Le monde du culturisme pleure la disparition de Giovanni Bru…
Le champion de Roche Bois allait être père dans deux semaines.
Il préparait son come-back sur la scène du culturisme et allait connaître le bonheur de devenir père pour la première fois dans à peine deux semaines mais la mort a eu raison de celui qui a fait la fierté de Roche-bois sur le plan mondiale. Agé de 33 ans, Giovanni Bru a quitté ce monde de manière tragique laissant derrière lui, sa famille, une concubine en phase d’accouchement et des proches sous le choc. Cette disparition est aussi une grande perte pour le monde du culturisme et Maurice dans son ensemble.
C’est dans la matinée de ce mercredi 11 mars à son domicile que le culturiste est décédé. Selon ses proches, ce dernier s’occupait d’une tâche ménagère et a été pris d’un malaise. Transporté d’urgence à l’hôpital, il a poussé ses derniers souffles sur la route, les médecins n’ont pu que constater son décès. Le lendemain parents, amis, proches, collègues, fans et voisins ont fait le déplacement pour lui rendre un dernier hommage lors de ses funérailles. La tristesse était à son comble, larmes et cris ne pouvaient s’empêcher de sortir face à cette disparition. Le convoi mortuaire a quitté la résidence des Bru à Roche-Bois pour se rendre à l’église St François-Xavier, à Port-Louis, et de là au cimetière de Bois-Marchand, à Terre-Rouge.
Originaire de Roche-Bois, Giovanni Bru n’était pas seulement considéré par les siens comme un simple sportif mais était pour beaucoup un symbole d’espoir et de réussite. Alors qu’il venait à peine d’être majeur, en décembre 2007, tout Roche-Bois s’est précipité pour féliciter sa famille. Des pétarades retentissaient dans la localité. Le petit Giovanni marquait à cette période son nom sur le toit du culturisme en décrochant le titre de Champion du monde Junior de body-building en Grèce. Ce sacre s’est ajouté à son palmarès qui était déjà éloquent.
C’est au Solo Barbell Gym de Roche Bois que le fils prodige a fait ses débuts dans ce sport. Le culturisme était un sport ancré dans sa famille et cela a été comme un héritage légué à Giovanni. Le déclic s’est manifesté très tôt. A l’âge de 5 ans, lors d’une compétition où il avait vu Rajen Sabapathee sur scène, il a déclaré d’emblée qu’il voulait être comme lui. De là, après l’adolescence et des efforts acharnés, il a commencé à rafler tous les titres, dont celui de Mr Mauritius en 2007 sur cette même scène à Plazza. Puis, il devint Mr Océan Indien, Universal Classic sans compter plusieurs consécrations au niveau continental ayant son père Georges, comme grand ami et entraîneur.
Issu d’une banlieue difficile de Port-Louis, Giovanni Bru a toujours été bercé par l’amour de ses parents et de ses proches. «C’est le chouchou de la famille et on s’est évertué à tout faire pour qu’il grandisse dans du coton», a avoué une de ses tantes. Souvent décrit comme un grand timide par ses proches, Giovanni se laisse aller une fois devant ses admirateurs. «Depuis qu’il est petit, à chaque fois qu’on lui demandait de montrer ses muscles, il le faisait juste par amour pour son sport. Et jamais pour se montrer supérieur aux autres, c’est quelqu’un de très respectueux» ajoute t-elle.
Un encadrement familial qui a beaucoup joué pour que Giovanni devienne Champion du Monde. Si beaucoup de jeunes de son quartier tombent dans la facilité, Giovanni, lui, ne jure que par la rigueur, le sacrifice et une bonne hygiène de vie. «Son alimentation est très réglementée : des repas avec beaucoup de légumes, de salades, de fruits et, sans épices. Il est vraiment strict en ce qui concerne son régime alimentaire et les heures passées avec ses haltères. Il lui est même arrivé de s’entraîner le jour de l’an. Des sacrifices qu’il a consenti dans sa jeunesse et qui ont porté ses fruits», dit Linda, sa mère, infirmière au centre cardiaque de Pamplemousses. Giovanni passe quatre heures à sculpter ses muscles chez son oncle et son deuxième entraîneur, Francelino Etiennette, propriétaire du Solo Barbell Gym situé dans la même cour où habite Giovanni.
Il était aussi pour de nombreux jeunes de Roche-Bois, un modèle à suivre. Il tentait à chaque occasion d’initier ses jeunes fans à cette discipline qui a connu à coup sûr grâce à lui, une nouvelle vitalité. Après une déchirure de muscle d’épaule, le champion avait pris un temps de repos pour récupérer. Ainsi il s’était retiré de la compétition depuis cinq ans mais avait exprimé son souhait d’effectuer son come-back cette année, prévoyant même de participer à des compétitions internationales mais aussi d’autres ambitions.
La culturiste Zohra Ellapen confie que « C’est vraiment triste. Il était très content de devenir papa mais il n’aura pas l’occasion de tenir sa fille dans ses bras. Je ne voulais pas croire lors que j’ai appris la nouvelle de son décès. Il m’a beaucoup encouragé dans ma carrière sportive. Giovanni était comme un frère pour moi. Il était toujours là dans les moments de joie et de tristesse. Je garderais de bons souvenirs de lui », confie t-elle.
Richard Albert, président du New Body Building Federation Mauritius ne cache pas sa tristesse. « C’est l’un des meilleurs culturistes que le pays ait connu. Giovanni était encore junior lors qu’il a décroché le sacre de Mr Mauritius de toute catégorie. Il s’est illustré à trois reprises dans cette compétition nationale. Il a été Mr Océan Indien et aussi Mr Port-Louis. De plus, il a fait flotter haut le drapeau mauricien. Il était une source d’inspiration pour les jeunes », déclare-t-il.












