stratégie malsaine « pe tom dan enn bassesse extraordinaire.»
« Aucun paiement à Maradiva » précise Charles Cartier
L’Economic Development Board est catégorique. « Aucun paiement n’a été effectué à l’hôtel
Maradiva », soutient son président, Charles Cartier. Il dément les informations de presse
selon lesquelles l’hôtel Maradiva aurait bénéficié des remboursements de l’EDB pour le
tournage de la production hollywoodienne Serenity dans le cadre du Film Rebate Scheme.
Charles Cartier était invité du Breakfast Show de Wazaa FM, le mardi 15 octobre dernier.












