Ganessen Chinnapen, économiste en développement…



« Nous devons tous apporter notre contribution pour que notre pays se transforme en un ‘high income, modern, prosperous & inclusive Mauritius »

  • « Il est impératif pour Maurice de s’adapter au changement global »

L’économiste en développement, Ganessen Chinnapen, exprime ses points de vue sur les débats parlementaires autour du discours-programme 2020-2024 et situe l’importance de la mise sur pied du « Economic Research and Planning Bureau », qui conseillera l’Economic Development Board en matière d’investissement. Notre invité de la semaine laisse aussi entendre qu’il est grand temps de revoir le cadre légal du ‘Public Private Partnership’ et inviter toutes les firmes internes d’investir à Maurice à travers un ‘Public Private Partnership’ avec le gouvernement. 

Q : Que retenez-vous des débats parlementaires autour du discours- programme 2020-2024 ?

R : Les débats parlementaires concernant le discours-programme 2020/ 2024 ont été très constructifs et élargis. Chaque parlementaire, dont des néophytes qui ont fait leur baptême de feu à l’Assemblée nationale, des deux côtés de la chambre, a fait des suggestions et propositions intéressantes.

On a écouté des critiques constructives. Or, l’efficacité du programme est basée sur sa planification et sa mise en œuvre au cours des prochaines années. Bref, je dirais que les débats ont été « up to the standard required ».

Q : Quel peut-être l’objectif de la mise sur pied d’un « Economic Research and Planning Bureau », travaillant en étroite collaboration avec l’EDB ?

R : L’Economic Research and Planning Bureau est un ‘prerequisite’ pour la transformation de Mauritius (2.0) – une nouvelle image de Maurice avec une transformation digitale du pays et la modernisation soutenable de l’île Maurice pour atteindre le ‘high income status’.

Nous devons assurer un ‘coherent & systematic economic planning & development’ tout en prenant en considération le ‘town and country planning’, s’adaptant aux déséquilibres démographiques et au vieillissement de la population auxquels le pays est confronté.

Aussi, nous devons planifier et encourager des secteurs innovateurs de croissance tels la ‘sports economy’, la ‘silver economy’ et la ‘blue economy’. En même temps, nous devrions renforcer la résilience et réorganiser nos secteurs traditionnels pour les rendre plus compétitifs et durables.

Le bureau de planification économique et de recherche conseillera l’EDB sur une liste des priorités d’investissement requises pour atteindre les objectifs du programme gouvernemental.

Q : Et quid de la vision du gouvernement pour investir dans les ‘cutting-edge technologies’, dont l’intelligence artificielle, la robotique et le ‘block-chain’ ?

R : Valeur du jour, c’est une condition ‘sine qua non’ pour l’épanouissement du ‘business environment’ car tous les ‘business operations’ sont ancrés dans la digitalisation. « From business to central banks around the world, there is a shift from conventional monitory practices to digitalization of currency and other monitory tools”.

De ce fait, je dirais qu’il est impératif pour Maurice de s’adapter à ce changement global.

Q : Le gouvernement veut aussi consolider l’image de Maurice en tant que centre financier internationale de renom avec le concours de la Banque de Maurice. Vos commentaires ?

R : Maurice en tant que ‘International Financial Sector’ est un de ‘key-driver of growth’ et avec un Produit Intérieur Brut (PIB) d’environ de 8% du PIB qui emploie environ 12 000 personnes.

Récemment, l’Organisation for Economic Co-operation and Development (OECD) a reconnu Maurice comme un ‘sound and transparent IFC financial sector’ et qui a un cadre légal solide, une stabilité politique et harmonisation du système fiscal. Le plus important c’est que Maurice respecte les normes internationales. Nous sommes capables de réussir encore plus en élargissant nos services financiers grâce à l’African Strategy afin de nous positionner en tant que le leader IFC sur le continent africain.

Q : Etes-vous satisfait des mesures annoncées pour la relance du tourisme ?

R : Il reste beaucoup à faire pour revitaliser le secteur du tourisme qui nécessite une transformation structurelle et qui pourra adapter au « global tourism requirement from beach tourism, sports tourism to eco-tourism ».

Q : Le discours-programme a fait aussi état des efforts additionnels pour le ‘streamlining’ des procédures d’octroi des permis, avec l’accent sur le ‘timely enforcement of contracts and settlement of commercial dispute’. Votre opinion ?

 R : C’est essentiel de continuer sur la même voie concernant le ‘easing all business dealings’ et de simplifier les ‘timely procedures’. Cela propulsera Maurice à un autre niveau d’une destination attractive, saine et transparente.

Q : Le rapport “Ease of Doing Business” classe Maurice à la 13e place. Comment l’EDB a-t-il contribué à cela ?

R : Lors du récent « UK-Africa Investment Summit » tenu à Londres, le Premier ministre, Pravind Jugnauth, a annoncé dans son discours que nous ne nous épargnons aucun effort pour qu’au cours de deux prochaines années Maurice puisse figurer parmi les dix pays concernant le ‘ease of doing business’.

L’EDB fait des efforts supplémentaires et continue de contribuer afin que nous atteignions notre but à travers la digitalisation de toutes les procédures du business avec un « user friendly on line interface from application of investment licence to residential permit ».

Q : Le Premier ministre, Pravind Jugnauth, souhaite que Maurice se classe dans les pays à hauts revenus. A-t-on les moyens d’y parvenir ?

R : Nous sommes sur le point d’être classifié comme un ‘high income’ afin de réussir un PIB, soit 12 500 dollars par tête d’habitant. Or, actuellement, le chiffre représente 10 500 dollars par personne. Nous visons même d’atteindre un taux de croissance économique de 4 à 5% pour les deux prochaines années. Il ne fait aucun doute que nous allons réussir en 2022.

Or, tout cela ne peut être réalisé qu’à travers un ‘well executed economic and development plan’ qui pourrait créer une nouvelle ère de prospérité économique.

Q : Quels sont les nouveaux systèmes mis en place pour attirer les investisseurs locaux et étrangers ?

R : Plusieurs mesures d’incitation sont déjà mises en place pour booster notre investissement local et étranger, soit le ‘Foreign Direct Investment’ (FDI).

Le gouvernement a mis sur pied le ‘Private Equity Financing’ et ‘SME Micro Financing’ et d’autres mesures à l’intention des ‘starts-up’ afin d’encourager non seulement les ‘business incubators’ mais aussi les développements au niveau de l’entreprenariat.

S’agissant de l’investissement direct étranger, je dirais qu’il est grand temps pour revoir le cadre légal du ‘Public Private Partnership’ et d’inviter toutes les firmes internes à investir à Maurice à travers un ‘Public Private Partnership’ avec le gouvernement.  

Q : Il nous faut un peuple éduqué et une main-d’œuvre hautement qualifiée pour réussir. N’est-ce pas ?

R : Définitivement. Mais pour réussir, notre ressources humaines et ‘work force’ devront être ‘reskilled’ et ‘empowered’ afin d’adapter au « fast technological and innovative business environment ».

Q : Et en ce qui concerne la santé, se dirige-t-on vers le hub médical tant attendu ?

R : Il y a beaucoup à faire pour que Maurice puisse se positionner comme un ‘medical hub’. D’abord nos ‘medical facilities’ ainsi que les hôpitaux nécessitent un ‘full technological transformation’ et ce couplé avec la modernisation.

Q : L’accent a aussi été mis sur le développement durable et les énergies renouvelables. Comment concilier cela avec les impératifs économiques ?

R : Aujourd’hui de nombreux pays ont revisité le modèle économique en plaçant l’environnement et la durabilité au premier plan du développement. C’est essentiel d’assurer la durabilité sur tous les fronts de ‘community to livelihood and from businesses to economic prosperity and from the wellness of the citizens and the human development index’.

Q : Le mot de la fin ?

R : Les deux prochaines années seront décisives pour l’avenir de notre pays et de nos citoyens. Je suis d’avis qu’il est primordial pour tous les Mauriciens d’apporter leur contribution afin que Maurice puisse se transformer en un ‘high income, modern, prosperous & inclusive Mauritius’.

Posted by on Feb 13 2020. Filed under Economie. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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